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Défendre réellement les RUP auprès de l’Union Européenne

Younous Omarjee, tête de liste de l’Union des Outremer

Céline Tabou / 16 mai 2014

A l’occasion d’un point presse, le candidat aux élections européennes, Younous Omarjee a évoqué des points de son programme et dénoncé « la démagogie » des candidats n’ayant aucune « connaissance des instances européennes ».

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Younous Omarjee, député au Parlement européen et candidat à sa réélection, et Bruno Lorion, son colistier réunionnais.

En présence de son colistier réunionnais, Bruno Lorin et de son collaborateur, Olivier Plumandon, le député sortant a mit en avant les enjeux de cette élection. Plusieurs sujets étaient posés sur la table lors du point presse : la coopération régionale, l’emploi, le secteur agricole, la stratégie Europe 2020 mais aussi le bilan du député sortant, Younous Omarjee de ses deux dernières années au Parlement européen.

Des dossiers maitrisés pour l’avenir des RUP

Sur la question de la coopération régionale, Bruno Lorion a mis en exergue son expérience au cours de ces dernières années à la Région et aujourd’hui au Département, assurant que les programmes européens en la matière peuvent « être amplifiés et renforcés » mais aussi « déclinés dans des champs de développement avec les pays de la zone, comme la sécurité civile, l’agriculture » et pas seulement l’éducation.

D’ailleurs « dans les négociations sur la coopération territoriale, il a fallut se battre pour obtenir un assouplissement du critère des 150 km handicapant les RUP », a indiqué Younous Omarjee. Il s’agit d’une règle indiquant que deux pays et/ou régions ne doivent pas avoir de frontière de plus de 150 km de distance l’une d’entre elle, a expliqué Olivier Plumandon. Une « règle incompréhensive », désormais assouplie permettant aux régions ultrapériphériques d’obtenir d’avantage d’aide européennes. Cependant, « ce sont aux collectivités de s’en servir et d’en faire la demande ».

Outre les thèmes évoqués, le bilan de Younous Omarjee reste positif, notamment en ce qui concerne le Rapport sur les Outremer, qui est « au cœur de la stratégie Europe 2020 ». Une stratégie au sein de laquelle « il y a des défis » et « on doit essayer de tirer au maximum de ces programmes », d’autant plus que l’Union Européenne « a décidé de faire de la compétitivité d’alpha et l’oméga de tout ». Une remarque constatée lors des négociations sur la politique de cohésion, dont dépend La Réunion, « on a sauvegardé les grands principes mais il y a une dénaturation de cette politique ».

Etre présent pour défendre les ultramarins

« Il faut être présent à Bruxelles pour voir comment les fonds structurels sont attaqués de partout », a déploré Younous Omarjee. Ce dernier pointe du doigt « les courants offensifs, très libéraux, qui veulent faire disparaitre les fonds structurels ». Des attaques grandissantes dans un contexte économique et social européen détérioré, prétexte pour les détracteurs de vouloir détourner l’argent vers des « objectifs de compétitivité », c’est pourquoi « il est extrêmement important de ne rien perdre », en matière de subvention.

D’ailleurs, sur la question de la clause de « conditionnalité macro-économique » (évoquée dans notre édition d’hier), Younous Omarjee a expliqué que ce critère déclenche des sanctions si un Etat ne respecte pas les 3% de déficit du PIB, « cette clause injuste a été introduite dans les règles de la politique de cohésion alors qu’on a protégé toutes les autres politiques de cette conditionnalité macro-économique ». Le député a dénoncé le président français, François Hollande, qui « a créé les conditions pour qu’une épée de Damoclès pèse aujourd’hui sur les fonds structurels, dévolus à l’ensemble des régions européennes » et ultrapériphériques.

D’ailleurs, « la France n’a jamais été capable de respecter ce critère de déficit, en dépit des efforts, ils sont loin d’atteindre les objectifs ». « Les mécanismes vont être déclenchés, et on ne pourra pas attendre la gentillesse de la Commission Européenne » a expliqué le député. Cependant, « on a fait en sorte que les conditions de procédure de déclenchement des sanctions soient nombreuses. Il faudra donc une catastrophe pour arriver à la suspension des fonds structurels ».

« Porter un regard après 2020 »

Pour Younous Omarjee, l’élection possède un enjeu capital pour les Régions Ultrapériphériques (RUP), car il s’agit de faire en sorte que les politiques européennes permettent un développement économique et social des Outremers, et notamment de La Réunion. Pour cela, « il faut porter un regard au-delà de 2020, en consolidant la politique régionale après la période 2014-2020, car il va y avoir des attaques encore plus fortes ».

Muni d’un bilan concret, le député sortant Younous Omarjee a exposé certaines de ces propositions pour la période 2014-2020, mais pas seulement. Concernant la politique régionale, ce dernier propose la mise en œuvre d’une étude d’impact des accords avec les pays tiers fixés par la Commission Européenne sur les produits régionaux ainsi que la concertation de l’ensemble des acteurs concernés, afin notamment d’introduire « des clause de sauvegarde pour nos productions locales ».

L’Union des Outremers, menée par Younous Omarjee propose également la création d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) ou Appellation d’Origine Protégée (AOP), car « trop peu de nos produits locaux sont couverts par un label. Il faut facilité les procédures ». Ce dernier a évoqué le travail réalisé avec des producteurs de lentilles de Cilaos « pour protéger nos productions ».

