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Continuité territoriale : un principe fondamental bafoué

L’Alliance souligne la responsabilité de Didier Robert dans la crise

Céline Tabou / 29 octobre 2014

L’ensemble des élus de la Région, y compris la majorité, s’accorde à dire que la continuité territoriale est à la charge de l’État, pourtant Didier Robert a réaffirmé sa volonté de participer au financement de ce dispositif, assurant que la Région « doit mener des combats avec l’État, mais on est aussi en partenariat ».

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Paul Vergès a souligné que la continuité territoriale est un principe d’égalité. Un principe bafoué en particulier par Didier Robert qui oblige les Réunionnais à financer cette aide au transport à la place de l’État. C’est pourquoi les rassemblements d’employés communaux organisés par le président de la Région ne sont que des diversions.

Se réjouissant de la décision de la majorité d’organiser une assemblée plénière spéciale sur la continuité territoriale, Catherine Gaud, de l’Alliance, a déploré que « que nos autres demandes de débat en assemblée n’ont pas été suivies d’effet », notamment sur des sujets tels que les accords de partenariats économiques (APE), la réforme territoriale, les Programmes opérationnels européens, ou encore le Plan État-Région.

« On ne change pas de posture tous les quatre matins »

L’élue a réaffirmé « le principe énoncé depuis 2003 », assurant que « la continuité territoriale est du domaine de l’État, c’est un droit pour tous les Français, un droit d’égalité ». Raison pour laquelle, « il est surprenant que la majorité s’empare de ce sujet aujourd’hui, alors qu’elle est arrivée en 2010 », a raillé Catherine Gaud.

Le groupe de l’Alliance a profité de ce débat pour réaffirmer sa position, indiquant qu’« il n’y a jamais eu de continuité territoriale, mais une aide sociale au voyage et le dispositif mobilité, ce qui était différent de la continuité territoriale ». Catherine Gaud en a profité pour rappeler à Didier Robert ses fonctions de cadre au sein du bureau politique de l’UMP, alors à la tête du gouvernement en 2010 : « vous auriez pu être un bon avocat pour défendre les intérêts des Réunionnais » et ainsi obtenir un dispositif à la hauteur de celui de la Corse.

Mais « pire, vous avez été jusqu’à secourir l’État (sous Nicolas Sarkozy, NDLR) en prenant l’argent des contribuables pour participer au financement de la continuité territoriale », a indiqué l’élue. Certains conseillers ont pointé du doigt le changement de cap de Didier Robert, comme Christine Soupramanien, qui a déclaré : « Je suis d’accord avec Catherine Gaud, on ne change pas de posture tous les quatre matins ». Cette dernière a d’ailleurs mis en exergue les « incohérences » de la majorité en matière de continuité territoriale, mais également d’emplois aidés.

Les élus de l’Alliance ont dénoncé la mobilisation de Didier Robert, le 16 octobre devant la préfecture, assurant qu’ « obliger des gens à signer une feuille de présence, montre bien l’absence de spontanéité de la mobilisation ». Même son de cloche pour les Socialistes/Progrès, qui dénoncent « les contingents de car », laissant entendre que ceux-ci étaient remplis d’employés en contrats aidés.

Une question d’égalité

Les deux camps ont tiré à boulets rouges sur la majorité qui impose une double inégalité aux Réunionnais. A la fois par sa contribution financière au dispositif de continuité territoriale qui est à la charge de l’État dans l’ensemble du territoire de la République. Et d’autre part, par la mise en place de critères permettant à des foyers aux revenus élevés d’avoir un bon de continuité territoriale, qui devrait être donné en priorité aux revenus les plus faibles.

Lors de son intervention, Catherine Gaud a dénoncé la position de la Région de « se substituer à l’État » pour financer la continuité territoriale, en « faisant participer les contribuables à qui ils incombent la solidarité nationale ». D’autant que « la part de la Région est plus importante que la part de l’État » a indiqué cette dernière. Pour qui « c’est un coup grave à la bataille pour l’égalité ».

« Il ne suffit pas de décréter l’année de l’égalité, mais se battre véritablement pour l’égalité. L’égalité n’est pas un vain mot, mais un combat réel qui se vit au quotidien, Monsieur le Président », a assuré Maya Césari. Pour cette dernière, La Réunion doit avoir « un vrai dispositif de continuité territoriale comme celui de la Corse », où « la collectivité n’apporte pas un centime » et reçoit de l’État près de 180 millions d’euros par an, quand La Réunion obtient 10 millions.

Pour l’élue du Progrès, Christine Soupramanien, le compte n’y est pas : « si les bons sont pour tous les Réunionnais, ça revient à dire que les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer un billet ne seront jamais traités avec égalité, face à ceux qui ont les moyens de s’en payer un ».

Cette dernière a dénoncé la décision de la Région d’ouvrir les critères d’attribution du bon de la continuité territoriale à des revenus élevés. Ainsi, la Région finance le billet d’avion des personnes ayant une tranche fiscale comprise entre 0 et 11 991 euros dont le quotidien familial est fixé à 26 030 euros pour toutes les tranches. Ce qui marginalise les plus bas revenus.


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