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Combien de chômeurs à La Réunion à cause des démolisseurs ?

Déjà 135.000 demandeurs d’emploi à La Réunion

Manuel Marchal / 1er juin 2010

Le jour où la nouvelle direction de la Région décide de porter un coup fatal au BTP, c’est la publication des derniers chiffres du chômage. Ils datent d’avril 2010 et ils font état d’une augmentation de plus de 17% du nombre de demandeurs d’emploi. Ce nombre atteint presque 135.000, voici le résultat de la politique des démolisseurs qui se fixent comme ambition de casser l’économie du pays pour maintenir un maximum de Réunionnais dans la pauvreté.

17,8% d’augmentation en un an pour un total de 134.564 demandeurs d’emploi au mois d’avril. Jamais notre pays n’a connu une telle pénurie d’emplois. Dans le même temps, l’augmentation relevée en France est d’environ 10%. Cela souligne l’ampleur considérable de la crise dans notre île. Or, à la différence de la France, la hausse du chômage n’est pas le résultat des conséquences d’une crise internationale. Elle est le résultat de décisions politiques qui ont cassé le BTP, secteur le plus dynamique du pays, entrainant toute l’économie réunionnaise dans la crise.
Jusqu’en 2008, malgré la suppression par le gouvernement de dizaines de milliers de contrats d’insertion, le nombre de demandeurs d’emploi diminuait. Cela était dû à une politique d’augmentation de l’activité impulsée par la Région sur la base d’un plan de développement. Soutenu par tous les candidats à la présidentielle, ce plan comprenait l’achèvement de la route des Tamarins et la construction des infrastructures nécessaires au développement de La Réunion du million d’habitants : Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, tram-train entre Saint-Benoît et Saint-Joseph, nouvelle route du littoral, constructions de lycées, prolongement de la route des Tamarins en une route circulaire de moyenne altitude... Cette impulsion est relayée par d’autres acteurs de la commande publique qui prévoient d’investir dans des équipements dont la construction pourra permettre au BTP d’assurer la soudure entre la fin du chantier de la route des Tamarins et le début de celui du tram-train, retardé par des recours portés par des opposants au projet.
Mais au lendemain des municipales de 2008, tout est remis en cause.
La nouvelle municipalité de Saint-Denis décide d’arrêter le projet intercommunal de Zénith, et casse également le projet du Pôle Océan. L’arrêt ces deux chantiers ce sont près de 200 millions d’euros qui sont retirés à l’économie réunionnaise. Deux ans plus tard, rien n’a été lancé, et à la place du Zénith et du Pôle Océan, il n’y a que des parkings, quand le terrain n’est pas à l’abandon.

Plutôt bat’karé que défendre l’intérêt des Réunionnais

Au Tampon, Didier Robert décide d’arrêter le projet de la rocade. Ce sont plus de 100 millions d’euros qui sont perdus d’un coup pour des milliers de travailleurs. C’est à partir de ce moment que commence la crise du BTP. Après ces premiers coups, la baisse de l’effort de l’État dans la construction de logements va accélérer la crise. Au moment où elle atteint un niveau inégalé, avec un retour près de 10 ans en arrière pour le BTP en termes d’effectif, Didier Robert décide de donner le coup de grâce. Alors qu’un chantier indispensable au développement du pays est prêt à démarrer, il décide de l’attaquer et d’utiliser sa position de pouvoir pour le casser, ce qui accentuera la crise dans le pays. Près de 135.000 demandeurs d’emploi aujourd’hui, combien demain ? Voilà où mène la politique des démolisseurs qui préfèrent aller bat’karé à Nice en France plutôt que défendre les intérêts de 800.000 Réunionnais.

M.M.


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