Autre point évoqué, « sortir de l’enferment par des politiques de solidarité ». L’ensemble des RUP, sauf la Guyane sont des terres de volcan, « je propose pour être à la pointe, de mettre en place un grand projet européen sur la vulcanologie, la sismologie ». Mais aussi de former les jeunes aux métiers de la mer et des grands fonds océanique, qui sont un « nouvel horizon de développement », a indiqué ce dernier à Mayotte.

 Céline Tabou 

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Appartenant à des partis dilués dans les grands groupes du Parlement européen, les concurrents de Younous Omarjee ne feront pas entendre la voix des Réunionnais.

« Arrêter de dire n’importe quoi »


Lors de ce point presse, Younous Omarjee est revenu sur les déclarations de certains de ses concurrents affirmant qu’il fallait faire partie d’un groupe politique majoritaire pour peser au Parlement. Affirmant que cela n’était pas le cas, ce dernier a indiqué « il suffit de voir la mandature » précédente. En effet, le Parti Socialiste Européen (PSE) avait un représentant dans les plus hautes instances, et pourtant les députés socialistes ne sont pas parvenus à influer sur les décisions votées au Parlement.

Prenant pour exemple le député socialiste Patrice Tyrolien, du Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, Younous Omarjee a indiqué que ceux qui disent qu’il faut être d’un grand parti majoritaire pour peser, il s’agit là d’un « réquisitoire terrible contre le député Tyrolien, qui appartient à la majorité au Parlement européen », mais qui « n’a eu aucun impact sur les décisions prises », notamment en ce qui concerne les RUP. Ce dernier a d’ailleurs voté pour la majeure partie des lois, comme le maintien de l’UE dans le nucléaire, le contrôle aux frontières intérieures de l’UE, entre autre.

Face à cette démagogie, Younous Omarjee a affirmé : « On n’a pas aujourd’hui le temps d’attendre pour apprendre » en raison des nombreux dossiers à traiter dès la rentrée parlementaire de juillet. « Il faudra être en capacité » de négocier et d’influer lors des débats.

« On se bat pour l’ensemble des filières » agricoles.


« Tout le monde savait qu’il y avait des perspectives de suppression des quotas depuis 2005, sinon on n’aurait pas eu le rapport Fruteau » a rappelé Younous Omarjee. « Les quotas devaient tomber en 2014, mais en 2014, le Parlement a proposé de pousser le sursis jusqu’en 2020. Le report de 2020, était la position du Parlement, alors que la Commission Européenne voulait supprimer immédiatement les quotas ». Ce sont « les chefs d’Etat qui ont alors coupé la poire en deux, à travers un accord interinstitutionnel, fixé à 2017 ». « On est revenu au Parlement avec la proposition de 2017. J’ai voté contre. Mais je note que celles et ceux qui parlent aujourd’hui, leurs députés ont voté pour la fin des quotas en 2017. Faut avoir un peu de décence, les députés socialités et de droite des Outremers ont voté pour ».

Pointant du doigt la responsabilité de François Hollande qui a voté pour la Politique Agricole Commune (PAC), Younous Omarjee a dénoncé le vote des députés ultramarins et des députés du groupe majoritaire socialiste. Ce dernier doute que le président français remette totalement en cause la PAC, afin de lever la suppression des quotas.

Face à cela, le candidat propose le maintien des revenus des planteurs, à travers des aides européennes, mais aussi « il faut se battre sur le POSEI, qui est le programme spécifique qui échappe aux attaques ». En effet, « les aides du POSEI sont sanctuarisées », il y a là la possibilité d’agir pour le secteur agricole a expliqué Younous Omarjee.

Ne rejetant pas les propositions de Jean-Claude Fruteau, Younous Omarjee a indiqué qu’il « faut être en capacité de les mettre en œuvre ». « Il faut dire la vérité aux planteurs », car la PAC étant adoptée, il est impossible de remettre en cause la suppression des quotas. Raison pour laquelle, « il faut tout faire pour se battre pour la filière canne qui est le pivot de l’économie réunionnaise. Si on déstabilise la filière canne, on remet en cause toute les autres filières : élevage, maraichage, horticulture, entre autres. « On se bat pour l’ensemble des filières » agricoles.



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  • Comparé aux autres candidats, Younous OMARJEE est le candidat Domien et Réunionnais le plus crédible. Les autres ne remettent pas en cause le système et prônent l’exil de notre élite, tout en favorisant la conquête des postes et des nouveaux emplois, par des personnes étrangères à notre département.
    Procédé soutenu par l’ensemble de la classe politique afin de retarder la rébellion de notre jeunesse.
    Younous OMARJEE n’a pas été imposé par un état major parisien, complètement indifférent, insensible à nos grandes difficultés et des graves inquiétudes pour l’avenir de notre jeunesse.
    Cependant, Younous pourrait se montrer plus convainquant en s’appuyant sur des dispositions de développement régional européen, outil que l’U.E. met à la disposition des RUP. Il semblerait que ce dispositif n’est exploité que par les Açores ou les Baléares. Il a permis de développer ces îles en favorisant la production locale et l’exportation. (L’importation et l’octroi de mer sont les fléaux du désastre économique, social et politique).
    Ce mécanisme spécifique de développement de ces zones ultramarines a engendré une inversion de la courbe du chômage, pourtant conséquent, à l’image des DOM.
    Devant la catastrophe de notre situation économique et sociale, de l’exclusion, de l’exil et la déportation, du taux de chômage, de pauvreté et d’illettrisme de notre pays, ne serait il pas opportun de se saisir, également, de ces dispositifs ?

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