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Dégradation de la situation économique en France

Quelles conséquences pour La Réunion ?

Céline Tabou / 19 février 2013

Après avoir annoncé que le double objectif d’une croissance de 0,8% et d’un déficit de 3% du PIB ne serait pas atteint en 2013, le gouvernement a décidé de lancer de nouvelles mesures d’économies budgétaires basées sur les prévisions de croissance et de déficit publié le 22 février par la Commission européenne.

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Didier Migaud, président de la Cour des comptes, a évoqué la possibilité de taxer les allocations familiales et les pensions de retraite.
(photo Toniox)

L’année 2013 aura connu une croissance nulle laissant craindre par les économistes, un même schéma pour cette année. Le "Consensus Forecasts" (1), cité par le quotidien "Les Echos", a annoncé avoir abaissé le taux de croissance du mois de février, tablant sur une stagnation complète de l’économie (0%) contre une petite hausse du PIB de 0,1% attendue en janvier 2013.

Des chiffres plus mauvais que prévu

Selon les économistes, la croissance pourrait diminuer au mois de mars, car les dernières données recueillies ont été faites avant l’annonce par l’Insee, d’une contraction du PIB de 0,3% au 4e trimestre. Cette prévision laisse entendre une absence de relance pour le début 2013, mais un « léger handicap de croissance de -0,16% ». Dans les jours à venir, le gouvernement devrait abaisser ses perspectives de croissance, bien au-delà de 0,8% comme annoncé dès l’entrée de François Hollande à l’Élysée.
Il s’agira alors d’une prévision de consensus, parce que celle-ci est une moyenne réalisée à partir des différents instituts comme HSBC qui prévoit une croissance de +0,7% ou Oddo Securities, avec -0,5%. Deux écarts conséquents, au sein desquels le gouvernement devra trouver son nouvel objectif. De leurs côtés, le FMI et l’OCDE estiment que la croissance du PIB devrait être de 0,3% pour 2013.
Face à la dégradation de la situation économique de la France, le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici est resté confiant : « Je ne pense pas que notre crédibilité sera affectée si quelque chose d’exceptionnel se produit », a-t-il déclaré devant l’association de la presse anglo-américaine, le 18 février. L’objectif principal du gouvernement est « de réduire le déficit structurel, hors aléas de la conjoncture ». Cependant, pour l’heure, le ministre de l’Economie et des Finances a indiqué qu’il communiquera les prochains résultats économiques et détaillera les prochaines mesures à prendre en cas de « circonstances exceptionnelles ».

De nouvelles économies

Après la réduction de 60 milliards d’euros des dépenses publiques prévue sur l’ensemble du quinquennat, les alliés de la France vont demander plus d’efforts, notamment pour relancer une croissance nulle. Les pressions devraient débuter vendredi 22 février, lors de la publication des prévisions de croissance par la Commission européenne. Pierre Moscovici a d’ailleurs rappelé que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, avait évoqué la possibilité d’un étalement de l’assainissement budgétaire en cas de circonstances exceptionnelles si l’effort structurel était maintenu.
Mais après le vote par les chefs d’Etat d’un budget de rigueur au sein de l’Union Européenne, la France devra, à l’instar de certains de ses voisins, demander plus d’efforts à ses contribuables, parmi lesquels, les foyers recevant l’allocation familiale ou ceux touchant une pension de retraite. En effet, Didier Migaud, président de la Cour des comptes, a évoqué la possibilité de taxer les allocations familiales et les pensions de retraite afin d’engendrer des recettes dans les caisses de l’Etat.
Autres mesures envisagées par le gouvernement la réforme de l’épargne financière, qui vise « à réduire l’écart entre la fiscalité de l’épargne directe, soumise au barème de l’impôt sur le revenu depuis cette année, et la fiscalité sur l’épargne intermédiée, qui, elle, n’a pas évolué », a indiqué "Les Echos". L’autre objectif de cette réforme serait de « mieux orienter l’épargne vers le financement de l’économie ». Le gouvernement envisage également le développement de la fiscalité écologique, qui permettra de financer à hauteur de 3 milliards d’euros d’ici à 2016 le crédit d’impôt compétitivité. L’équipe de François Hollande réfléchit à une imposition sur la fortune, à la taxation des données numériques et une fiscalité des plus-values de cession, sujet de tension entre Etat et entrepreneurs.

Céline Tabou

(1) Le Consensus Forecasts réactualise chaque mois les prévisions de 25 instituts publics et privés.

Taxer les allocations familiales

Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a préconisé dimanche 17 février de fiscaliser les prestations familiales afin d’augmenter les recettes de l’Etat. « Les prestations familiales, les allocations familiales, le fait qu’elles soient fiscalisées ou pas, c’est un sujet qui peut être mis sur la table. On peut considérer que c’est une prestation qui rentre dans les revenus et qui peut d’une certaine façon être fiscalisée », a indiqué Didier Migaud sur les ondes de la radio Europe 1, lors de l’émission Le Grand Rendez-vous.

Ce dernier a également indiqué que les majorations perçues par les retraités pourraient être taxés, « lorsque vous avez trois enfants elles ne sont pas fiscalisées. Le fait de les fiscaliser, c’est 800 millions d’euros supplémentaires ». De plus, l’Etat pourrait geler les retraites et réduire les aides aux entreprises. « S’agissant du régime général l’objectif de Bercy est d’économiser environ 1 milliard d’euros dès 2014 » puis de 6 à 7 milliards à l’horizon 2020, a indiqué le JDD.

Selon le quotidien, "le Journal du Dimanche", le gouvernement envisage sérieusement cette option, soit en soumettant les allocations familiales à l’impôt, soit en les baissant « d’un milliard l’an prochain puis de 1,5 milliard supplémentaire l’année suivante ». Dans ce cas, « les allocations seraient plafonnées ou accordées sous conditions de ressources comme cela est déjà le cas pour la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) ou les allocations », a cité l’AFP.

Le 12 février, la Cour des comptes avait demandé à ce que l’effort de redressement budgétaire soit porté sur des réductions de dépenses, après l’augmentation des recettes, estimant que les réductions de « niches fiscales » ne sont pas achevées, a indiqué Didier Migaud.


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