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Dépasser les jeux partisans

Extension du SPLA à Saint-Pierre

Geoffroy Géraud-Legros / 24 octobre 2009

L’idéologie doit-elle déterminer l’accès au développement ? Il semble que malgré l’impact de la crise, cette posture demeure celle de certains acteurs de la vie politique réunionnaise.

Le 21 Avril dernier, la Région se prononçait en faveur de la création de la SPLA "Maraïna" — ainsi baptisée en hommage à l’une des premières habitantes de notre île —, à laquelle ont adhéré 15 communes. Hier, la commune de Saint-Pierre a annoncé qu’elle intégrait à son tour cet outil de travail et de développement collectif. Une décision qui montre l’aptitude d’un élu de La Réunion à faire primer l’intérêt général… et qui déclenche la colère des sectaires.

Un outil précieux pour la construction du développement durable

Issus d’un texte de 2006, les Sociétés publiques locales d’aménagement permettent de donner une perspective globale et concertée aux politiques d’aménagement.
À La Réunion, les compétences en la matière sont partagées entre la Région avec le Schéma d’aménagement régional (SAR), les intercommunalités avec le Schéma de cohérence territoriale (SCOT), les communes avec le Plan local d’urbanisme (PLU) et l’État. La mise en œuvre des politiques arrêtées dans ce domaine implique un grand nombre d’organismes et des procédures longues et complexes.
L’urgence que pose la situation de notre pays nécessite la création d’outils qui permettent de réagir de façon rapide et concertée aux défis de contemporains. Par les procédures simplifiées qui la caractérisent, la SPLA est l’un d’entre eux. Elle vient s’ajouter à d’autres projets qui, tels que GERRI, ou "Réunion Ile verte", mettent La Réunion sur la voie du développement durable.

L’intérêt supérieur de La Réunion

L’utilité de cet instrument n’a pas échappé à de nombreux élus réunionnais de diverses tendances. Lors de sa constitution, la SPLA avait été rejointe par les communes de l’Entre-Deux, de Saint-Joseph, de Trois-Bassins, de Saint-Leu… et rassemblant au final quinze communes de différentes couleurs politiques. L’adhésion du maire (UMP) de Saint-pierre, Michel Fontaine, qui devient ainsi la 16ème commune à intégrer la SPLA, est une étape supplémentaire dans la mise en commun des ressources et des initiatives nécessaires à un développement concerté.
Cette prise en compte, par l’élu Saint-Pierrois, de l’intérêt supérieur de sa commune et de La Réunion fait néanmoins grincer des dents dans son propre camp… Où certains ne comprennent visiblement pas que les enjeux partisans puissent parfois être dépassés pour des motifs d’intérêt général. Les représentants de la tendance “dure” n’ont pas étés avares d’anathèmes envers le SPLA… Ni d’adresses à l’égard des membres de leur courant de pensée, qui osaient transgresser les limites étriquées des jeux politiciens. On a ainsi entendu Jean-Paul Virapoullé parler de « dictature », tandis que l’élu saint-louisien Thierry Sam-Chit-Chong tançait les brebis égarées, dont il déplorait la naïveté, et qu’il promettait à un futur de désillusion et de « dépendance ».
Cette attitude, les Réunionnais peuvent la voir à l’œuvre quotidiennement dans le combat sans concessions que mènent les membres de ce même courant à l’encontre des grands projets de développement. Chacun se souvient des malédictions lancées hier contre la route des Tamarins ; chacun peut voir aujourd’hui l’activisme contre le Tram-train. Ce que chacun peut aussi voir, c’est que la route des Tamarins est achevée, que le projet de Tram-train est distingué au plus haut niveau et que l’impératif du développement durable est de plus en plus compris, au-delà les clivages politiques : ainsi, étape après étape, la réalité invalide les sectarismes.

Geoffroy Géraud


« Saluer ceux qui savent s’engager au-delà de leurs chapelles politiques »

Rencontré par "Témoignages", Raymond Lauret, représentant de la Région à la SPLA dit « Saluer l’initiative du Maire de Saint-Pierre ».
De manière générale, dit-il, « il faut saluer ceux qui savent s’engager au-delà de leurs chapelles politiques ». « La pratique, l’histoire », ajoute-t-il, « montrent que l’opposition frontale et violente n’est pas une fatalité. Ainsi, au Port, l’introduction d’une dose de proportionnelle au scrutin de 1977 a permis le retour au Conseil municipal d’André Gonthier, qui avait été Maire du Port entre 1962 et 1971. L’équipe au pouvoir lui avait alors demandé d’être rapporteur à la Commission des Finances. Lui-même avait d’ailleurs agi dans le même esprit, accompagnant Paul Vergès pour une tournée dans la ville après sa défaite en 1971… Geste fort dans le contexte radicalisé d’alors ».
« Pour ma part, prenant la Direction de l’EPFR, j’ai salué le travail réalisé par Stéphane Fouassin, qui m’y avait précédé, et est d’ailleurs devenu vice-président de la structure. On pourrait citer d’autres exemples, comme les propos récents de Cyrille Melchior, qui montrent que malgré la compétition, la politique n’est pas vouée être dominée par les tensions et l’incompréhension mutuelle ».

G.G.


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