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D’où viennent les attaques contre le Tram-train de La Réunion ?

Un projet indispensable

Geoffroy Géraud-Legros / 5 décembre 2009

Le 2 décembre 2009, le vote de l’Assemblée plénière du Conseil régional a marqué une avancée décisive vers la construction du Tram-train. Tout concourt à faire de ce projet un outil indispensable, tant pour répondre à l’urgence de la crise, que pour assurer la transition de La Réunion vers le développement durable. Dès le commencement, le Tram-train a bénéficié d’un soutien loyal de l’Etat, qui ne s’est jamais démenti. Pourtant un groupuscule tente de persuader l’opinion d’un conflit entre Paris et la Région…Quels intérêts poursuit-il ?

Avec 500 millions d’euros dévolus aux PME réunionnaises et 1.800 emplois ouverts —soit le double de la Route des Tamarins—, le Tram-train est un facteur essentiel pour la relance sociale et économique. Déjà presque saturée par un parc automobile composé d’un peu plus de 400.000 automobiles, notre île comptera plus de 800.000 véhicules en 2030.
Dans cette perspective où la paralysie de la circulation est certaine, la construction d’un transport collectif en site propre est plus que jamais indispensable. Depuis sa conception, le projet n’a enregistré que des succès : l’équipe responsable a su obtenir une baisse substantielle des coûts. Les délais assignés à l’installation du projet ont eux aussi été respectés. Enfin, avec une participation conjointe de l’Etat, de la Région et de l’Europe, et de financements privés, le Tram-train est un modèle particulièrement harmonieux de Partenariat Public-Privé.
C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a été primé le 22 octobre 2009 par une distinction récompensant la maîtrise des délais et des coûts.

Casser le Tram-train : pourquoi ?

Le soutien de l’Etat ne s’est jamais démenti au cours des années. Ainsi, en 2007, à l’occasion du Congrès des Maires, Nicolas Sarkozy affirmait son appui au Tram-train « emblématique des alternatives à la route et du développement durable en Outre-mer ». Plus récemment, le soutien à la demande réunionnaise de dotation ferroviaire a été affirmé par le Ministre des transports, en déplacement dans notre île au début du mois d’octobre. Le Premier ministre, il y a quelques jours encore, apportait sa garantie au projet par une lettre adressée au Président de la Région.
Pourtant, on voit se démener un groupuscule qui n’épargne aucun moyen pour empêcher la réalisation des grands projets, et vise plus particulièrement le Tram-train. Utilisation des médias, fausses polémiques, manipulations, campagnes populistes, harcèlement judiciaire… Les adversaires du Tram-train ne ménagent aucun moyen pour semer la confusion dans l’opinion publique. On peine à identifier les fondements de cette idéologie de casse des projets de développement durable : car si les membres du groupuscule se revendiquent de l’UMP, leurs actions entrent en contradiction directe avec la politique que définissent les dirigeants de ce même parti au niveau de l’Etat. Comment, dès lors, croire que les anti Tram-train acharnés parlent au nom de Paris ?

 Geoffroy Géraud. 


Un référendum à géométrie variable.

« Il faut organiser un référendum sur le Tram-train » : tel est le couplet qu’a entonné "Objectif réunion" peu après le 6 Novembre 2009, date de la restitution des conclusions du Conseil interministériel de l’Outremer (CIOM) par le Président de la République. On se souvient que, face aux choix arrêtés par le Chef de l’Etat —qui recoupaient largement les propositions présentées par les deux assemblées réunionnaises— Didier Robert et les autres dirigeants d’"Objectif Réunion" s’étaient immédiatement repliés sur une position radicale. Attaquant la Région et son exécutif, les perdants du 6 novembre 2009 avaient adopté la stratégie du pire…et pris le Tram-train pour première cible. Didier Robert avait alors fait part de son intention de soumettre le Tram-train à un référendum en cas de victoire de sa liste aux élections régionales.
La confirmation du soutien de l’Etat au projet par une lettre du Chef du Gouvernement, la confiance renouvelée des acteurs économiques et le vote très majoritaire des Conseillers régionaux ont clarifié la situation politique. En bonne logique démocratique, le Président de la Région a relevé que le scrutin des Régionales donnerait à la population l’occasion de se prononcer sur la question du Tram-train. Etrangement, les adversaires du Tram-train ont alors escamoté la question du référendum. Avec un bel ensemble, on entend aujourd’hui des candidates, comme Nadia Ramassamy, ou des journalistes tels que Yves Mont-Rouge affirmer que le Tram-train ne doit pas être au centre du débat lors des régionales….

 G.G. 


Le courage de Roland Hoarau.

Conseiller Régional, Roland Hoarau a, à plusieurs reprises, clairement rappelé les liens qui l’unissent à Michel Fontaine, Maire de Saint-Pierre. Il a non moins clairement énoncé son appartenance à la majorité présidentielle. Ces options, l’élu saint-pierrois ne les a pas jugées incompatibles avec une prise de position franche en faveur du Tram-train. Passant outre les tentatives d’obstruction, il a donc voté pour la poursuite du projet. Ce courage et cette lucidité n’ont pas été du goût du groupuscule anti Tram-train, qui s’est empressé de signifier à Roland Hoarau son exclusion de la liste des Régionales. Son "crime" : voter un projet soutenu par un gouvernement UMP. Sa "dissidence" : ne pas suivre un petit groupe radicalisé dans son opposition absurde à un équipement essentiel pour les Réunionnais. Et ce sont ces gens-là qui se répandent dans certains médias, accusant le PCR de "stalinisme" !

 GG. 


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