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Des élections sous le coup de la crise

A 9 jours du scrutin

Céline Tabou / 14 mars 2014

Les élections municipales font couler beaucoup d’encre, tant en France qu’à La Réunion, malgré cela, la crise économique et sociale qui touche La Réunion devrait s’aggraver avec la politique gouvernementale actuelle.

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Plusieurs décisions ont amené une baisse du pouvoir d’achat. Les produits laitiers sont de plus en plus hors de prix. (Photo Toniox)

Contrairement à 2008, la situation économique et sociale est d’autant plus inquiétante et aggravée, car la précédente élection arrivait au départ de la crise économique et financière internationale. Cette fois-ci, la crise s’est ancrée en France et à La Réunion, ses effets vont continuer à se faire sentir par les ménages.

50 milliards d’économies

Fonctionnaires, salariés, chômeurs, malades, jeunes et moins jeunes participeront à « l’effort » demandé par le gouvernement pour économiser 50 milliards d’euros supplémentaires entre 2015 et 2017, en plus des 15 milliards déjà prévus au budget 2014. Pour ramener le déficit public en dessous de la barre de 3%, fixé par Bruxelles, en 2015, François Hollande a décidé de faire de la limitation de la dépense publique son objectif prioritaire.

Tous les secteurs sont concernés. Par exemple, dans la Fonction publique, Marylise Lebranchu, ministre en charge de la Fonction publique, a réaffirmé le gel de la masse salariale jusqu’en 2017. Cette dernière a d’ailleurs proposé de déplafonner la cotisation exceptionnelle de solidarité de 1% payée par les fonctionnaires pour financer les allocations de solidarité chômage. D’autres mesures seront mises en avant, mais une chose semble certaine pour l’exécutif, les fonctionnaires vont « affronter un grand moment de rigueur », a indiqué la ministre dans une interview sur RTL.

Dans le secteur de la santé, le déficit de la branche est estimé à 6,1 milliards d’euros. Un domaine où l’Etat souhaite faire des économies. Celles-ci pourraient se faire sur les prix des médicaments ou les tarifs de certaines professions de santé. La dernière mesure basée sur le principe du « tiers-payant contre générique », instaurée mi-2012, a permis d’économiser 250 millions d’euros, au cours des six premiers mois. Elle pourrait être étendue selon la ministre de la Santé, Marysol Touraine.

A La Réunion, comme en France, la loi sur la retraite devrait gonfler les chiffres de la pauvreté. Avec plus de 166.000 demandeurs d’emploi, des milliers de Réunionnais ne pourront pas bénéficier d’une retraite à taux plein. D’autant plus les 60% de jeunes de moins de 25 ans, sans emploi. C’est d’ailleurs sans compter les nombreux dispositifs mis en place pour l’emploi : hausse des contrats aidés, emploi de génération, emploi d’avenir, garantie jeunes, qui n’ont aucun effet réel - à long terme - sur la courbe du chômage.

Pauvreté, chômage

La courbe du chômage dans l’île pourrait s’élever avec la menace sur la filière canne, et la mise en danger de 20.000 emplois. En effet, Dacian Ciolos, Commissaire européen à l’Agriculture, avait assuré lors de sa visite à La Réunion de la fin du quota sucrier et donc du prix garanti pour la totalité de la production sucrière réunionnaise, en 2017. Une situation qui va entrainer « la mort » de la filière et la remise en question du métier de planteur à La Réunion.

D’autres points sont à l’ordre du jour de ces élections municipales, la pauvreté, la baisse du pouvoir d’achat, et le logement. Aujourd’hui, le parc social est insuffisant pour répondre aux 25.000 demandes de familles ayant droit à un logement social. La pauvreté touche la moitié de la population réunionnaise avec ou sans emploi. La Banque alimentaire des Mascareignes dénombre plus de 30.000 familles dépendent de l’aide alimentaire.

Cette pauvreté est en grande partie due aux inégalités de revenu à La Réunion. Certains employés titulaires bénéficient d’une sur-rémunération de 53% en raison de la cherté de la vie. Tandis que d’autres doivent composer avec des revenus sociaux équivalents à ceux de la France, sans prise en compte de la réalité des prix.

Un 23 mars décisif

Au contexte réunionnais déjà difficile s’ajoute les 116.000 Réunionnais touchés par l’illettrisme. Une situation économique et sociale connue depuis 1946, qui n’a pas été prise en considération par les gouvernements successifs. L’élection municipale pose des défis aux Réunionnais, car avec l’évolution démographique, les effets extrêmes des changements climatiques, la remise en cause de la filière canne et les conséquences de la mondialisation sur l’économie de l’île devront être mis sur la table par des élus soucieux du bien être de leurs concitoyens.

Le détail des 50 milliards d’euros d’économies annoncées par François Hollande sera connu le 15 avril, après les élections municipales. Mais à neuf jours du premier tour, plusieurs facteurs ont été relevés en France et à La Réunion. En matière d’emploi, de retraite, de climat et d’économie, le gouvernement est en train de faire peser sur les ménages la dette du pays. Quelle sera alors le choix des électeurs, entre des candidats issus de la majorité présidentielle, qui cautionne la politique gouvernementale et les candidats refusant le système actuel et proposent un autre modèle de développement ?

 Céline Tabou  



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Messages






  • Il faut poser clairement le problème, à mon simple avis . Une économie basée sur le profit , le libéralisme comment peut-il engendrer un développement citoyen ?

    Revenons aux municipales, l’enjeu aussi est d’essayer de comprendre qui soutient qui et si la finalité correspond aux aspirations de ceux qui sont nullement à l’abris, on ne peut quand meme pas tendre le baton pour se faire battre ! et krié doulèr la krise lé là.

    La lutte politique na encor in sens meme si na dé bonn zidée de tous coté et nou koné ki sa lé avec lo peple é ki sa lé kont

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