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Des dizaines d’heures en garde à vue parce qu’ils sont musulmans

Sarkozy manie les amalgames pour grappiller des voix

Céline Tabou / 10 avril 2012

En pleine déroute dans les sondages, Nicolas Sarkozy a tenté d’axer sa campagne sur l’affaire du meurtrier de Toulouse, Mohammed Mehra et relancer le débat sécuritaire et islamophobe.

Dix personnes ont été interpellées mercredi 4 avril dans le cadre d’un nouveau coup de filet mené dans les milieux islamistes radicaux dans plusieurs villes de France, moins d’une semaine après l’interpellation des membres du groupe salafiste "Forsane Alizza", a indiqué l’Agence France Presse.

Un déploiement policier dans toute la France

L’opération, lancée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avec l’appui du Raid et du GIPN, a débuté à 6h00 à Marseille, Roubaix, Carpentras, Pau, Valence et Bon-Encontre (Lot-et-Garonne), notamment, et des perquisitions ont été menées, selon la police.
Cette intervention fait suite à une enquête préliminaire du parquet antiterroriste de Paris, visant huit individus présentant des profils similaires à celui de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Montauban et de Toulouse. D’après la police, ce sont des « individus isolés, auto-radicalisés, présentant pour certains des profils de petits délinquants, repérés sur des forums islamistes sur internet ou pour s’être rendus ou avoir projeté de se rendre dans la zone afghano-pakistanaise et dans le Sahel ».
Certaines personnes arrêtées ont été relâchées, mais d’autres pourront l’être si les charges sont insuffisantes. Après une garde à vue de 37 heures, Saad, 28 ans et Farid, 23 ans, veulent savoir pourquoi ils ont été arrêtés « pour rien ». Saad a expliqué au journal "La République des Pyrénées" que les enquêteurs de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), leur avaient posé des questions « sur notre voyage, et aussi sur notre culte... Nous avons répondu. Oui, je suis musulman, pratiquant. Mais en aucun cas je ne suis un fondamentaliste ! Il y a eu un amalgame qui n’a pas de sens ».

Banalisation de l’islamophobie

Au moment de l’affaire de Toulouse/Montauban, le candidat-président Nicolas Sarkozy avait profité de cette occasion pour remontrer dans les sondages en prévenant que les opérations policières dans les milieux islamistes radicaux allaient « continuer ». Surfant sur la vague du Front National pour récupérer les voix de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy a depuis le début de son mandat banalisé le racisme et intensifier l’islamophobie en France.
Depuis 2007, les déclarations et mesures contre les étudiants étrangers (circulaire Guéant), contre les sans-papiers mais aussi les interventions musclées contre les Roms et les Gens du Voyage ou encore les mesures proposées comme le retrait de la nationalité à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police, d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique, ont créé un climat malsain et délétère au sein de la République.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy use de sa position de chef de l’Etat pour mener une politique sécuritaire intense contre les musulmans de France et ceux qu’il appelle les « musulmans d’apparence ». Après avoir lancé une enquête contre l’islam radical, les arrestations fleurissent. Certaines personnes arrêtées ont été libérées faute de charge, sans convocation prochaine, ni excuse, ces arrestations s’avèrent être des « coups de publicité du camp UMP », pour les adversaires de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.

Céline Tabou


Kanalreunion.com