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Débats tendus sur la Nouvelle Route du Littoral

Assemblée plénière de la Région Réunion

Céline Tabou / 11 juin 2014

L’assemblée plénière de la Région de mardi aura été le théâtre de vives tensions entre les élus de l’opposition et de la majorité. Une tension tournant autour de la Nouvelle Route du Littoral, « projet pharaonique » pour l’Alliance qui met en avant les contradictions et contestations grandissantes de l’opinion publique.

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Depuis la publication de cet article de Challenges, le débat sur le projet de Didier Robert a largement dépassé les frontières de La Réunion.

Le dossier « est majeur et engage La Réunion au delà de votre mandature » a évoqué Catherine Gaud, pour qui les impacts financiers et environnementaux sont avérés. Cette dernière a cité de nombreux articles de presse nationale évoquant la route du Littoral.

« Un ouvrage pharaonique »

L’élue de l’Alliance a évoqué « les nombreux articles dans la presse nationale qui condamnent le projet, avec des mots plus durs que les nôtres ». En effet, cette dernière a cité des extraits de ces médias, tels que le magazine Challenges qui explique que la Région « va signer un chèque de 1,66 milliard d’euros pour s’offrir une nouvelle route du littoral (NRL) de… 12 kilomètres ! A 133 millions d’euros le kilomètre, c’est du jamais-vu ».

« L’article évoque des surcoûts prévisibles » a indiqué Catherine Gaud, qui est revenu sur l’article du Huffington Post. Ce dernier a listé les projets représentant « le gaspillage de l’argent public ». Au top10, la NRL qualifiée de « la route la plus chère de France : 12 km pour 1,66 milliard d’euros ». L’article a ajouté que cet « ouvrage pharaonique », qui « passe devant la campagne de vaccination contre la grippe A, qui a coûté 662 millions d’euros », a précisé Catherine Gaud.

L’élue est revenu sur l’article de Médiapart, qui parle d’un « projet scandaleux à 2 milliards d’euros » et met en avant qu’"aucune solution viable n’a encore été trouvée pour fournir les 18 millions de tonnes de matériaux du chantier et la NRL ne résoudra pas le problème d’embouteillages, elle nécessitera au contraire d’autres travaux à l’entrée des villes ».

Catherine Gaud a également tenu à rappeler un phrase de l’article de Médiapart indiquant que « La Réunion est déjà la région française la plus endettée par foyers imposés, et s’apprête à présenter une nouvelle facture aussi colossale qu’imprévisible aux contribuables. Par dessus tout, la dépense semble mal avisée : seuls 4% des réunionnais empruntent la route actuelle au quotidien ».

Sur le plan environnement, le site d’information évoque que « le chantier menacera une vingtaine d’espèces protégées et sera en pleine zone de reproduction des baleines à bosse ». Et Catherine Gaud reprend la phrase, qualifiant l’attitude de Didider Robert, d’’élan de mégalomanie mal placée ».

« Seuls 4% des Réunionnais empruntent la route »

Une position soutenue par Camille Sudre qui évoque la conclusion de l’article de Médiapart : « il est plus que jamais indispensable de renvoyer les décisionnaires à leurs responsabilités : défendre les intérêts publics sans laisser une ardoise environnementale et financière insupportable aux prochaines générations ».

Pour sa part, Le Figaro, cité par Catherine Gaud, parle d’une « facture est salée », prenant en compte que « le coût de l’opération risque de dépasser le budget de départ de 1,66 milliard d’euros. En tenant compte de l’augmentation des prix du BTP » et « les dépenses imprévues qui feront gonfler la facture ».

Face à de tels articles, les élus de l’Alliance dénonce la décision de la majorité « d’aller contre les représentants de la population », les maires, qui ne souhaitent pas voir de carrière sur leur territoire. « Dans un contexte, où se prépare la conférence mondiale sur le Climat à Paris en 2015, et la conférence sur le climat les 24,25 et 26 juin à La Réunion, le projet de la NRL n’engage pas seulement la Région, mais aussi l’Etat et l’Union Européenne », a déploré Catherine Gaud.

Raillant ces articles de presse, la majorité a évoqué « une presse étrangère », qui « ne nous concerne pas ». Pourtant, Didier Robert, président de la Région Réunion a décidé d’écrire deux courriers aux sites d’information, connus et reconnus, Médiapart et au Huffington Post, partenaire du journal Le Monde.

Ce dernier demande un droit de réponse sous le motif « je suis cité en tant que Président UMP de la Région » pour le Huffington Post et « parce que l’article « comporte des informations imprécises et incomplètes, voire totalement erronées pour certaines », a-t-il évoqué pour ces deux médias.

« Il n’y a pas de transparence ici »

De son côté, Camille Sudre est revenu sur ce qu’il appelle « un projet scandaleux », dont les coûts vont être dépassés, « c’est inévitable », prenant appui sur la Chambre Régionale des Comptes. L’élu s’est étonné « on vient d’apprendre par voie de presse qu’il y aura un raccordement de l’ancienne route à la nouvelle route », coûtant près de 600 millions d’euros.

« Il n’y a pas de transparence ici » s’est insurgé ce dernier, qui a réitéré sa demande d’estimation pour la NRL. Pour l’heure l’estimation d’1,6 milliard d’euros a été fixée en 2010, depuis la situation a évolué, a expliqué en substance Camille Sudre. D’ailleurs « pour pouvoir vous justifier, vous dites que les entreprises ont répondu dans l’enveloppe, c’est farfelu ».

Camille Sudre a évoqué le problème des carrières qui « n’est toujours pas réglé ». Un problème soulevé également par Maya Césari qui a demande « quand est ce qu’on aura le schéma départemental des carrières ». Une question qui n’a pas trouvé de réponse claire et précise de la part de David Lorion.

Sur le plan financier, les élus se sont opposés aux différents votes, car les engagements de la Région vis à vis de le Nouvelle Route du Littoral vont entrainer une hausse des coûts, ont expliqué les élus. Pour sa part, Béatrice Leperlier a indiqué que « le projet de NRL est tout sauf un projet pour la jeunesse. Elle condamne les jeunes car il n’y a pas d’autre alternative de transport viable ». D’ailleurs, « les 12.000 emplois énoncés s’apparentent aux 2.000 bus promis ». « il faut arrêter les annonces » a ajouté cette dernière. Des annonces de la part de la Région qui envisage de demander à l’Etat d’intervenir directement pour la création de carrières.

Céline Tabou


Kanalreunion.com