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De 1946 à ce jour : de nouveaux défis

66e anniversaire de l’abolition du statut colonial

Témoignages.re / 19 mars 2012

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale (39-45), qui a secoué l’Europe et changé les rapports de force dans le monde, La Réunion est exsangue, c’est la « misère noire ».

Pendant plusieurs années, elle est quasiment coupée du reste du monde, rien ne sort ni ne rentre de l’île. La population repliée sur elle même tente de trouver des solutions pour se nourrir, se vêtir et se guérir. Encore une fois, les Réunionnais trouvent des moyens de subsister, face à l’insuffisance des importations de riz et de grains, ils remplacent la culture de la canne par celle du manioc et du maïs. La solidarité se créer entre Réunionnais, le troc fait place au marché officiel. Malgré les efforts, les rationnements, et l’ingéniosité des Réunionnais, l’union, la situation de La Réunion est désastreuse :

- un taux de mortalité parmi les plus élevés au monde, à cause notamment de la sous-nutrition

- une mortalité infantile de 180%o

- une espérance de vie de 48 ans

- 29 médecins pour les 240.000 habitants,

- quasiment pas de route (130 km), d’école, à peine 10% des maisons sont raccordées aux réseaux d’eau et d’électricité...

C’est dans ces conditions qu’en nait le CRADS, Comité Républicain d’Actions Démocratique et Sociale, sous l’égide de deux Réunionnais le docteur Raymond Vergès et le communiste Léon De Lépervanche. Devant la misère indescriptible du peuple, ils portent l’idée de transformer la colonie en département français afin de bénéficier en autre des avantages sociaux qui existent en France notamment la protection sociale (allocations familiales et vieillesse), la condition des travailleurs, la santé publique…
Évidemment, cette perspective de passer du statut de colonie à celui de département n’enchante pas tout le monde. Les plus riches, les gros planteurs et la droite locale s’y opposent, car ils y voient la perte de leurs privilèges. Mais dès les élections municipales de mai 45 et les cantonales d’octobre, les Réunionnais choisissent massivement la voie du progrès social et votent pour la CRADS.
Le 20 octobre 1946, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche son élus députés.
À l’Assemblée nationale la gauche domine, c’est ainsi qu’avec les députés des trois autres colonies dont Aimé Césaire, Raymond Vergès et Léon De Lépervanche font voter à l’unanimité la loi promulguée le 19 mars 1946, faisant de La Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane des départements Français.

Cette loi contenait trois articles et le troisième article stipulait :
« Dès la promulgation de la présente loi, toutes les lois et décrets édictés pour la métropole seront automatiquement appliqués à ce nouveau département, sauf dispositions contraires insérées dans le texte ».

Les choses ont mis du temps à s’installer, des dizaines d’années même, il a fallu mener beaucoup de combats encore avant que toutes les lois ne soient réellement appliquées à La Réunion. En 1959, le Parti Communiste Réunionnais est justement crée pour faire face à l’échec de l’application de la loi du 19 mars. Avec les luttes du PCR et la loi est appliquée petit à petit et elle a permis au Réunionnais de sortir marasme économique et social dans ils se trouvaient dans les années 50-70.
Aujourd’hui, beaucoup reste encore à faire, la population est formée, mais notre pays connaît le taux de chômage le plus élevé de France, la vie chère, les monopoles, les violences familiales... sont autant de défis qui restent à relever.


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