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Des dirigeants socialistes insensibles aux mises en garde

Visite de Martine Aubry, résultat du premier tour

Manuel Marchal / 30 mars 2010

Malgré tous les avertissements, les dirigeants du PS ont continué de s’aligner sur la casse des grands projets mise au programme par l’UMP. Le résultat de cet entêtement, c’est la victoire d’une UMP minoritaire en voix, mais finalement majoritaire en sièges.

Durant la dernière mandature, le PS n’a jamais voté pour le tram-train ou la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Plus fort encore : le 22 novembre dernier, lors de la lecture par Paul Vergès de la lettre de François Fillon annonçant le déblocage de la situation pour le financement du tram-train, c’est Michel Vergoz qui était le plus déstabilisé, car il s’est aussitôt empressé de demander une interruption de séance.
La campagne des Régionales a ensuite débuté, le PS montre alors des positions très proches de l’UMP concernant la remise en cause des grands projets.
Le 15 février dernier, Martine Aubry, Première secrétaire du PS, est reçue à la Région par Paul Vergès. Cette visite intervient au lendemain de sa participation au meeting de la Fédération socialiste à Saint-Joseph, au cours duquel elle a pu prendre connaissance des orientations de Michel Vergoz et ses amis.
À la sortie de l’entretien, la Première secrétaire du PS affirme pleinement son soutien au tram-train et à la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.
C’est un recadrage qui sonne comme une mise en garde : la Fédération socialiste ne peut continuer à s’aligner sur les positions de l’UMP sous peine d’être à l’origine d’une catastrophe qui peut aller jusqu’au basculement de la Région.
Force est de constater que malgré cet avertissement venant de leur plus haute dirigeante, les responsables de la Fédération ont continué leurs attaques contre les projets de l’Alliance. Cet entêtement a été sanctionné au premier tour des Régionales. Alors que la Fédération dispose de deux députés, dirige la plus grande commune de La Réunion, Saint-Denis, une sous-préfecture, Saint-Benoît, et Saint-Joseph, le PS arrivait à peine à dépasser 13%.
Cela signifiait d’ores et déjà que le prochain président de la Région ne serait pas socialiste. Le PS est alors amené à choisir entre l’union avec l’Alliance pour continuer le programme des grands projets, ou laisser gagner l’UMP en se maintenant avec toutes les conséquences que cela implique.
En se maintenant, le PS a choisi la deuxième situation, ignorant toutes les mises en garde. Par cette décision fondamentale, le PS a décidé de faire triompher la liste qui a mis dans son programme la casse des grands projets.

M.M.


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