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Comment organiser le rassemblement à la Présidentielle ?

Les leçons des Primaires citoyennes — 5 —

Manuel Marchal / 24 octobre 2011

L’élection présidentielle est la seule élection où le Parti communiste réunionnais n’a pas de candidat spécifique. Mais dans le régime actuel, c’est une élection dont le résultat pèse sur la situation réunionnaise, elle est en effet celle qui répartit les rôles de majorité et d’opposition en France. Dans ces conditions, comment organiser le rassemblement autour des propositions réunionnaises ?

En avril et mai prochain, c’est l’élection présidentielle. En France, c’est la reine des élections. Les lois votées voici 10 ans ont renforcé le caractère présidentiel et individuel. Dans ces conditions, comment créer le rassemblement ?

Le PCR est fidèle à une ligne de conduite qui le conduit, prioritairement, à la défense des intérêts du peuple réunionnais. Ce sont donc ces intérêts qui doivent être au centre du débat à La Réunion, et qui doivent intégrer le débat en France.

À l’occasion de cette Présidentielle, le principal parti français de l’alternance a décidé d’ouvrir la désignation du candidat qu’il soutiendra à tous les citoyens. Il a organisé « les Primaires citoyennes ».

Dans le débat qui s’est ouvert, le PCR a pris ses responsabilités. Il a demandé aux candidats de se positionner sur des propositions réunionnaises. La première réponse est arrivée quatre jours avant le premier tour, par François Hollande. Sur la base du contenu de la lettre du candidat, le PCR a décidé de soutenir François Hollande. Ce soutien a été décisif dans le résultat, car François Hollande est arrivé en tête au premier tour, et l’a emporté au second tour grâce à une dynamique amplifiée.

Entre les deux tours, Martine Aubry a fait part également de son accord dans un long courrier avec les propositions réunionnaises.

Le cadre

Ces deux écrits donnent un premier cadre à la Présidentielle.

Car maintenant, il est clair que le candidat soutenu par le PS portera ces propositions, et cela, d’autant plus que les deux finalistes des Primaires ont montré leur convergence sur ce point.

Pour la Présidentielle qui s’annonce, le défi est donc de finaliser les propositions concrètes tant attendues par la population dans le besoin. Des propositions susceptibles de provoquer le plus large rassemblement, des électeurs, d’une part, et des candidats qui luttent contre la politique de l’UMP, d’autre part.

Si les opposants à l’UMP décident de porter les propositions réunionnaises, alors le candidat du rassemblement au second tour donnera à ces propositions une portée exceptionnelle.

La voix réunionnaise résonnera

Ainsi résonnera dans la Présidentielle une voix réunionnaise forte sans qu’il soit nécessaire pour le PCR d’être candidat à cette élection. Cette voix forte, elle porte sur l’union autour d’un projet pour tous les Réunionnais.

En créant les conditions du rassemblement le plus large autour du développement du pays, alors il est possible d’avoir ensuite le soutien nécessaire pour qu’aucun Réunionnais ne soit mis à l’écart des avancées qui seront obtenues.

M.M.


Le gouvernement Jospin a définitivement donné la priorité à la Présidentielle

Dans la Constitution de la Cinquième République, l’élection présidentielle est la plus importante. Cette primauté s’est renforcée depuis 10 ans avec deux lois. La première a réduit le mandat du président de la République de sept à cinq ans, c’est une loi constitutionnelle adoptée par referendum.

La seconde votée à l’initiative du gouvernement socialiste dirigé par Jospin fait se dérouler les élections législatives après la Présidentielle. C’est une loi organique qui change le calendrier électoral. Initialement, les élections législatives de 2002 devaient avoir lieu en mars et la Présidentielle en avril. La loi votée en 2001 a prolongé les pouvoirs de l’Assemblée jusqu’en juin.

Cela signifie que les électeurs choisissent d’abord le président de la République avant de désigner leurs députés. Les Législatives se déroulent donc dans la dynamique de la Présidentielle.

Aussi bien en 2002 qu’en 2007, c’est le parti du président de la République qui obtient la majorité à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement Jospin a donc définitivement donné la priorité à un régime présidentiel, allant en cela plus loin encore que Debré quand il avait écrit la Constitution de 1958. Dans l’état actuel, sauf à remettre en cause le présidentialisme et la bipolarisation du pouvoir, il sera bien difficile désormais de revenir en arrière.


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