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Derrière le Rideau de canne

28 oktob : zourné internasional lang ek kiltir kréol

Témoignages.re / 19 octobre 2012

Le mouvement « bannzil kréyol » jette les bases d’une revendication internationale, en 1979 : la reconnaissance de la langue et de la culture créoles. Parti des Seychelles, ce mouvement va irriguer l’ensemble des peuples créolophones, estimés à plus de 10 millions de personnes. 30 ans plus tard, notre créole réunionnais est l’objet d’attaques incessantes. Mais il résiste !

Entre la « Journée mondiale du patrimoine audiovisuel » et celles « des accidents vasculaires cérébraux » et « du psoriasis », se trouve la Journée internationale de la langue et de la culture créoles. On peut s’interroger sur la pertinence de ces « célébrations » où l’on compte par ailleurs la Journée mondiale du tricot, de la plomberie ou encore celle de la lenteur pour ne citer que les plus improbables. Pour autant, on ne peut nier l’apport influent de cette journée internationale vouée à la langue et à la culture créoles.
C’est en 1979 que les Seychelles accueillent un colloque international consacré à l’étude des créoles. Linguistes, militants, scientifiques et artistes se regroupent ensuite dans le mouvement « Bannzil kréyol ». En 1983, la date du 28 octobre est officialisée. Auparavant, la voix du créole est portée par des pionniers parmi lesquels — notamment — les fondateurs de la revue « Rideau de canne », regroupés à Paris dans l’Union générale des étudiants créoles de La Réunion (UGECR), qui, au début des années 60, contribuent à défricher les sentiers marrons de la résistance et à cristalliser la conscience réunionnaise. Nous sommes en pleine répression avec notamment l’ordonnance Debré, dite scélérate.

Polémique autour d’un poème créole

Dans le « Rideau de cannes », on découvre une poésie engagée, une approche expérimentale de la graphie, des dossiers sur des sujets encore sensibles : « Créole ou Zoreil », « Ordonnance et colonialisme », « Contributions à l’étude de notre langue créole réunionnaise », « Deux siècles d’esclavage : histoire des esclaves et du marronnage à La Réunion », etc… Les acteurs de ce mouvement sont aujourd’hui reconnus comme les « novateurs qui ont tracé la voie de la promotion de la langue créole et de la littérature réunionnaise. » (La Littérature réunionnaise d’expression créole, Alain Armand et Gérard Chopinet, L’Harmattan, 1984).
Le chemin parcouru depuis est considérable et c’est pourquoi les attaques se font plus virulentes ou insidieuses… Entre « La langue créole est un frein au développement de l’enfant (…). Le créole est inutile » lancé par un élu sur une radio nationale ou encore le « patois sympathique » et le « kréol KK », désormais classiques du genre, sans oublier les interdictions à répétition dans le milieu scolaire, on nie à la langue créole sa faculté d’être vecteur de valorisation sociale. Saluons ici l’action de Lofis la lang créé par Axel Gauvin qui œuvre au quotidien pour faire évoluer les mentalités. Et rendons hommage à celui-là justement dont un des poèmes*, choisi pour être imprimé sur la plaque UNESCO du Parc National des Hauts, a provoqué une polémique, il y a deux mois... Shomin la lé long mé nou larg pa !

 Nathalie Valentine Legros 

*Mon koeur i galope dann santié kabri i grinpe dessu Taïbit.
Lu assiz en roi dann la Kavérne Decotte.
Ala mon lodeur brande, kank brouyar i lève,
Kank la kloche Boi-d’ranpar i sonne pa po la mor
Kank vieu gramoune Picard devan volkan i rève.
Axel Gauvin



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  • "Entre la « Journée mondiale du patrimoine audiovisuel » et celles « des accidents vasculaires cérébraux » et « du psoriasis », se trouve la Journée internationale de la langue et de la culture créoles. On peut s’interroger sur la pertinence de ces « célébrations » où l’on compte par ailleurs la Journée mondiale du tricot, de la plomberie ou encore celle de la lenteur pour ne citer que les plus improbables. Pour autant, on ne peut nier l’apport influent de cette journée internationale vouée à la langue et à la culture créoles."

    ou koné poukoué i avanss ti pa, ti pa, poukoué ! nou lé pa asé respekté, é ké noutt identité lé maltrété, parse ké, nou la pwin la raze an nou, nou kass pa asé lo né bann d’moune i moukatt anou. Sa lé mon santiman.

    Amwin in ékri kom an lèr la, mi fé pa sa, mwin mi di arett poze kestyon ,si isi laba, na lontan nou fé sa, i marsh pa tousalala.
    Mé, nou la pèr, i fo nou lé dann la diplomasi, la politik korek, pou ginye noutt bravo, pou ginye son " li koze biyin", "li lé pa violan" li lé toléran" e pandan lo tan, kabri manze salad.

    Mi di pa, pou lo lartik là, mé pou toutt zafèr , sa sé in exanpe.

    an plis ké sa, la lang kréol lé tro axé sir lékri, pou mwin i fo alé ver "lo kréol a lekol " e là, il dovien pli larz, pli ouver. Parseké la lang kréol lé "intout in lansanb de zeleman. Mwin nana in aprosh pou ginye la konfyanss,pou prann konsyanss domoun, pou domoun i viyin vitman, anferm pas zott dann in lékritir, koze si lo bann zéléman la nouri azot, la mett anou doboutt, noutt lidantité. Mwin mi fé komsa, mwin la konvink, dé trwa , forte tett komsa.

    Mi di pa ké pa dann kour lansinnyeman "la géo, l’histoire" i fé pa, mé lo koseman, dann laproshe, parseké dann koko d’moune, sé lékri, i kal azott.
    Aprés sa, kan toutt domoun, la ginye konsyans, personn i di arpi in nafèr si nou. Mersi. bon lantanteman.

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