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Congrès des maires : le moment d’être uni pour défendre les Réunionnais

Déjà 10 ministres annoncés à la rencontre organisée par l’AMF

Témoignages.re / 10 novembre 2014

Pour protester contre la baisse des dotations de l’État, des maires ont choisi de suivre le président de Région en prenant la décision de mettre en congé le personnel des écoles un jour de classe. Cette manœuvre a lamentablement échoué. Pourtant, la politique d’austérité du gouvernement pose des problèmes bien réels aux collectivités de La Réunion. Le prochain Congrès des maires peut être le moment de faire entendre les revendications, à condition d’être rassemblé autour de propositions obligeant le gouvernement à prendre position.

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Comme tous les ans, des ministres seront présents au Congrès des maires. (photo A.M.F.)

Du 24 au 27 novembre se tiendra à Paris le 97e Congrès des maires et présidents d’intercommunalité. Après la traditionnelle matinée consacrée à l’Outre-mer le 24, les débats se tiendront les 26 et 27 au Parc des expositions de la Porte de Versailles, en présence de plusieurs ministres.
Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, participera à la séquence sur l’environnement et le climat ; Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique est annoncée au débat sur l’avenir des communes et des intercommunalités ; Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la Famille, est invitée à celui sur les services à la personne ; Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, est attendue à la rencontre sur les rythmes scolaires ; Harlem Désir, secrétaire d’État aux Affaires européennes, est annoncé au débat sur l’Europe que Pierre Moscovici, commissaire européen aux Finances, pourrait même honorer de sa présence ; Ségolène Neuville, secrétaire d’État aux personnes handicapées, sera présente au débat sur l’accessibilité des services publics ; Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique, participera à l’échange sur ce sujet ; Sylvia Pinel, ministre du Logement, et Patrice Kanner, ministre de la Ville, interviendront dans la rencontre sur les solutions possibles pour relancer le logement. Enfin, il reviendra à Manuel Valls, Premier ministre, la responsabilité de clôturer ce 97e Congrès des maires.

28 milliards d’euros enlevés aux collectivités

En 2 jours, une dizaine de membres du gouvernement seront donc directement accessibles aux élus.
Les ministres savent d’emblée que la tâche ne sera pas facile pour eux. L’Association des maires de France va droit au but, elle estime que la politique d’austérité fera perdre 28 milliards d’euros aux collectivités entre 2014 et 2017, c’est plus du double de ce qui est officiellement annoncé par le gouvernement.
Dans la présentation du programme du Congrès des maires, l’AMF pose clairement le problème :

« Le 97e Congrès des maires et présidents de communautés de France s’inscrit dans un contexte de crise économique et sociale qui accroît les attentes et les besoins des citoyens. Plus que jamais, le maire est le garant de la cohésion sociale et, la commune, l’échelon de proximité et de citoyenneté.
Mais, dans le même temps, les collectivités subissent une réduction sans précédent de leurs ressources financières, risquant de mettre en cause les services à la population et la capacité d’investissement du bloc communal. Face à ce choc financier, c’est l’action locale, au plus près des citoyens, qui est affaiblie, avec de réelles conséquences sur leurs conditions de vie.
En parallèle, les lois votées ou déposées sur la réforme territoriale changent la donne en matière d’organisation territoriale, mettant en question simultanément le nombre, la structure et les compétences de chaque niveau de collectivités.
L’objectif des débats et ateliers de ce Congrès est de donner, dans un contexte particulièrement chahuté et contraint, les clés de compréhension et des éléments de réponse aux élus locaux. »

Ceci démontre bien que l’impact de la politique du gouvernement sur les finances des collectivités est une réalité largement partagée.

Plate-forme commune

À La Réunion, cette cause a fait l’objet d’une opération de récupération par le président de la Région dont la collectivité, pourtant, bénéficie largement de la générosité de l’État. Rappelons qu’à ce jour, le gouvernement ne s’est toujours pas retiré du financement d’un projet pharaonique et inutile de route en mer, et qui de surcroît ridiculise la France qui veut organiser l’année prochaine une conférence au sommet sur le Climat.
Qu’à cela ne tienne, des maires ont été entraînés dans une bien hasardeuse tentative de fermeture des écoles. Cette manœuvre n’a pas fait long feu, juste le temps qu’il a fallu pour que cette décision soit soumise à l’appréciation du tribunal administratif. Ce dernier a rappelé que la fermeture des écoles n’est pas une compétence des maires mais du Rectorat. La confirmation est venue hier du Conseil d’État.
Devant des problèmes bien réels, il existe pourtant une autre méthode. C’est celle de rassembler tout le monde autour d’une plate-forme commune. Des élus de La Réunion vont partir au Congrès des maires à Paris. Ils ont l’occasion d’interpeller directement une dizaine de membres du gouvernement dont le Premier ministre.
Les protestataires dénoncent la baisse des subventions, c’est le moment de montrer à Paris que les Réunionnais ont des propositions.
Si ces maires arrivent à travailler ensemble pour présenter au gouvernement des arguments communs solides, alors ce séjour à Paris pourra être productif. C’est en effet le seul moment de l’année où les maires sont sous les projecteurs des médias les plus importants en France. Si l’interpellation est bien préparée, alors le gouvernement ne pourra pas rester sans prendre position. Le congrès des maires débute le 24 novembre, il reste donc moins de deux semaines pour arriver à cette union pour défendre les intérêts des Réunionnais.


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