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Continuité territoriale : les élus demandent à l’État de relancer le dispositif

Motion présentée par l’Alliance adoptée très largement

Manuel Marchal / 13 janvier 2010

Continuité territoriale : à une large majorité, les élus de la Région demandent à l’État de redémarrer le dispositif dont il a la compétence. Car depuis que certains stratèges ont cru bon d’user de toute leur influence pour convaincre Paris de retirer à la Région la compétence de la gestion de la dotation de continuité territoriale, le nombre de bénéficiaires est passé de 54.000 à 0 ! Si certains voulaient démontrer leur incapacité à faire face aux conséquences de leurs décisions, ils ne pouvaient pas trouver meilleur exemple.

Force est de constater que depuis que certains ont cru bon d’insinuer auprès de Paris l’idée selon laquelle il fallait retirer à la Région la gestion de la dotation de continuité territoriale, les responsables de cette manœuvre ne cessent depuis cette date de démontrer leur incapacité à faire face au résultat de leur initiative. La preuve par les chiffres : quand la Région géraient le dispositif, plus de 54.000 Réunionnais ont pu bénéficier d’une aide pour voyager. Depuis que des stratèges ont réussi à convaincre Paris de retirer la gestion à la Région, aucun Réunionnais n’a pu bénéficier du dispositif. Plus grave encore, les crédits ont été votés et les responsables de ce monumental gâchis ne peuvent pas invoquer de prétendues restrictions budgétaires : l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté les crédits de la dotation de continuité territoriale, alors où est passé l’argent ?
En attendant, ce sont uniquement les plus démunis qui sont pénalisés, pas ceux qui ont tenté d’utiliser la continuité territoriale comme argument politicien pour attaquer la Région.
Malgré tout, la Région a de nouveau rappelé la nécessité de répondre à l’intérêt général de la population. C’est l’objet de la motion adoptée à une très large majorité hier.
Les élus réaffirment donc la compétence de l’État dans le domaine de la continuité territoriale, et d’autre part demandent à l’État de redémarrer le dispositif dont la compétence de la gestion est retirée à la Région. La motion rappelle aussi que l’État n’a toujours pas versé à la Région les sommes dues pour 2008 et le début de l’année 2009. La collectivité propose donc à l’État de redistribuer cette somme, 13 millions d’euros, auprès des Réunionnais qui souhaitent voyager.
Du côté de l’UMP, Alain Bénard a reconnu que l’État a fait une erreur qu’il faut réparer. Mais c’est sur la réparation que les propositions divergent (voir encadré).
Pour sa part, Roland Hoarau (UMP) a rappelé qu’il a voté contre la proposition de l’État de reprendre la gestion dans les conditions formulées. Pour le responsable de l’UMP, cela équivalait à « une mise sous tutelle » : l’État décide, la collectivité paie.
Le président de la Région a proposé de dégager une unanimité sur trois points :

- redémarrage du dispositif

- ouverture d’une concertation

- engagement sur un mandat de cinq ans, jusqu’à la mise en service des A380 qui permettront de faire baisser les prix de 30%.

Cette décision sera un moyen d’« apporter notre contribution réunionnaise à la continuité territoriale », a précisé Paul Vergès.
Présentée par l’Alliance, cette motion a été très largement adoptée. À noter que malgré de nombreuses critiques visant le gouvernement, les 2 élus du groupe PS ont décidé de ne pas prendre part au vote.

Manuel Marchal


La Région investit déjà dans la continuité territoriale

Pour réparer l’erreur de l’État, Alain Bénard a proposé que la Région contribue à la même hauteur que l’État dans la dotation de continuité territoriale destinée aux Réunionnais.
C’est de l’UMP qu’est venue un contre-argument. Roland Hoarau estime en effet que si la Région n’a pas une ligne budgétaire spécifique à la continuité territoriale, elle apporte déjà une contribution financière notamment à travers les investissements faits pour préparer l’arrivée de l’A380, l’avion qui fera baisser les prix de 30%.


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