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Consécration ou compensation ?

Jean-Paul Virapoullé sollicité par Marie-Luce Penchard dans le domaine des NTIC

Geoffroy Géraud-Legros / 4 février 2010

Réfléchir à la modernisation du rapport de l’Outre-mer aux nouvelles technologies : telle est la tâche dont Marie-Luce Penchard a chargé Jean-Paul Virapoullé , deux mois à peine avant les élections régionales. Cette nomination n’a-t-elle pas plutôt pour but de faire passer au sénateur la pilule de sa mise à l’écart par Didier Robert ?

Le 22 décembre dernier, l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et postales) adressait un rapport à Marie-luce Penchard, ministre déléguée à l’Outre-mer. Avant-hier, après une rencontre avec Jean-Ludovic Silicani, Président de l’ARCEP, la ministre annonçait avoir confié à Jean-Paul Virapoullé la tâche « de constituer un groupe de travail qui, avec d’autres parlementaires, s’attachera à la mise en œuvre opérationnelle » des recommandations du rapport. Objectif affiché : réduire la fracture numérique dans l’Outremer.

Un immobiliste peut-il innover ?

Confier à l’ancien maire de Saint-André la tâche de réduire un écart de développement, voilà qui laisse songeur. On pourrait trouver dans le passé d’élu de Jean-Paul Virapoullé une multitude d’exemples qui montrent de sa part une constante opposition d’ordre idéologique au développement.
Pour ne prendre que dans l’actualité récente, la comparaison entre la nouvelle politique de la commune de Saint-André en matière de déchets et celle qui était menée lorsqu’il était aux commandes est frappante. En effet, ni Jean-paul Virapoullé ni Jean-Marie Virapoullé, pourtant directeur de la CIREST pendant plusieurs années, n’ont voulu installer le tri sélectif des déchets, malgré les nombreuses doléances des habitants de Saint-André, des écarts et des Hauts. Conséquence : les communes de l’Est sont les dernières à être dotées des poubelles permettant le tri sélectif des déchets ménagers. Depuis avant-hier, les bacs jaunes ont enfin droit de cité sur le territoire des communes de Saint-Benoît et de Saint-André. Les populations ont dû attendre l’arrivée d’Eric Fruteau à la CIREST pour pouvoir bénéficier de cet équipement ! Voilà qui augure mal de l’action future du sénateur en faveur de l’innovation à caractère social que prétend mettre en œuvre le rapport de l’ARCEP.

Un activisme bien mal récompensé

Si l’aptitude à la modernisation technologique et sociale n’est pas le point fort de Jean-Paul Virapoullé, on ne lui connaît pas non plus de qualification particulière dans le domaine des nouvelles technologies. Pourquoi alors s’est-il vu confier cette responsabilité ?
A bien y regarder, la « mission » confiée au sénateur a plutôt l’allure d’une charge purement honorifique. Cette distinction serait-elle destinée à compenser la mise de côté, par l’omniprésent Didier Robert, de celui qui s’est affirmé le « patron » de la Droite réunionnaise pendant si longtemps ? Tout porte à le croire. Jean-Paul Virapoullé n’a pourtant pas épargné sa peine : depuis la création de « l’Union » de Didier Robert, le sénateur a été présent sur tous les fronts. On l’a vu en première ligne du combat contre la MCUR, contre le Tram-train… tandis que Didier Robert allait d’impair en maladresse pour finalement enregistrer un bide monumental sur la question des énergies renouvelables. Malheureusement pour lui, Jean-Paul Virapoullé a été bien mal récompensé de ses efforts… et devra, à défaut de bâton de Maréchal, se contenter de la sucette tendue par Marie-Luce Penchard.

Geoffroy Géraud-Legros


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