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De nouvelles économies pour la Santé

11,7 milliards d’euros de déficit de la Sécurité sociale en 2014, débat à l’Assemblée sur son financement

Céline Tabou / 30 septembre 2014

Le déficit du régime général de la sécurité sociale s’établirait pour 2014 à 11,7 milliards, contre 9,8 milliards prévu, a annoncé Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, sur France Inter.

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Avec près de la moitié de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, toute réduction du budget de la Sécurité sociale ne sera pas sans conséquence. (photo Toniox)

Pour pouvoir réduire ce déficit, le gouvernement a décidé de mettre à contribution les branches maladie et famille dans le budget 2015 de la Sécurité sociale. Depuis 2010, année au cours de laquelle le déficit s’est creusé à 23,9 milliards d’euros, celui-ci a diminué chaque année, mais pas suffisamment.

Des chiffres mirobolants

Le déficit des régimes de base et du fonds de solidarité vieillesse (FSV, qui finance les cotisations retraite des chômeurs), s’est établi en 2013 à 16 milliards d’euros, soit 3,1 milliards de moins qu’en 2012, a indiqué la Cour des Comptes. La baisse a été importante en 2011, avec moins de 3,5 milliards en 2012 et moins de 7 milliards en 2011, cependant « le scénario d’un retour à l’équilibre en 2017 prévu par le gouvernement est des plus incertains », prévoyant plutôt vers 2018 ou 2019.
D’après l’institution, le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse « n’est dû qu’en partie à la faible croissance, il est structurel à hauteur de 57 %". De plus, « la dette sociale a continué d’augmenter, pour atteindre 162 milliards d’euros fin 2013 ». Les chiffres annoncés par la Cour des Comptes ont été suivis par l’annonce de Marisol Touraine : pour 2014, le déficit du régime général de la Sécurité sociale s’établira à 11,7 milliards d’euros, passant initialement sous la barre des 10 milliards. Le déficit du régime général ajouté à celui du FSV s’établira à 15,4 milliards d’euros cette année (contre 13,3 mds initialement prévus).
Pour Marisol Touraine, « il n’y aura pas de gel des prestations familiales », assurant qu’il y a la nécessité de « maîtriser l’augmentation des dépenses de la politique familiale ». Il est évoqué pour faire des économies, la réduction de la prime à la naissance, fixée à 923 euros à partir du second enfant, ou encore la modification des conditions d’accès au congé parental de 18 mois, fixé à égalité entre le père et la mère.

Remise en cause de la politique familiale

Pour contenir le déficit, le gouvernement va engager des économies supplémentaires, afin de trouver de nouvelles recettes, à travers des taxes. Ainsi, la branche maladie sera la plus sollicitée, assumant 10 des 50 milliards d’économies recherchés d’ici 2017. D’autres pistes vont être présentées par les ministres de la Santé et du Budget, Marisol Touraine et Christian Eckert, qui vont s’insérer dans le budget rectificatif de la Sécu 2014.
Il est prévu une réorientation vers les soins ambulatoires (hors hôpital), la réduction des inadéquations hospitalières (1,5 milliard), des actions sur les prix des médicaments et les génériques (3,5 milliards), un meilleur usage des soins (2,5 milliards), et une rationalisation des dépenses hospitalières (2 milliards). En dépit des annonces de la non remise en question de « notre système de santé » par Marisol Touraine, le constat met en avant une politique familiale forte touchée par des coupes budgétaires. Les mesures devraient rapporter 800 millions d’euros sur 3 ans dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros prévu d’ici 2017, mais elles pourraient atteindre plus d’1 milliard.
La remise en cause de certains de ces dispositifs auront un impact fort à La Réunion, où la fécondité reste élevée : le taux de natalité en 2011 est de 16,9 ‰ (INSEE, 2014). Cette situation conduit à une augmentation des besoins médicaux, d’autant que l’île devra abriter près d’1 million de personne d’ici 2025. Ces besoins s’ils sont surtaxés, limités ou réduits, pourraient peser dans la vie des 330.000 Réunionnais vivant aux minimas sociaux, des 42 % ayant un revenu en dessous du seuil de pauvreté et des 29 % de Réunionnais(e)s sans emploi.


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