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Contribution des riches : 200 millions d’euros
Contribution des travailleurs pauvres : 1.100 millions d’euros

La solidarité de classe à l’œuvre : plus d’un milliard pris aux victimes de la politique de l’UMP

Manuel Marchal / 4 octobre 2011

Le gouvernement désengage l’État du RSA, du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse et des emplois aidés

Le deuxième budget du plan de rigueur consacre une réduction drastique des dépenses de l’État affectée à la solidarité nationale envers les victimes de la politique du gouvernement. Ce sont plus d’un milliard qui seront enlevés aux plus pauvres, soit cinq fois la contribution exceptionnelle demandée aux plus aisés. C’est l’illustration d’une solidarité de classe soutenue à plus de 50% par les grands électeurs qui ont désigné les sénateurs de La Réunion.

Le contraste est en effet saisissant entre l’effort demandé aux plus riches (200 millions d’euros) et celui qui est demandé à toutes les victimes de la politique du gouvernement (1,1 milliard d’euros).
Les dépenses sociales sont en effet une compensation versée par l’État aux personnes qui sont dans l’incapacité d’avoir accès aux droits élémentaires garantis par la Constitution, notamment celui d’avoir un travail.
Depuis 2007, ce gouvernement s’est distingué par une solidarité de classe sans faille au profit de sa clientèle électorale traditionnelle, c’est-à-dire, les plus riches. Quatre ans plus tard, alors que personne ne peut nier l’étendue de la crise, l’UMP persiste à protéger les plus riches. Ces derniers ne devront contribuer qu’à hauteur de 200 millions d’euros, et cela de manière temporaire. Cette imposition exceptionnelle sera supprimée si jamais le déficit public retrouve le niveau qui était le sien avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Contrats-aidés : qui paiera ?

Pendant ce temps, les classes populaires doivent payer l’incapacité de ce gouvernement à lutter contre le chômage et à construire des logements au loyer adapté aux capacités contributives de la population. Paris veut en effet baisser sa participation au financement du RSA et au Fonds d’expérimentation pour la jeunesse. Par ailleurs, il est aussi question de diminuer les primes des plans d’épargne logement.
Le coup de rabot visera également les travailleurs à la recherche d’un emploi. Le gouvernement veut en effet baisser les subventions versées par l’État aux employeurs de travailleurs en contrats-aidés. À La Réunion, étant donné la pénurie d’emploi, ces contrats aidés sont très précieux car ils sont souvent la seule issue vers l’emploi pour une grande partie des travailleurs.
Toutes ces mesures illustrent une orientation : face à la crise, la solidarité de classe.

Le soutien d’une classe sociale à La Réunion

En effet, eu égard aux richesses accumulées, la contribution exceptionnelle de 200 millions d’euros demandée aux nantis n’est rien par rapport aux nouveaux sacrifices exigés aux plus pauvres.
Cette ligne tourne le dos aux intérêts de la population, mais c’est pourtant cette orientation qui a séduit le 25 septembre la majorité des grands électeurs de La Réunion. Plus de la moitié de leurs suffrages se sont portés sur des listes soutenant ouvertement le gouvernement, ce qui est un soutien affiché à la politique de l’UMP.
Il est vrai que dans les 1.200 personnes qui ont voté le 25 septembre, la proportion de travailleurs au RSA ou en emplois aidés est très éloignée de la composition réelle de la société.

Manuel Marchal


Un début ?

Présenté la semaine dernière en Conseil des ministres, le budget 2012 du gouvernement a fait aussitôt l’objet de remarques étonnées des experts. Manifestement, la prévision de croissance, 1,75%, est largement surestimée. Les experts se basent sur la situation actuelle, où après un premier trimestre positif (+0,9%), la croissance de la France a été nulle au second semestre ce qui fait planer très sérieusement la menace de la récession.
C’est à partir de sa prévision de croissance que le gouvernement estime les recettes de l’État. Autrement dit, si la croissance n’est pas au rendez-vous, il devra revoir les dépenses à la baisse sous peine de nouvelle explosion du déficit.
Mais malgré des prévisions optimistes, le gouvernement annonce qu’il va couper dans l’aide sociale. Comme les recettes prévues ne seront pas là, il y a fort à parier que les 1.100 millions d’euros pris dans la caisse de la solidarité nationale ne sont qu’un début.


Contribution au RSA : -25%

Voici un extrait d’un article paru hier dans "les Echos", qui détaille les mesures qui seront prises.

« Les grosses économies sont programmées sur les dépenses d’intervention, c’est-à-dire l’ensemble des subventions et prestations. L’enveloppe va diminuer de 1,1 milliard et être ainsi ramenée de 67,1 à 66 milliards (-1,7%). Mais les économies vont au-delà, puisque certaines dépenses galopent, au premier rang desquelles l’allocation aux adultes handicapés (lire ci-dessous) et les aides au logement (APL). Les régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP, etc.) vont aussi coûter 300 millions de plus. Face à cette hausse de 1,5 milliard d’euros du coût des "gros" dispositifs de guichet, quelque 1,7 milliard d’économies vont être réalisées sur les prestations. C’est le fruit de mesures votées l’an dernier : suppression des 15 points d’allégement de charges des particuliers employeurs, fin de l’exonération de l’avantage en nature des repas des salariés dans la restauration... Autre économie : la diminution des dotations au FNSA (de 700 à 521 millions), le fonds qui finance le RSA, ainsi que celles au Fonds d’expérimentation pour la jeunesse. Ou encore la réduction des dépenses de primes des plans d’épargne logement. Les dépenses dites de "guichet" vont ainsi baisser de 240 millions en 2012.
Il s’y ajoute 900 millions d’économies sur les dépenses dites "discrétionnaires" (subventions), que l’État peut plus facilement piloter. Des gains doivent être réalisés sur les contrats aidés, dont le nombre doit diminuer et qui, à mesure des renouvellements, sont moins subventionnés que pendant la période 2009-2010 (plan de relance). Les subventions aux associations vont être à nouveau rabotées, au grand dam de ces dernières. La ponction de 300 millions sur le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels allège aussi les dépenses du ministère du Travail. »


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