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Créer le rassemblement pour une autre politique

Le PCR appelle à la construction d’une plate-forme commune pour le Congrès des maires

Céline Tabou / 7 novembre 2014

À l’occasion d’une conférence de presse, les secrétaires généraux du Parti Communiste Réunionnais (PCR), Yvan Dejean, Ary Yée Chong Tchi Kan et Maurice Gironcel ont tenu à « alerter la population sur des thèmes pas faciles, mais importants et déstabilisants » pour La Réunion.

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le PCR a fait une série de propositions à trois semaines du Congrès des Maires.

Au-delà d’alerter, le PCR a fait une série de proposition à trois semaines du Congrès des Maires, ces derniers ont évoqué une table ronde visant à établir « une plate-forme commune » pour pallier la baisse de la dotation de l’État aux communes, inter-communautés et collectivité territoriales.

Un contexte “important”

Rappelant les nombreux défis, Ary Yée Chong Tchi Kan a évoqué l’octroi de mer, dont la dérogation de 10 ans a été écoulée, pour être reporter à six mois, « à la fin de l’année, le délai concernant l’octroi de mer prendra fin ». D’autant plus que « des propositions ont été faites à Bruxelles, mais on ne sait rien » de celles-ci et des mesures envisagées.

Autre point « important, les accords de partenariats économiques (APE). Il faut se préparer à faire face à ces accords ». Au cours du Sommet de la Commission de l’Océan Indien, « il n’y a pas eu un mot sur La Réunion en cinq pages de communiqué commun. Pas même le mot : La Réunion », a insisté ce dernier.

Pour le secrétaire général, les risques sont élevés, car « les quatre pays de la zone ont demandé d’accélérer les accords intermédiaires pour pouvoir parvenir aux accords définitifs », qui permettront à l’ensemble des produits de la zone de concurrencer les produits réunionnais.

L’un des sujets de cette conférence de presse est le vote du budget de l’Outremer, qui « a été adopté avec ses conséquences. L’impact sera important pour chaque collectivité », a assuré Ary Yée Chong Tchi Kan, qui a évoqué un document annonçant le montant des baisses pour chaque commune, intercommunalité et collectivité territoriale.

Un budget de l’Outremer classique

De son côté, Yvan Dejean a assuré que pour le budget de l’Outremer tel qu’il a été voté, « le compte n’y est pas ». Il s’agit « d’un budget classique avec des orientations politiques basées sur les mêmes recettes depuis 68 ans », telles que les contrats aidés et la défiscalisation. Ces orientations « donnent de la pauvreté, du chômage, de la précarité, et on a apprit récemment qu’il y a 12 millions de dettes des locataires sociaux ».

Un contexte de plus en plus difficile mit en exergue et qui s’explique en partie par « un budget inscrit dans des politiques classiques qui ne règle rien. Cela ne va pas dans le bon sens et cela ne répond pas aux attentes pour un autre politique », a assuré le secrétaire général.

Ce dernier a raillé les +0.3% de hausse du budget qui « ne changent pas les orientations actuelles, d’autant qu’il y a le danger des accords de partenariat, de la filière canne et de l’octroi de mer ». Une orientation également contestée par Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR et maire de Sainte-Suzanne. Ce dernier a assuré que « d’une manière générale, le gouvernement a décidé de poursuivre sa politique d’économie, sur 50 milliards, 3,7 milliards seront portés chaque année sur les collectivités, ce qui fait près de 11 milliards jusqu’en 2017 ».

Pour ce dernier, le cumul fait avec les deux années précédentes de baisse des dotations de l’État, porte à plus de 12 milliards d’économies pour les collectivités. Maurice Gironcel a rappelé les propos d’André Laignel, président du Comité des Finances Locales (CFL), qui a assuré que la baisse des dotations de l’État risque « d’assécher la commande publique », ajoutant qu’il allait « négocier pied à pied le montant et le rythme de cette baisse inacceptable » (La Gazette des Communes).

L’État doit participer à l’effort

« Ce n’est pas seulement les élus réunionnais qui sont vents debout, mais également ceux de la France », a indiqué Maurice Gironcel, qui a évoqué le communiqué publié par l’Association des Maires de France (AMF). L’AMF a dénoncé « l’attitude schizophrène des pouvoirs publics. Nous ici, nous seront directement impacté ».

« Face à ça, quelle attitude ferme et responsable peut-on avoir ? », a posé ce dernier. Pour le PCR, il faudrait « dire à tous les maires de La Réunion, qui ont signé le manifeste (des élus locaux de la droite, NDLR), ceux qui disent réfléchir, de déconnecter les emplois aidés du budget de fonctionnement des communes ». Ainsi, « l’État devrait participer à l’effort en recrutant » des personnes à contrats aidés.

En accord avec la contestation des maires de droite, Maurice Gironcel a pointé du doigt « le manque de considération » de l’État vis-à-vis de La Réunion, dont « le potentiel fiscal est le plus bas », et « où les collectivités doivent payer une sur-rémunération décidé par l’État ». « Il faudrait sur ce point que ce soit à la charge de l’État et non des collectivités », a assuré le maire de Sainte-Suzanne.

Pour une table ronde des élus réunionnais


Au cours de cette conférence de presse, le PCR a émis plusieurs propositions comme la mise en place d’une table ronde sur la base du « Manifeste des élus locaux » et « faire des propositions afin d’avoir une position commune ». Il s’agira ensuite d’aller à Paris, au Congrès des Maires, pour « avoir le soutien de l’AMF à la plate-forme proposée par les élus réunionnais ».

« C’est pas une politique politicienne mais de dire qu’à La Réunion, on connaît plusieurs difficultés que la France n’a pas », a assuré Maurice Gironcel. Ce dernier a réitéré la volonté de son parti de « porter une voix commune et faire connaître notre position réunionnaise ». Le maire de Sainte-Suzanne a également proposé une manifestation commune, qui serait “symbolique”, en fermant une heure ou deux les portes des mairies au même moment, « là, personne ne sera pénalisé surtout pas la population ».


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