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Confirmation de l’orientation sociale-libérale et inquiétude pour La Réunion

Une semaine après la concrétisation du tournant du quinquennat

Témoignages.re / 3 septembre 2014

Il y a moins de deux semaines, juste avant son voyage à La Réunion, le président de la République a donné le ton de la seconde moitié de son mandat : pas de changement de cap et volonté d’aller plus vite. Cela signifie le maintien de la politique d’austérité. La mise en place du gouvernement et les déclarations de plusieurs ministres saluent le tournant du quinquennat. La première semaine de ce gouvernement n’incite pas à l’optimisme pour La Réunion.

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Les députés sur cette photo sont tous d’accord avec la politique du gouvernement, ils ont signé un appel allant dans ce sens.

Le 20 août, François Hollande s’exprime dans les colonnes du "Monde". Juste avant de venir à La Réunion, le chef de l’Etat braque tous les projecteurs vers lui. Il avait dit vouloir aller plus vite et plus loin. Il a rappelé que sa ligne est celle du pacte de responsabilité.
Le 21 août, tous les ministres et secrétaires d’Etat étaient convoqués à Matignon par le Premier ministre. Le même jour, toujours dans "Le Monde", Arnaud Montebourg répondait à François Hollande appelant à changer de politique. L’ancien ministre de l’Economie voulait moins d’austérité et plus de mesures de relance.

La rose n’existe plus

Le 24 août, il allait encore plus loin dans la critique. Le lendemain 25 août, le Premier ministre remettait la démission de tout le gouvernement. François Hollande choisissait de reconduire Manuel Valls dans ses fonctions. Le nouveau gouvernement est alors formé sans les contestataires.
Le 26 août, Manuel Valls fait un triomphe au MEDEF. Le discours du Premier ministre va manifestement dans le sens des revendications de la centrale patronale.
Le 27 août, c’est une interview du nouveau ministre de l’Economie annonçant qu’il est ouvert à la remise en cause des 35 heures, à condition que les partenaires sociaux en discutent et tombent d’accord sur ce point lors de négociations dans les entreprises ou les branches.
Enfin, ce 2 septembre, c’est le ministre du Travail qui remet une couche. Il admet que les politiques mises en œuvre pour combattre le chômage sont un échec. Manifestement, il a trouvé les responsables, ce sont les chômeurs. Difficile en effet de trouver une autre conclusion à ses propos visant les soi-disant demandeurs d’emploi qui ne cherchent pas de travail.
Tout cela fait dire à Martine Aubry que la rose n’existe plus…

170.000 Réunionnais cherchent un emploi

Ces déclarations se confrontent à La Réunion à une réalité. Le dernier pointage de juillet publié par Pole emploi indique que plus de 170.000 Réunionnais sont inscrits à Pole Emploi. Parmi eux, seulement 56.000 étaient indemnisés et 55.000 avaient une situation tellement précaire qu’ils ne survivaient au’avec le RSA socle.
Avec un nombre d’abandonnés aussi grand, il est clair que les propos du ministre du Travail choquent. Ils traduisent aussi une impuissance et ils rejoignent la proposition surréaliste des « 40.000 emplois d’avenir » annoncés dans son discours de Saint-Denis par le président de la République.
Le gouvernement boucle donc sa première semaine d’existence avec une ligne clairement tracée : poursuite de l’austérité et difficulté d’imaginer d’autres mesures pour l’emploi.
C’est très inquiétant pour La Réunion car le taux de chômage est ici trois fois plus important.


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