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Comment seront financés les investissements à La Réunion ?

Le gouvernement va accentuer la politique d’austérité

Céline Tabou / 13 août 2011

François Baroin, ministre de l’Économie et Valérie Pécresse, ministre du Budget, doivent faire des propositions à Nicolas Sarkozy pour garantir l’objectif de réduction du déficit. Ce dernier rendra sa décision, le 24 août. D’ici là, la ministre du Budget a d’ores et déjà annoncé que des niches fiscales seront supprimées. Rappelons que vu de La Réunion, ces dispositifs servent à attirer des capitaux absents de notre île et aujourd’hui nécessaires à la construction de logement ou au soutien de l’industrie de production.

Au lendemain du décrochage fortement médiatisé de la valeur boursière de trois banques françaises, le gouvernement français a décidé de donner des gages supplémentaires aux bénéficiaires de la rigueur. Il dit revoir les niches fiscales afin de réduire le déficit et d’éviter la dévaluation de sa note. La Réunion ne sera pas épargnée par la suppression de ces dispositifs, qualifiés de "niches" vus de Paris, mais qui vus de La Réunion sont des moyens de soutenir l’industrie créatrice d’emplois pour les Réunionnais.
Les niches fiscales permettent d’échapper à l’impôt ou d’économiser l’impôt, il en existe près de 400 dans le système fiscal français. Parmi ces niches fiscales, le logement, le photovoltaïque, la défiscalisation, l’emploi à domicile. La remise en cause de plusieurs de ces mesures signifie de nombreuses choses qui vont changer pour les Réunionnais.

Qu’adviendra-t-il des niches fiscales domiennes ?

Après des mesures phares annoncées par Nicolas Sarkozy, la ministre du Budget n’a pas précisé quelles niches étaient visées. Ces dernières, a-t-elle souligné, sont « des exonérations d’impôts parfois justifiées » et « parfois très peu efficaces ». « Nous avons déjà pris l’engagement de supprimer 3 milliards d’euros de niches fiscales pour 2012 (...), peut-être faudra-t-il faire un effort supplémentaire », a ajouté la ministre.
L’an dernier, François Baroin, alors ministre du Budget, promettait que les niches fiscales des DOM/TOM ne seraient pas touchées, affirmant que « les niches fiscales dans l’Outre-mer seront épargnées. La remise en cause de la défiscalisation en Outre-mer serait un désastre économique pour ces territoires et nous avons pris des engagements vis-à-vis de l’Outre-mer qui ne seront pas remis en cause ».
Aujourd’hui, le gouvernement a décidé de supprimer d’autres niches fiscales. Valérie Pécresse, a annoncé mercredi 10 août que des niches fiscales allaient être supprimées, réaffirmant la possibilité d’un « effort supplémentaire » pour tenir les engagements financiers de la France. Qu’en sera-t-il pour La Réunion ?
A l’heure où la France apprend que sa croissance du deuxième semestre est nulle, et que donc les prévisions budgétaires du gouvernement ont été trop optimisme, que pèsera l’Outre-mer ?

Céline Tabou


Épargner les hauts revenus

L’annonce de la suppression de niches fiscales par le gouvernement met en évidence une tactique pour préserver son électorat le plus conservateur, principal bénéficiaire de sa politique fiscale.
En juin, le bouclier fiscal, mis en place en 2007 pour limiter à 50% la taxation des revenus, avait été abrogé. Mais la suppression du bouclier fiscal ne se fera qu’en 2012, après l’élection présidentielle. Aujourd’hui, alors que la France risque de perdre sa note AAA, le gouvernement ne tient pas à toucher au bouclier.
De plus, l’impôt sur la fortune avait été assoupli. Le barème applicable aux contribuables a été allégé : en-dessous de trois millions d’euros, le taux d’imposition passe de 0,55% à 0,25%, quand il est abaissé à 0,5% au lieu de 1,8% au-dessus. Globalement, 250.000 contribuables payent moins d’impôt, entraînant une baisse des recettes de 1,8 milliard d’euros.
Au lieu d’aller chercher l’argent qui dort chez les plus riches, le gouvernement veut le prendre ailleurs.


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