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Derrière les injures, la reculade

Tram-train

Geoffroy Géraud-Legros / 5 juin 2010

Une interview bien loin de la dignité et du sérieux qu’on pourrait attendre d’un président de Région. Telle est l’impression qui se dégage de la conférence de presse donnée par Didier Robert avant-hier pour annoncer la fin du tram-train. Dépourvu d’arguments pour défendre l’indéfendable, Didier Robert a multiplié les attaques grossières contre l’ancienne équipe. Dans le but de masquer un recul vis-à-vis des promesses de la campagne... Didier Robert a enterré le tram-train en refusant d’exiger un complément de financement de l’État... Ce qui aurait été pourtant le rôle d’un élu réunionnais soucieux de l’égalité de sa Région avec les Régions métropolitaines. Va-t-il maintenant enterrer sa promesse de route du littoral à 6 voies, dont 2 pour les bus ?

C’est accompagné de Dominique Fournel et flanqué de son omniprésente conseillère Fabienne Couapel-Sauret que Didier Robert s’est — enfin — exprimé au sujet du tram-train. Après une période de confusion volontairement entretenue, le dirigeant UMP a, comme on pouvait le supposer, annoncé la mort du chemin de fer des Réunionnais. Ceux qui espéraient une explication rationnelle et argumentée de cette décision d’importance historique en ont été pour leurs frais. Au lieu de parler en président de Région, Didier Robert a préféré continuer dans le registre du candidat, mêlant attaques personnelles, dénigrement, atteintes à l’honneur et… promesses irresponsables.

Didier Robert : injures et polémiques

Le président UMP a délibérément rompu avec l’usage républicain qui veut qu’au-delà du légitime "droit d’inventaire", un changement de majorité régionale s’accompagne d’un certain respect envers l’équipe sortante et d’un esprit de continuité de l’intérêt public.
Malheureusement pour le crédit de l’institution régionale, Didier Robert n’a pas craint de surenchérir dans la polémique. À l’en croire, l’élaboration du projet tram-train n’aurait été que « mensonges, manipulations, totale opacité ». Les évaluations, les études menées par des spécialistes pour réaliser ce grand projet ? De l’argent « dépensé en pure perte », selon lui. Sans crainte du ridicule, le président de la Région s’est essayé à jouer les menaçants, se « réservant le droit de porter cette affaire devant la justice, pour une mise en cause de la responsabilité des élus concernés ».

Fournel, Lagourgue, Devedjian : complices de Vergès…

Déclaration confondante, qui montre que soit Didier Robert n’a rien à dire, soit il prend les élus de sa majorité et les plus hauts responsables de l’UMP et du Gouvernement pour des gens fort peu recommandables. Lors de l’interview, il aurait suffi à Didier Robert de tourner la tête vers la droite, pour « pointer » l’un des « responsables » de cet « échec sans précédent ».
Il aurait alors aperçu Dominique Fournel. Élu au sein de l’Assemblée sortante, ce dernier fut un complice avéré du crime de cette dernière, en votant régulièrement en faveur du tram-train. Didier Robert pourrait aussi s’adresser à son premier-vice Président, Jean-Louis Lagourgue, qui a été lui aussi en son temps un chaud partisan du tram-train. S’il est logique avec lui-même, le président UMP de la Région ira au plus haut niveau demander des comptes à Patrick Devedjian, ministre de la relance. Celui-ci ne s’est-il pas gravement compromis dans « cette affaire » en décernant un prix à Pierre Vergès pour le tram-train, au titre du "défi relevé" ? Une distinction qui, comme l’indique toujours le site public www.secteurpublic.fr, récompense « la pugnacité et la détermination à relever de nombreux défis pour sa mise en œuvre : maîtrise du dialogue compétitif, défi technique, enjeux environnementaux ».

… ou simples d’esprit ?

D’après le raisonnement de Didier Robert, Patrick Devedjian et l’ensemble du jury du concours des Partenariats publics privés (PPP) auraient sciemment couvert « un gigantesque bluff ».
À moins qu’ils ne soient quelque peu simples d’esprit, ce qu’à d’ailleurs l’air de suggérer le président de la Région Réunion au sujet d’un autre dirigeant de l’UMP, le ministre des Transports Dominique Bussereau. "Coupable" d’avoir envisagé positivement la possibilité d’une dotation ferroviaire, ce dernier s’est vu rappeler à ses chères études par Didier Robert, qui l’accuse d’être « allé au-delà de son rôle ». Dominique Bussereau, qui a la responsabilité des chemins de fer dans l’ensemble de la France, appréciera sans doute la leçon donnée par le dirigeant élu depuis deux mois d’une région dépourvue de train depuis 45 ans…

Didier Robert recule

Que dissimulent ces menaces qui n’impressionnent pas et ces invectives qui déshonorent celui qui les profère ? Tout simplement le recul sur tous les plans de Didier Robert, incapable personnellement et matériellement de tenir ses promesses. Une déficience dont la Région a commencé d’ailleurs à montrer des symptômes. La préposée aux 2.000 bus Fabienne Couapel-Sauret prévient déjà que « le calendrier est serré », et promet « un projet avant la fin du mois ». Un « projet » ? Celle qui exigeait hier tout et tout de suite est aujourd’hui bien moins exigeante qu’elle ne l’était lorsque la direction de la Région ne lui plaisait pas. Didier Robert ayant promis l’accès de son "Trans-éco express" dans chaque ville, village et écart de La Réunion avec voie pour les bus, il ne faudra pas être trop pressé de voir rouler les véhicules de Fabienne Couapel-Sauret sur leurs voies réservées.
D’autre part, alors que le président de la Région continue de claironner sa "Route à 6 voies", Dominique Fournel ajoute en sourdine « qu’il ne faudra pas forcément élargir cette route à outrance pour y ajouter une voie dédiée aux bus ». En clair, l’ouvrage pharaonique promis n’est pas près d’affronter les flots. Signe : le service communication de la Région a finalement renoncé à insérer l’image de synthèse de la future route du Littoral dans la publicité diffusée hier dans deux quotidiens sur trois, lui préférant une photo de la route telle qu’elle est…
Au mieux, apprend-t-on, sera-t-il possible de donner un « coup de pioche » d’ici trois ou quatre ans. Bien plus de temps qu’il n’en faut aux ouvriers et entrepreneurs du bâtiments pour s’enfoncer définitivement dans le chômage et la crise... et à l’économie et à la société réunionnaises pour étouffer dans les embouteillages.

Geoffroy Géraud-Legros



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Messages






  • de toutes maniéres didier robert payera un jour son erreur au sujet de la destructions de deux projets qui donnaient pour quelques années des milliers d’emplois aux reunionnais, ce n’est que par haine et méchanceté qu’ils a pris ces mesures sans ce soucier du mal qu’il allait faire à l’économie réunionnaise ! à la réunion il est minoritaire en voix, un jour les socialistes de michel vergoz comprendront l’erreur qu’ils ont faite en ce maintenant au 2iéme tour et reviendront à la raison lors de prochaines élections ! alors espéront que ce jour là arrive vite et didier robert ser renvoyé à sa mairie !

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  • Geraud LEGROS BRAVO TRES BON article

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