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Continuons la lutte

Nout Journal n°2

Témoignages.re / 31 août 2012

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De la fraternité !

Une des raisons qui ont conduit notre Parti à être dans la situation actuelle est le manque de fraternité dans les relations entre camarades. Cela s’est traduit, au cours de la dernière période, par la multiplication de critiques, non pas dans le but de construire mais de constituer des clans et d’instaurer des rapports de forces à l’intérieur de notre organisation.
Ainsi, ces critiques, qui visaient des personnes plutôt que les projets portés par celles-ci, s’appuyaient souvent sur des la di la fé, sur la médisance. Elles se sont renforcées lorsque la solidarité entre camarades de notre organisation s’est étiolée, parce que la préoccupation a plus été de renforcer un pouvoir territorial au détriment de l’unité du Parti sur l’ensemble de l’Île.
On a vu surgir ici et là des revendications de position de pouvoir parce que untel pèse tant de voix, comme si celles-ci lui appartenaient.

Une grande famille retrouvée

Comment y remédier ? L’un des objectifs à atteindre lors de l’assemblée du 30 septembre est d’affirmer, par des déclarations et des actes, notre détermination à retrouver cette valeur fondamentale qui a permis au Parti d’avoir cette autorité dans l’histoire politique de l’île. Plusieurs pistes peuvent être explorées. Je voudrais en citer quelques-unes.
D’abord, l’affirmation, à l’attention de nos adhérents, de nos sympathisants, et plus généralement de l’opinion publique, de notre volonté d’être ensemble : cette expression fraternelle peut se traduire par une photo de groupe, où se retrouveraient, côte à côte, des camarades dont de mauvaises langues disent trop souvent « qu’ils ne mangent pas un grain de sel ensemble ».
Ensuite, la mise en œuvre d’actions militantes sur l’ensemble de l’île : des distributions de tracts effectuées par des militants des différentes sections, successivement dans les différentes communes de l’île, sans considérer que certains territoires sont inviolables, parce que cela heurterait la susceptibilité du « camarade » du coin.
Car la population nous attend pour savoir si le changement tant espéré est en marche, et pour constater que le Parti ne s’accommode plus d’arrangements avec celles et ceux qui sont avec nous quand ça les « arrange ».
Cela pourrait se terminer par un pique-nique fraternel, où le sentiment de faire partie d’une grande famille retrouvée motiverait ceux qui se battent là où la lutte est plus difficile.
Enfin, nous devons mieux connaître l’histoire du Parti et honorer celles et ceux qui nous passeront le relais.

 Pierre Vergès 


Reconstruire pour quoi, et comment ?

Pourquoi faut-il reconstruire le PCR ?

La reconstruction est une necessité : ce constat ne découle pas seulement des mauvais résultats des élections législatives, qui seront sans doute examinées par ceux qui, plus tard, écriront l’histoire de notre Parti…
Mais il n’avait échappé à aucun dirigeant, que l’état dans lequel se trouvait l’organisation amènerait à un moment où à un autre, une sévère sanction de l’opinion. Ayant collaboré, sans jamais me démarquer publiquement, à la direction du PCR, j’assume, comme le font tous mes camarades, la responsabilité d’avoir conduit le Parti à la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Voilà des décennies que nous avons abandonné l’organisation cellulaire, qui faisait l’obligation aux dirigeants d’un contact permanent avec la base. Voilà des décennies qu’assumant, ici ou là, des responsabilités de gestion, les dirigeants du Parti se sont éloignés des luttes menées par les travailleurs. Voilà des décennies que nous avons laissé « Témoignages » s’enfoncer, s’isoler, et quelquefois même mettre en difficulté la direction du Parti. Voilà des décennies que nous ne prenons pas la mesure de l’évolution de notre société, créatrice d’une jeunesse compétente, volontaire, prête à agir mais déboussolée par notre monolithisme, par nos dogmes. Voilà des décennies que nous avons abandonné ce formidable tissu de relations internationales qui faisait de notre parti une organisation unique dans l’histoire de notre pays. Si les divisions et les confrontations de personnes peuvent être considérées comme un élément conjoncturel et révélateur, il n’y a là que les conséquences de tout le reste. Enfin, la distance prise par le PCR avec la bataille identitaire est un élément de ce processus. Reconstruire, c’est donc remettre l’ouvrage sur le métier, en répondant à tous les manquements.
Les fondements demeurent
C’est pour cela que je salue le travail entrepris, qui est celui, non d’une refondation, car les fondements demeurent, mais d’une reconstruction de l’organisation, de son mode de fonctionnement et de son recentrage sur les thèmes qui sont ceux de l’identité, de la lutte de Libération, du Progrès social et du développement économique, du rôle de La Réunion dans l’Océan Indien, et d’une tentative de porter au monde une voix réunionnaise. Sur cette orientation là, j’appelle les anciens, aussi bien que les jeunes qui ont envie de voir progresser l’idée d’une Réunion réunionnaise à apporter leur contribution à la tâche historique de reconstruction qui est entreprise.

 Claude Hoarau 


Kanalreunion.com