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Dépenses somptuaires : pas de rigueur pour l’UMP-Réunion…

Pas la crise pour tout le monde

Geoffroy Géraud-Legros / 7 juillet 2010

Dans l’Hexagone, des ministres UMP ont été poussés vers la porte pour avoir gaspillé de l’argent public. A La Réunion, les dépensiers ne connaissent pas la crise : de Jean-François Sita à Daniel Gonthier en passant par Fabienne Couapel-Sauret, les dirigeants étiquetés “majorité présidentielle” parcourent le monde à grands frais, dans le but affiché de « promouvoir » notre île. Des déplacements qui pèsent lourd sur les finances de notre pays accablé par la crise, pour des résultats inexistants, voire négatifs.

Au moment où le Gouvernement s’apprête à faire tomber le couperet de la rigueur sur le peuple de France, les medias multiplient les révélations sur les dépenses somptuaires et le train de vie des membres de l’Exécutif. Craignant d’être entraîné dans le tourbillon d’“affaires” devenu crise politique avec l’affaire Woerth-Bettencourt, le chef de l’Etat –lui-même connu pour ses goûts ostentatoires- s’est fait l’apôtre d’un tournant moral, dont Alain Joyandet et Christian Blanc ont été les premiers à faire les frais.

«  Vive la crise !  »

Telle pourrait être la devise de l’UMP réunionnaise depuis son arrivée à la tête de la Région en avril dernier. A peine assis dans le fauteuil de Président, Didier Robert offrait à sa clientèle un festin et des concerts, pour un coût estimé à plus de 10.000 euros. Il rompait ainsi avec une tradition de réserve constante depuis l’apparition de l’institution, où l’élection d’un nouveau président n’avait jamais été célébrée jusque-là.

Bonbons cocos et fautes de français : 150.000 euros

En trois mois, l’UMP-Réunion n’a pas chômé pour rattraper la maison-mère dans le domaine des dépense somptuaires : en juin dernier, un courrier de quelque lignes avait assuré un financement de 150.000 à une association tamponnaise dirigée par un proche de Didier Robert, en vue d’une vague opération de promotion de nos bars et de nos bonbons cocos à Montélimar, où se déroulait la "Ronde des Régions". Une levée de fonds considérable pour notre île, adoptée par la majorité sans transparence ni communication sur le contenu de la manifestation. Si l’emploi exact de cet argent n’est toujours pas clairement identifié, on sait au moins qu’il n’a pas servi à rémunérer les correcteurs et rédacteurs de la Région Réunion : en fait de promotion de notre île, le vice-président à la Culture Jean-François Sita a infligé à l’auditoire un discours à la langue hésitante, dont la version écrite s’est avérée truffée de fautes de français.

Fabienne Couapel-Sauret voyage gratis

La coûteuse prestation de Montélimar a été d’autant plus remarquée qu’elle arrivait quelques jours seulement après l’épisode du voyage de Fabienne Couapel-Sauret à Bruxelles. A l’irritation de certains de ses collègues, l’ancienne élue UMP de Béziers, aujourd’hui vice-présidente aux 2.000 bus à La Réunion, avait fait le siège de Didier Robert afin d’aller "batt’ carré" aux frais du contribuable, à l’occasion du forum des Régions ultrapériphériques (RUP). Un déplacement que ne justifiait nullement le contenu de la rencontre, mais ajoutait une présence inutile à une délégation déjà nombreuse au regard des usages. Fort enthousiaste d’ordinaire lorsqu’il s’agit de parler d’elle-même, "avocate" autoproclamée de la chasse au gaspillage d’argent public, Mme Couapel-Sauret n’a pas jugé bon cette fois-ci de communiquer aux Réunionnais le coût, les buts et les résultats de sa visite-éclair dans la capitale belge.

Daniel Gonthier court le (beau) monde

Le rappel à l’ordre de Nicolas Sarkozy aura-t-il des répercussions sur les comportements de l’UMP-Réunion ? On peut en douter : il y a peu, la presse réunionnaise rapportait les “tribulations” du “globe-trotter” Daniel Gonthier, maire et conseiller général de Bras-Panon. Parti à Shanghaï faire la “promotion” de notre île, il y a quelques jours, le notable de l’Est n’aura eu que le temps de revenir dans sa commune pour changer de veste, avant de s’en aller porter ses valises au Brésil, où se joue un éventuel classement de nos montagnes au patrimoine de l’UNESCO. Cette décision interviendra le 31 juillet, en aval de la 34ème réunion du comité du patrimoine de l’UNESCO. En attendant, des questions demeurent en suspens : qui finance les tours du monde de l’édile pannonais ? Combien coûtent-ils ?

Des voyages pour rien ?

A ces interrogations s’ajoute celle de l’efficacité de ces coûteux déplacements. Car si les incessants voyages des dirigeants de l’UMP affichent l’objectif vertueux de défendre La Réunion dans le contexte de la mondialisation, on peut douter qu’ils atteignent leur but.
Les fautes d’orthographe de Jean-François Sita à Montélimar n’ont pas précisément amélioré l’image de notre pays.
On ignore toujours ce que Fabienne Couapel- Sauret a bien pu raconter au sommet des RUP ; il vaudrait d’ailleurs mieux pour notre réputation qu’elle n’ait pas trop parlé.
On sait, en revanche, que Daniel Gonthier n’aura pas voix au chapitre lors de la réunion du Comité du patrimoine de l’UNESCO : la présence aux réunions de cet organisme est limitée aux membres du comités et aux observateurs. Or, l’élu panonnais n’est ni l’un ni l’autre. Son séjour lui laissera tout le temps de "batt’carré" quelques jours durant dans la capitale brésilienne… un bien beau voyage en perspective pour le maire de Bras-Panon, auquel personne ne trouve à redire du côté de l’UMP-Réunion, dont les dirigeants montrent qu’à défaut de construire, ils savent vivre. Voilà qui doit faire envie à MM. Blanc et Joyandet, qui ont dû abandonner des positions ministérielles pour des cigares et un vol en “jet” privé…

Geoffroy Géraud-Legros


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