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Daniel Alamélou refuse toujours de reconnaître le verdict du suffrage universel

Maurice Gironcel hier au tribunal

Manuel Marchal / 9 juillet 2016

« Jusqu’où certains types sont prêts à aller pour éliminer un adversaire », cette phrase de Me Boniface résume bien la situation. Incapable de gagner une élection contre Maurice Gironcel à Sainte-Suzanne, Daniel Alamélou tente d’utiliser la justice pour espérer un jour devenir maire. Il a porté plainte à la suite d’un piège tendu par une de ses partisanes à Maurice Gironcel. L’affaire devait être classée faute d’élément, mais soudainement, un procureur a décidé de poursuivre. Hier à l’audience, ce dernier a requis 6 mois de prison ferme, 10.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité. Le verdict sera rendu le 30 août.

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Maurice Gironcel sort du tribunal aux côtés de Me Boniface et de plusieurs camarades.

Hier, Daniel Alamélou avait donné rendez-vous à Maurice Gironcel au tribunal. L’audience a duré toute la journée. L’opposant au maire de Sainte-Suzanne est en effet incapable de digérer ses défaites successives aux élections contre le co-secrétaire général du PCR. Comme il ne peut pas changer le peuple, il tente donc d’éliminer son adversaire en tentant d’utiliser la justice pour satisfaire son ambition déçue. Il s’est même tellement persuadé qu’il doit être maire de Sainte-Suzanne qu’il veut que sa défaite électorale aux dernières municipales de 2014 soit reconnue comme un préjudice. Il a en effet fait demander par son avocat un euro de dommages et intérêts parce qu’il n’a pas été élu maire. C’est cette bien curieuse conception de la démocratie qui est à l’origine de l’audience d’hier au tribunal correctionnel.

Qualifiée par Me Boniface, avocat de Maurice Gironcel, de procès de la e-politique, nouvelle politique, cette audience a montré « jusqu’où certains types sont prêts à aller pour éliminer un adversaire ».

Débouté par le tribunal administratif et par le Conseil d’État, juge de l’élection, Daniel Alamélou a insisté en utilisant cette fois la justice pénale. Les enquêteurs ont rapidement constaté que ce qui était reproché à Maurice Gironcel relevait d’un piège grossier. Faute d’éléments probants, l’affaire devait être classée. Mais au bout de plusieurs mois de silence et sans que de nouveaux éléments le justifient, les poursuites ont été relancées par le Parquet. Cela a entraîné l’audience d’hier au tribunal correctionnel qui a examiné les faits.

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Vue de la salle des débats quelques minutes avant le début de l’audience.

Daniel Alamélou avait-il déjà anticipé sa défaite ?

Au cours de l’audience, la défense de Maurice Gironcel s’est donc attachée à démonter les éléments utilisés pour gonfler un dossier vide de preuve. Manifestement, a rappelé Me Boniface dans sa plaidoirie, cette affaire montée de toutes pièces pour tenter de faire tomber l’adversaire de Daniel Alamélou était préméditée depuis longtemps. Car il est très difficile de croire que Daniel Alamélou pensait être sûr à 100 % remporter les élections à la régulière. D’où l’idée de porter l’affaire sur le terrain judiciaire en cas de défaite.

En effet, l’affaire Lolita Sautron, une partisane de Daniel Alamélou, se résume à la tentative de cette dernière de pousser à bout Maurice Gironcel en espérant qu’il déclare vouloir acheter sa voix, elle avait prévu de recueillir cette « preuve » en enregistrant la conversation à l’insu de Maurice Gironcel. Par l’intermédiaire de son père, elle a donc cherché à joindre le maire pendant la campagne électorale des municipales de 2014. Elle a fini par obtenir un rendez-vous le soir de la veille du second tour au Bocage, dans le quartier ou Maurice Gironcel terminait sa campagne. L’entretien n’avait qu’un but pour elle : « j’ai demandé avec insistance pour voir jusqu’où il était prêt à aller. Je l’ai poussé à bout ». La retranscription indique qu’elle se disait accablée par ses créanciers : frais de poursuite d’étude, difficulté à payer la cantine, retard dans le règlement de ses impôts…

« J’ai demandé avec insistance pour voir jusqu’où il était prêt à aller »

Sous couvert de difficultés financières, elle avait affirmé au maire que ses enfants n’avaient plus de yaourts dans le frigo, et qu’elle avait besoin d’argent tout de suite pour les nourrir. Maurice Gironcel a alors fait parler son cœur. Face à l’urgence, il lui a donné une somme d’argent pour la dépanner, tout en lui indiquant d’aller de sa part voir les services sociaux de la commune pour rechercher une solution à ses problèmes d’argent et de logement. Lolita Sautron n’a pas pu obtenir que Maurice Gironcel l’appelle à voter et faire voter pour lui. Cela ne l’a pas empêché de courir aussitôt voir Daniel Alamélou pour lui remettre l’argent et l’enregistrement. Ce dernier s’est ensuite précipité à la gendarmerie. Elle a aussi prétendu avoir reçu deux bons d’essence. L’enquête a permis de démontrer que ces bons proviennent d’une station-service qui partage un point commun avec Daniel Alamélou : c’est de là qu’ont été achetés les bons d’essence du candidat battu, d’après son compte de campagne.

Les gendarmes ont rapidement pu constater que Maurice Gironcel était tombé dans un piège, comme le soulignent les questions qu’ils ont posées à Lolita Sautron lors de son audition, et les propos qu’ils ont tenus au maire de Sainte-Suzanne pendant l’enquête.

