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Comment sortir l’économie réunionnaise du gouffre ?

L’Alliance se structure — 3 —

Céline Tabou / 28 janvier 2011

En pleine récession, l’économie de l’île est actuellement à l’arrêt, notamment avec la suppression des grands chantiers comme le tram-train et la MCUR qui auraient pu relancer l’économie locale. En plus, de ces grands chantiers, les collectivités pourraient également investir et ainsi créer des emplois, mais le gel des dotations de l’État ne va pas les y encourager.

Les perspectives économiques de La Réunion restent sombres. En effet, près d’un millier d’entreprises risquent de fermer leur porte cette année 2011, de nombreux acteurs économiques et sociaux de l’île demandent à ce que le développement endogène promis par Nicolas Sarkozy soit mis en place rapidement.

Préserver la cohésion sociale par une économie de rattrapage

« On constate que sur le plan économique, depuis une dizaine d’années, La Réunion tente de rattraper la moyenne nationale. Ce rattrapage économique n’a pas empêché, mais favorisé l’échec social, avec l’illettrisme, le chômage, la précarité, la pauvreté... », a expliqué Michel Lagourgue.

En effet, depuis la départementalisation, l’économie réunionnaise tentait de s’aligner sur les normes nationales, mais selon des spécificités nationales et non locales, mettant un frein à l’économie propre à La Réunion. « Ce qui était vu comme un ascenseur social est aujourd’hui obsolète, et a atteint ses limites, conduisant la société à l’explosion sociale », a expliqué l’élu de l’Alliance, lors de la réunion du 22 janvier dernier.

Appelant à faire des propositions, les Réunionnais savent que les axes fondamentaux du développement de La Réunion peuvent être le co-développement, les énergies renouvelables, l’autosuffisance alimentaire, et bien d’autres.

Les limites des transferts publics et sociaux

Comme l’a expliqué Michel Lagourgue, « le modèle de développement, fondé sur les transferts publics et sociaux, a atteint ses limites ». Les membres de l’Alliance appellent à une prise de conscience qu’une « société sans avenir pour sa jeunesse est une société condamnée ».

Le développement endogène peut valoriser les atouts de La Réunion dans un contexte géoéconomique et politique en mouvement. Face au bouleversement du monde, La Réunion a la possibilité de s’allier avec ses voisins, tels que la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, ou Madagascar, pour développer des domaines dans lesquels ces pays peuvent manquer de savoir-faire ou de main-d’œuvre. De même, « pour tracer les voies du développement durable », les Réunionnais devront prendre en compte les dimensions sociales, économiques, culturelles et environnementales. Ces derniers sont également appelés à la réalisation d’un projet de développement global et cohérent.

Céline Tabou


Kanalreunion.com