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Des citoyens des USA dirigent toutes les institutions financières internationales

Un événement historique en pleine crise économique

Céline Tabou / 17 mai 2011

La première conséquence de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn sur le territoire des États-Unis, c’est l’accession d’un ressortissant de ce pays à la direction du Fonds monétaire international. Pour la première fois, ce sont des citoyens des États-Unis qui dirigent toutes les institutions financières internationales, et cela au moment où ce pays tente un nouveau coup de force en créant plus de 600 milliards de dollars.

L’arrestation de Dominique Strauss-Kahn a une première conséquence qui s’apparente à un événement historique : un Américain est propulsé à la direction du Fonds monétaire international. C’est en effet John Lipsky qui est nommé par intérim à la tête de cette institution financière. La Banque mondiale est elle aussi, dirigée par un ressortissant des USA.
Depuis la création des institutions de Bretton Woods, il est en effet de tradition que le directeur de la Banque mondiale soit un ressortissant des États-Unis, alors que c’est à l’Europe que revient celle du Fonds monétaire international.
Lors de la nomination de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI, des voix s’étaient faites entendre pour réclamer une meilleure prise en compte des pays émergents.
Mais au moment où le FMI voit son directeur mis en état d’arrestation sur le territoire des États-Unis, c’est un ressortissant de ce pays qui est propulsé à la tête du FMI. Pour la première fois, ce sont deux citoyens du pays du dollar qui dirigent les deux institutions internationales. Cet événement intervient au moment où les États-Unis sont en train d’inonder le monde de leurs dollars. La Banque centrale américaine a en effet prévu de créer 600 milliards de dollars d’ici le mois de juin, une initiative soutenue par la Maison Blanche.


Paul Vergès et la mise en cause de DSK

Paul Vergès a réagi hier après-midi aux développements concernant Dominique Strauss Kahn, c’était quelques heures avant la comparution de ce dernier devant le tribunal. Paul Vergès a dit avoir une pensée pour le directeur du FMI, et aussi pour la victime. Le président de l’Alliance indique que le départ de Dominique Strauss Kahn de la direction du FMI peut être le moment de confier la responsabilité de cette institution à un citoyen venant d’un pays émergent.


Les silences de l’Élysée et de Barack Obama

En raison de son interpellation, Dominique Strauss Kahn a dû annuler sa visite à Berlin, dimanche, où il devait rencontrer la chancelière Angela Merkel, ainsi que sa présence, lundi, à la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. Ce dernier devait également tenir deux discours : l’un au 12ème Forum économique de Bruxelles et le second au Peterson Institute sur "Reprise et coopération mondiales : les défis à affronter".
La Grèce s’inquiète de cette arrestation, le directeur du FMI était l’un des soutiens du gouvernement grec pour plaider auprès des Allemands réticents une seconde enveloppe d’aide. De son côté, le gouvernement américain n’a pas tenu à commenter l’arrestation de DSK, mais s’est déclaré confiant dans le fonctionnement normal du FMI. Mettant à mal l’hégémonie américaine dans le domaine des finances, DSK avait donné plus de place aux pays émergents, comme la Chine, dont il avait cru à l’efficacité du plan de relance en 2008. Voyant la chute de Lehman Brothers, DSK avait évalué, dès 2007, les failles du système bancaire.
Du côté du gouvernement français, le porte-parole du gouvernement François Baroin a suivi les mots d’ordre de prudence et discrétion de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a appelé à une « extraordinaire prudence ». Seule Nathalie Kosciusko-Morizet s’est exprimée sur l’affaire, « il est accusé d’actes très graves. En plus de la victime présumée, la femme de chambre, il y a une victime avérée, c’est la France », a-t-elle déclaré.

C.T.


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