Les difficultés financières utilisées pour essayer de corrompre Maurice Gironcel existaient-elles ? En effet, quatre mois après les élections, Lolita Sautron est partie en voyage en France pendant trois semaines au mois de juillet. Elle s’était payé un billet d’avion à près de 2.000 euros pour ses vacances alors qu’elle touche 1.440 euros de revenu par mois, allocations comprises. Qui peut penser qu’une mère de famille préfère économiser pour prendre du bon temps à 10.000 kilomètres de chez elle plutôt que de nourrir ses enfants ?

L’accusation a voulu faire croire que Lolita Sautron était un élément décisif dans le scrutin des dernières municipales. En fait, elle était assesseur suppléante de Daniel Alamélou dans un bureau de vote où Maurice Gironcel avait obtenu dès le premier tour 48 % des suffrages, contre 42 % à Daniel Alamélou. Compte-tenu de la dynamique électorale, ce dernier n’avait donc aucune chance de renverser la vapeur au second tour dans ce bureau.

Témoins peu crédibles

Pour tenter d’influencer les débats, le conseil de Daniel Alamélou, Me Settama, a fait citer comme témoin plusieurs personnes qui accusent Maurice Gironcel d’achat de voix. Le premier, M. Aguin, est un ancien militant du maire de Sainte-Suzanne. Il voulait s’acheter à crédit une voiture coûtant 47.000 euros selon la facture proforma. Face à un tel montant, la garantie de caution que Maurice Gironcel était prêt à lui accorder n’était pas suffisante. L’organisme de crédit exigeait de l’ancien chauffeur la preuve d’un salaire. Or, M. Aguin ne touche que le RSA. Il a donc fait pression sur Maurice Gironcel pour qu’il lui procure des fiches de paie en l’embauchant. Face au refus du maire, il s’est vengé en lançant des accusations de fraude contre Maurice Gironcel par voie de presse et en écrivant au procureur. Des accusations qui ne reposent que sur ses dires.

Le second, Kevin Hoarau, est un ancien agent communal de Sainte-Suzanne. Après avoir enchaîné deux contrats aidés au cimetière de Quartier-Français, il a demandé à obtenir un contrat à durée indéterminée. Mais il n’était guère assidu à son travail, ce qu’il a confirmé à l’audience. De telles absences ne lui ont donc pas permis de voir sa demande satisfaite. Pour se venger, il a donc écrit au procureur et mis au courant la presse pour s’accuser d’être l’acteur d’un prétendu système de fraude électoral qui aurait été créé au bénéfice de Maurice Gironcel. Là aussi, aucun élément concret ne vient étayer cette déclaration.

Le troisième, M. M’Bajumbe, affirme qu’il aurait reçu par un intermédiaire une enveloppe contenant 100 euros qu’il aurait immédiatement dépensé. Me Boniface a rappelé que les gendarmes chargés de l’enquête ont indiqué qu’aucun élément ne permet de dire qu’il y avait de l’argent dans l’enveloppe.

Le quatrième témoin appelé à la barre, Mme Raharimanala, concernait une autre affaire : une accusation portée contre Bergamin Veliama, un proche de Maurice Gironcel, d’avoir voulu acheter sa voix, larmes à l’appui. Or comme l’a rappelé Me Gangate, avocat de Bergamin Veliama, Mme Raharimanala est de nationalité malgache. Elle n’est donc pas électrice. Comment peut-on accuser quelqu’un de vouloir acheter la voix d’une personne qui ne vote pas ?

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Maurice Gironcel remercie les militants d’être resté à ses côtés toute la journée, et d’être restés d’un calme olympien malgré les provocations des partisans de Daniel Alamélou.

Les antécédents de Daniel Alamélou

Au terme de ce débat, le procureur a commencé son réquisitoire en disant à Maurice Gironcel : « Vous êtes plutôt en fin de carrière politique ». Et de requérir à l’encontre du maire de Sainte-Suzanne 6 mois d’emprisonnement ferme, 10.000 euros d’amende, 5 ans d’inéligibilité. Une telle peine écarterait Maurice Gironcel des prochaines municipales. Pour Bergamin Veliama, le procureur demande 5 mois de prison avec sursis, 10.000 euros, « nonobstant la difficulté juridique ».

Dans sa plaidoirie, Me Boniface estime qu’avec de telles réquisitions, le procureur lance un appel à d’autres Iznogoud qui, dans les 23 autres communes de La Réunion, n’arrivent pas à déboulonner le maire en place. C’est en effet pour l’avocat le procès d’une nouvelle forme de politique, une « e-politique », qui vise à porter sur le terrain judiciaire une affaire qui a été tranchée par le suffrage universel.

Et de rappeler les antécédents de Daniel Alamélou dans le calcul politicien. C’est en particulier la fermeture de l’association GOUSSE, peu de temps avant les élections municipales, faute de subvention versée par le Conseil général. Daniel Alamélou était alors le représentant de Sainte-Suzanne dans cette assemblée, et il était membre de la majorité du Conseil général. Cette affaire a mis une centaine de personnes au chômage. Elle a provoqué un vif émoi dans la population. Si l’objectif était de faire croire que la mairie était responsable de cette décision, le coup a été raté. Lolita Sautron faisait partie des victimes de cette faillite.

Me Boniface a donc demandé la relaxe de Maurice Gironcel.

L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict sera rendu le 30 août à 14 heures.

À la sortie du tribunal, Maurice Gironcel s’est adressé aux militants qui étaient à ses côtés toute la journée. La détermination est toujours présente, et une assemblée générale se tiendra prochainement.

M.M.

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La détermination est intacte, rendez-vous à la prochaine assemblée générale.


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