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Cour des Comptes : face à la crise, des choix nécessaires

Ne laissons pas le projet de la NRL bloquer tous les autres grands chantiers

Témoignages.re / 15 octobre 2015

Publié mardi, le dernier rapport de la Cour des comptes constate une aggravation de la situation financière des collectivités. L’institution estime que la baisse des dotations de l’État n’est pas la seule responsable. Elle cible les dépenses de fonctionnement et affirme qu’il faudra être plus rigoureux dans le choix des investissements. Pour La Réunion, cela signifie de nouvelles difficultés. Les candidats aux régionales sont directement interpellés. Poursuivre le projet de la nouvelle route en mer voulu par Didier Robert, n’est-ce pas choisir de bloquer La Réunion ?

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S’il se poursuit, le projet de NRL pèsera sur tous les autres investissements. La Cour des Comptes rappelle l’importance des choix.

À moins de deux mois des élections régionales, la Cour des comptes a publié un rapport sur la situation des finances locales. Elle note une dégradation, qui n’est pas seulement liée à la diminution des dotations de l’État, note la Cour. Les magistrats mettent l’accent sur la hausse des dépenses de fonctionnement. À La Réunion, cette hausse existe.
Lors de la dernière séance plénière du Conseil départemental, la présidente avait notamment expliqué que son assemblée devait tenir compte d’une croissance constante des sommes engagées pour verser le RSA. La crise s’aggrave, et la persistance du chômage oblige une nombre plus important de Réunionnais à solliciter le RSA pour survivre.

Poids de la crise sociale

Les communes ont également accepté de jouer un rôle d’amortisseur social. Elles sont donc souvent les plus importants employeurs de leur territoire. Et les demandes d’emploi sont bien souvent dirigées en priorité vers les Mairies. Ce rôle d’amortisseur social coûte toujours plus cher, car aucune perspective de sortie de crise ne se dessine.
Cette hausse des dépenses de fonctionnement soulignée par la Cour des comptes révèle l’impasse financière dans laquelle se situent les communes. Si elles veulent respecter l’unité de la fonction publique et titulariser tous leurs agents, se posera alors la question du poids de cette dépense. Les derniers budgets de l’État montrent que dans le cadre actuel, il n’est pas près de prendre en charge la sur-rémunération versée aux nouveaux titulaires. Bien au contraire, les collectivités voient leurs subventions diminuer.
C’est là qu’intervient une recommandation de la Cour des comptes.

Quel coût pour la NRL ?

Elle préconise que les collectivités renforcent la sélection des investissements évaluant leur utilité socio-économique. En clair, l’heure des choix est venu, ce qui est un pavé dans la mare de certains candidats aux régionales.
La Cour des comptes dit en substance qu’il faut faire des choix. Didier Robert en a fait un qui engage La Réunion pour de nombreuses années : concentrer les investissements sur 12 kilomètres de route en mer entre deux villes du nord de notre île.
Le coût final de ce chantier est inconnu. En 2010, plusieurs années avant la pose de la première pierre, la Région promettait ne pas dépasser 1,6 milliard d’euros. L’étonnante absence d’évaluation économique et financière d’un projet de cette taille ne permet pas de savoir ce qui attend les Réunionnais.
La poursuite du projet de Didier Robert fait peser une lourde menace sur les investissements nécessaires pour la population. Comment construire un train si tous les fonds sont gaspillés dans la route en mer ?

Le choix du rassemblement

Quelques jours avant le rapport de la Cour des Comptes, Paul Vergès tirait les enseignements de l’accélération brutale de l’enquête sur les marchés de la nouvelle route du littoral. Il invitait les candidats à tenir compte de cette évolution qui ouvre la perspective d’arrêter ce projet, et à se rassembler autour de ce mot d’ordre. L’arrêt du chantier de Didier Robert permettra de débloquer la situation, pour que les investissements puissent accompagner l’évolution de La Réunion vers une nouvelle organisation institutionnelle à l’ordre du jour des débats parlementaires l’année prochaine.
Le rapport de la Cour des comptes conforte donc cette idée. Des choix sont nécessaires, autant faire celui du rassemblement dès maintenant.


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