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« Dépasser le cadre qui a été mis en place en 1946 »

Silvie Mouniata

Témoignages.re / 28 mars 2013

Sylvie Mouniata est intervenue pour rappeler le contexte alarmant avant de donner la parole à Fabrice Hoarau qui a présenté les propositions du PCR. Voici en substance son discours.

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Il ne se passe pas un jour, si on n’entend pas à la radio et à la télévision, une nouvelle montrant que tel ou tel pays en Europe est au bord de la faillite.

Le chômage augmente et les populations sont en colère. On l’a vu en Espagne, en Italie, en Grèce et hier encore à Chypre.

A La Réunion, la situation est pire avec 163.000 demandeurs d’emploi, 52% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté national. Il existe 120.000 illettrés.

Quant aux demandeurs de logement, ils sont près de 30.000 familles dans l’attente d’un toit. Telle est la situation aujourd’hui.

Or, chaque année, ce sont aussi 10.000 bacheliers supplémentaires qui arrivent sur le marché du travail.

La situation devient explosive. Nous l’avons vu ces dernières semaines. Ici même à Saint-Louis, et ailleurs, un peu partout dans l’île. Le plus inquiétant, c’est que les solutions adoptées par le gouvernement ne résolvent aucun problème.

On va ici ou là calmer la colère des jeunes avec quelques contrats d’avenir, mais fondamentalement, cela ne règle pas la situation.

Et pourtant, la ministre qui est venue récemment à La Réunion a déclaré que le gouvernement est allé au bout de ce qu’il pouvait faire.

Pendant ce temps, d’autres menaces pèsent sur l’économie réunionnaise. Le Conseil des ministres de l’Europe a proposé de mettre fin au quota sucrier en 2017 : c’est-à-dire dans 4 ans.

Que deviendra notre production de cannes à cette échéance ? Nous risquons d’aller vers la plus grande crise agricole que La Réunion n’ait jamais connue — plus grave que la crise du vétiver, du géranium et de la vanille.

De plus, l’Europe est en train de passer des accords commerciaux avec nos pays voisins : les Accords de partenariat économiques (APE).

Les produits de ces pays où le coût de fabrication est très inférieur à celui de La Réunion viendront concurrencer notre production locale.

Que deviendront nos producteurs ?

Quant à la vie chère, à peine la liste Lurel publiée que le prix du gaz annulait ses effets.

Là aussi, la vraie solution, bien sûr, c’est de lutter contre le monopole et surtout rompre avec ce qui a toujours été fait à La Réunion : c’est-à-dire l’importation des produits de France ou d’Europe les plus éloignés de La Réunion alors que l’on peut s’approvisionner moins cher et plus près avec nos pays voisins.

Et quand le gouvernement nous dit qu’il ne peut pas aller plus loin, alors nous sommes inquiets.

Cela montre bien que toutes les solutions qui avaient été appliquées jusqu’ici dans les DOM et particulièrement à La Réunion ont atteint leur limite.

Si nous voulons éviter la catastrophe, alors il nous faut inventer d’autres solutions et dépasser le cadre qui a été mis en place en 1946.

Les solutions, c’est à nous Réunionnais de les trouver, chers amis, chers camarades. Pour notre part, le Parti communiste réunionnais, nous avons formulé des propositions, nous avons élaboré un projet pour répondre aux attentes des Réunionnaises et des Réunionnais.


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