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Croissance nulle et 1789 milliards d’euros de dette publique

Crise en France

Manuel Marchal / 30 juin 2012

L’INSEE vient de rendre publique les données relatives au premier trimestre 2012. L’institut confirme qu’en France, la croissance a été nulle, tandis que la dette publique a continué d’augmenter pour atteindre 1.789,4 milliards, soit 72,4 milliards de hausse au cours des trois premiers mois de l’année.

En Europe, une réunion des chefs d’État et de gouvernement a débouché sur un accord sur un plan de lutte contre la crise. Sur ce continent, la situation reste extrêmement préoccupante. Hier, l’INSEE a donné un coup de projecteur sur l’état des lieux d’un pays européen, la France, à la fin du premier trimestre 2012.
Cette date coïncide avec la fin du mandat de Sarkozy à l’Élysée et de l’UMP à l’Assemblée nationale, c’est donc l’héritage de cinq ans de politiques. Au cours des deux dernières années, comme d’autres pays dirigés par des partis de tendances politiques différentes, les dirigeants de la France ont choisi l’austérité. Le mot d’ordre, c’était de réduire les dépenses pour faire baisser la dette. Voici donc l’heure du bilan de cette politique.
Le résultat est manifestement à l’inverse de l’objectif affiché. Selon l’INSEE, la dette a augmenté de 72 milliards au cours des trois premiers mois. La faute en incombe au pouvoir central, alors que les collectivités ont réduit le montant de leurs dettes. Montrées du doigt par le précédent gouvernement comme responsables de la crise à cause de leurs embauches, ces dernières ont donc été meilleures gestionnaires que l’UMP à Paris.
L’autre nouvelle apportée par l’INSEE, c’est une croissance à zéro. Autrement dit, si cette situation perdure, l’État n’aura pas de recettes supplémentaires, sauf s’il crée de nouveaux impôts ou les augmente.
De plus, le pouvoir d’achat continue de baisser en France.
Dans ce contexte, la seule embellie, c’est la publication des chiffres du commerce extérieur de La Réunion. Car une des principales informations, c’est la hausse de l’excédent commercial de la France avec La Réunion. Il était en 2010 de 2,2 milliards d’euros, il progresse en 2011 à 2,3 milliards d’euros. Ce sont autant d’emplois créés ou préservés en France grâce aux importations des Réunionnais au moment où l’Europe traverse une des plus graves crises économiques de son histoire.

M.M.


La dette augmente de 72 milliards

Pour l’INSEE, la dette publique augmente de 72,4 milliards d’euros entre le 4e trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012 sous l’effet d’une hausse de l’endettement de l’État et des administrations de sécurité sociale alors que les dettes des collectivités locales diminuent. Extrait du communiqué :

« À la fin du premier trimestre 2012, la dette publique de Maastricht, qui est une dette brute, s’établit à 1.789,4 Milliards d’euros, en augmentation de 72,4 Milliards d’euros par rapport au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du PIB, elle se situe à 89,3%, en augmentation de 3,3 points par rapport au trimestre précédent. La dette publique nette progresse beaucoup plus modérément (+17,9 Milliards d’euros).
La contribution de l’État à la dette augmente de 46,8 Milliards d’euros au premier trimestre ; il s’agit pour l’essentiel de sa dette négociable à long terme (+38,4 Milliards d’euros) et d’emprunts à long terme (+9,1 Milliards d’euros).
La contribution des administrations de sécurité sociale progresse de +31,4 Milliards d’euros sous l’effet de la hausse de l’endettement de la Cades (+22,4 Milliards d’euros), qui augmente sa trésorerie, et de l’Acoss (+8,5 Milliards d’euros).
Les administrations publiques locales se désendettent (-5,4 Milliards d’euros) à un rythme comparable aux premiers trimestres des années précédentes, en remboursant des emprunts à long terme (-7,7 Milliards d’euros). La contribution des organismes divers d’administration centrale à la dette diminue légèrement ce trimestre (-0,4 Milliards d’euros).


La France au bord de la récession

Selon les comptes nationaux trimestriels, la croissance était nulle en France au premier trimestre, tandis que le pouvoir d’achat a continué à baisser de 0,1%. Voici un extrait du communiqué :

Au premier trimestre 2012, le PIB en volume est stable (0,0%), après une faible progression au quatrième trimestre 2011 (+0,1%).
Les dépenses de consommation des ménages restent peu dynamiques (+0,2% après –0,1%). La formation brute de capital fixe (FBCF) se contracte (–0,7% après +1,3%). Au total, la demande intérieure finale (hors stocks) contribue modestement à la croissance du PIB : +0,1 point après +0,3 point fin 2011. Les importations se redressent (+0,8% après –1,5%) tandis que les exportations ralentissent (+0,2% après +1,3%). Ainsi, la contribution du solde extérieur à la croissance est négative (–0,2 point de PIB, après +0,8 point le trimestre précédent). Enfin, les variations de stocks des entreprises contribuent faiblement à l’activité : +0,1 point au premier trimestre, après –1,0 point.
Au premier trimestre 2012, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages est quasi stable (–0,1% après –0,2% au quatrième trimestre 2011). Par unité de consommation, il recule de 0,2% début 2012 après –0,3% le trimestre précédent.
Le RDB en terme nominal augmente d’un peu moins de 0,6%, après +0,4% au quatrième trimestre 2011, et les prix de consommation d’un peu plus de 0,6%.


Perspective : la baisse du pouvoir d’achat

« Par rapport à la précédente publication, l’estimation de la croissance du PIB est inchangée, au premier trimestre 2012 comme aux précédents. Plusieurs révisions de faible ampleur (introduction de nouvelles informations, ré-estimation des coefficients CVS) se compensent. Par ailleurs le profil du pouvoir d’achat du RDB est modifié en 2011 (sans changement sur l’évolution annuelle) : il s’inscrit en baisse aux troisième (–0,3%) et quatrième trimestres 2011 (–0,2%) contre une stabilité précédemment. »


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