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Décentralisation, APE, démocratie : l’Alliance porte le débat sur les dossiers essentiels

A l’assemblée plénière de la Région Réunion

Céline Tabou / 12 juin 2014

A l’occasion de l’assemblée plénière de mardi, plusieurs points ont été évoqués par l’opposition. Du Conservatoire Botanique de Mascarin, au Accords de Partenariats Economiques (APE), les élus de l’Alliance ont souhaité un éclairage de la majorité régionale.

Deux motions ont été déposé par le groupe de l’Alliance concernant le Conservatoire Botanique de Mascarin et « la ressource en matériaux de la route en mer ». Pour sa part, Elie Hoarau a évoqué l’importance des APE, desquels les élus ont été mis à part dans les négociations.

Céline Tabou

Pour une concertation populaire


Avant d’avoir vivement débattu avec la majorité sur la Nouvelle Route du Littoral, sa faisabilité, son coût et ses impacts, Béatrice Leperlier a évoqué la question des carrières. Les travaux de la route demande 18 millions de tonnes de matériaux, sous la responsabilité de la Région. Suite à l’attribution des marchés, la Région n’a pas « vérifié préalablement la disponibilité des ressources en matériaux sur le territoire de La Réunion », a évoqué Béatrice Leperlier, ajoutant que « les entreprises attributaires de ces marchés n’ont manifestement pas été en mesure de garantir l’approvisionnement en matériaux ».

La jeune femme a évoqué le schéma départemental des carrières qui « ne permet pas de répondre aux besoins de la route en mer ». Pour l’Alliance, « la Région a outrepassé la volonté des communes et des populations concernées », « ignoré les avis des instances environnementales en demandant au préfet de modifier le schéma départemental des carrières et engager la procédure du projet d’intérêt général (PIG) pour des sites d’emprunt ». La décision de la Région est qualifiée de « passage en force », Béatrice Leperlier a mis en exergue « l’insuffisance des études d’impacts ayant été menées préalablement à la déclaration d’utilité publique du projet par le préfet ».

Pour ces raisons, l’Alliance demande à Didier Robert de « rapporter ses délibérations relatives à l’engagement de la procédure du PIG pour des sites d’emprunts », « d’ouvrir une réelle concertation avec les communes concernées par les projets d’ouverture de nouvelles carrières et par les impacts du chantier de la route en mer », et « d’informer la population réunionnais de l’exhaustivité des sites des carrières qu’elle envisage d’exploiter ».

Difficultés financières du CBM


Agréé par le Conservatoire Botanique National en 1986, le Conservatoire Botanique Mascarin est l’unique Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement dans l’Outremer. Il a rencontré des difficultés financières, compensées par le Conseil Général dans sa gestion du domaine de Colimaçons. Maya Césari a rappelé la mise en place d’une mission de soutien à la coopération régionale avec les Seychelles, les Comores et Maurice, possédant « une biodiversité exceptionnelle » en « danger d’extinction ».

Pour pallier les difficultés de l’association, dues en partie à la lenteur des prestations de l’Etat en matière de CNB-CPIE et à « l’absence de financement pérennes de certaines collectivités », le groupe de l’Alliance, par la voix de Maya Césari, demande au Président de la Région, « de prendre contact avec l’ensemble des partenaires concernés afin de déterminer les conditions permettant d’assurer la pérennité de l’association dans un avenir immédiat » et « d’ouvrir la réflexion sur une évolution du statut actuel du CBN pour consolider sa pérennité sur le long terme ».

Des dossiers cruciaux pour La Réunion


Elie Hoarau a évoqué les fonds européens alloués à la Région, « si l’on met en œuvre l’application de la règle qui prévaut à l’Union Européenne, il y a un dégagement d’office qui va se produire ». L’élu explique qu’en cas de non utilisation de l’ensemble des fonds par la Région, « l’argent de l’Europe repartira dans les caisses de l’Europe ». D’ailleurs, concernant le POCT, « un dégagement d’office a déjà eu lieu ». Ce dernier a évoque l’inquiétude de son groupe et des acteurs économiques sur « la capacité de la Région à gérer le FEDER lors de la prochaine mandature ».

Concernant la prochaine programmation, « nous sommes tenus à l’écart des arbitrages, on ne connait pas la maquette du projet initial identifié. On demande de prendre acte de l’arbitrage mais on n’a pas le contenu » de ceux-ci. Le groupe demande plus d’information, car il y a un risque de « détournement du FEDER au profit de la nouvelle route du littoral », a indiqué Elie Hoarau.

Ce dernier a noté l’absence de cette question dans le Bilan d’activité 2013 de la Région, alors qu’il s’agit d’un « dossier crucial pour La Réunion ». Ce dernier a évoqué les deux motions présentées en Assemblée plénière concernant l’octroie de mer et l’avenir du sucre, « mais pour les APE, il n’y a toujours rien ». Déplorant ce manque dans les débats, Elie Hoarau a indiqué que « si on veut être plus compétitif, il faut maitriser les accords entre l’Union Européenne et les pays de la zone », qui vont être signés par l’Etat.

Pour un débat sur la décentralisation


Elie Hoarau a évoqué la volonté du gouvernement de réformer le territoire, « le projet s’accélère, le 18 juin, le projet sera présenté au Conseil des ministres et dans la suite au Sénat puis à l’assemblée générale ». Pour ce dernier « on doit faire entendre notre voix, on avait demandé un débat entre nous, vous l’aviez accepté’. « Le moment est venu d’avoir ce débat », a assuré l’élu de l’Alliance.

Ce dernier s’est étonné de la procédure faite par le Président de la Région, en effet Didier Robert a envoyé un courrier demandant les propositions du groupe de l’Alliance concernant la décentralisation. Une demande faite aux élus socialistes, selon Christine Soupramanien. Toutefois, cette demande a été rejeté par les deux groupes qui souhaitent une concertation et une réflexion commune sur ce dossier. « On veut les partager et avoir celle des autres groupes, il ne s’agit pas seulement de donner des idées mais de partager », a indiqué l’élue socialiste.

Cette dernière a ajouté qu’"on sait où on est mais on ne sait pas où on va ? ». Face à ces deux interventions, Didier Robert a abondé pour « un débat », cependant « le gouvernement change d’avis toute les deux semaines, c’est le flou total ». Ce dernier préfère attendre « des bases » pour pouvoir débattre en assemblée de la réforme territoriale.


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