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Continuité territoriale : l’UMP prendra dans la poche des Réunionnais

Où est le débat public ?

Geoffroy Géraud-Legros / 13 juillet 2010

La continuité territoriale est un principe de service public, qui permet de pallier à l’éloignement de la France d’Outre-mer. Depuis 2009, la loi est claire : son financement incombe à l’Etat…sauf si les collectivités (dont la Région) lui permettent de se désengager. C’est précisément ce que s’apprête à faire la majorité UMP lors de la commission permanente de la Région Réunion qui se tiendra ce matin. De belles économies en perspective pour l’Etat, aux dépens des Réunionnais.

« Même si les billets d’avion m’étaient offerts par la Région et donc par les contribuables réunionnais, je les refuserais. Question de morale ». C’est en ces termes sans équivoque que s’exprimait l’UMP Fabienne Couapel-Sauret sur son blog favori, il y a un peu plus d’un an. Depuis lors, la « morale » a connu quelques entorses : devenue vice-présidente de la Région, Fabienne Couapel-Sauret a pour ainsi dire débuté son mandat en allant « bat’ carré » à Bruxelles aux frais des « contribuables réunionnais ». Mais la question de la participation de ces mêmes « contribuables réunionnais » à la mobilité va bien au-delà des petites promenades des uns et des autres : la majorité actuelle aux ordres de Didier Robert travaille activement à ce que les « contribuables réunionnais » paient le plus possible de « billets d’avion », et que l’Etat mette le moins possible la main à la poche.

Désengagement de l’Etat…

Car tel est le véritable enjeu de la "refonte" de la continuité territoriale engagée par la direction de la Région Réunion : renoncer à défendre les intérêts des Réunionnais, en refusant d’exiger de l’Etat qu’il s’acquitte pleinement de ses obligations. Un procédé qui séduit les plus carriéristes, attentifs à se faire bien voir de Paris, dans l’espoir de plus hautes destinées.
La continuité territoriale se définit comme « un principe de service public destiné à assurer une compensation des handicaps des territoires éloignés ou enclavés, tels ceux de l’Outre-mer français ».
Depuis la LODEOM passée en 2009, l’Etat détient la compétence en la matière. Son exercice peut néanmoins être mise en oeuvre par un Groupement d’intérêt public (GIP), comprenant les collectivités. Cependant, il ne s’agit là que d’une possibilité, et absolument pas d’une obligation. En clair : obtenir de l’Etat qu’il tienne ses engagements en matière de continuité territoriale dépend largement de la volonté politique investie par les équipes dirigeantes des collectivités.

…avec l’aide de l’UMP réunionnaise

Il n’est donc pas surprenant que l’UMP, arrivée au pouvoir régional à la suite de la triangulaire du mois de mars dernier, renonce à établir un rapport de force avec un Gouvernement UMP. Le nouveau dispositif voulu par Didier Robert fait la part belle à ce dernier : si l’Etat y maintient une dotation, l’autre moitié de la continuité territoriale sera financée par la Région. N’aurait-on pas pu attendre d’une équipe qui prétend avoir à coeur les intérêts des Réunionnais, qu’elle exige que l’Etat accomplisse entièrement son devoir ? Rien d’étonnant non plus, dans les transformations apportées par les nouvelles dispositions, moins favorables que le dispositif qu’avait mis en place l’ancienne direction.

Politique antisociale

Celui-ci finançait à hauteur de 50% les billets d’avions, avec un plafond fixé à 500 euros pour tout trajet, et à 100% du prix du billet pour les voyages motivés par une obligation familiale ou professionnelle. L’aménagement proposé par l’UMP limite l’intervention de la Région à 50% de billets au coût de… 360 euros. Une dégradation volontaire de la solidarité, que l’UMP réunionnaise ose présenter comme une mesure « sociale ».

Geoffroy Géraud-Legros


Didier Robert n’assume pas

En près de quatre mois à la tête de la Région, Didier Robert a montré de la constance sur un point au moins : la difficulté à assumer les décisions graves ou importantes.
Vendredi dernier, c’est par la voix de la 8e Vice-présidente Yolaine Coste que la direction de la Région annonçait la fin de GERRI. Pourtant, ce programme avait été un projet phare du gouvernement pendant plus de deux ans. En l’absence d’un Didier Robert parti "bat’carré", c’est pour ainsi dire en passant que le programme de développement durable qui avait fait tant de bruit a été annulé.
Il en avait été de même lors de la notification au groupement "Tram-tiss" de l’arrêt du Tram-train : le Président de la Région, responsable de cette grave décision, était alors aux abonnés absents. Aujourd’hui, la direction de la Région signera l’arrêt définitif du Tram-train. Un tournant de l’histoire réunionnaise, qui aurait sans doute mérité l’attention centrale des participants. Pourtant, Didier Robert a inscrit cette décision en avant-dernier point d’ordre du jour afin de « l’expédier » au plus vite, et de biffer d’un trait de plume l’une des plus grandes initiatives des Réunionnais en direction du développement. Une fois de plus, le Président UMP semble avoir du mal à faire face à ses responsabilités…

G.G-L



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  • Honte à Didier Robert ! Rendre l’argent de nos impôts à l’Etat alors que nous sommes déjà désavantagés !

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  • Ce n’est que le commencement : Didier Robert a été placé par PARIS pour reprendre l’argent et le rendre à SARKO, qui racle les fonds de tiroir.
    Il rend à PARIS l’argent du TRAM-TRAIN : 1,6 MILLIARDS négociés par VERGES.
    Il rend à PARIS l’argent de la CONTINUITE TERRITORIALE.
    Didier ROBERT, agent du LARGAGE social et de la contre-attaque COLONIALE.

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  • La continuité territoriale n’est qu’un leurre. Encore plus avec cette nouvelle majorité à la Région qui pense franchement nous faire avaler des couleuvres. Tant que le prix des billets d’avion ET LES AIDES "généreusement" consenties émargeront au niveau que l’on sait, la continuité territoriale restera une franche mascarade. Les aides ne sont pas à la hauteur et encore moins depuis que Didier Robert entend faire croire aux Réunionnais qu’il lave plus blanc. Foutaises. Didier Robert espère que l’on va se serrer dans les avions comme les sardines du même nom, mais non sans s’être serré la ceinture, car il faudra bien mettre la main à la poche pour que les caisses de l’Etat ne souffrent pas trop de nos extravagances d’insulaires en mal d’exotisme et attirés par la "métropole", c’est à dire, par le miroir aux alouettes. Robert, elle est où ta continuité territoriale ? Certainement pas dans ton foutu montage financier qui cache à peine la misère de ta manoeuvre.

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