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Des fonctionnaires de passage décident, les Réunionnais paient

Des milliers de mètres cubes d’eau pure rejetés à la mer, conséquence du choix de l’emplacement

Manuel Marchal / 19 octobre 2009

Les Réunionnais n’ont pas été écoutés quand il s’est agi de construire la centrale de la Rivière de l’Est. Résultat : l’extension de cet équipement montre que dès le départ, l’alternative réunionnaise était plus adaptée. Mais comme pour d’autres équipements, ce sont des fonctionnaires de passage qui ont décidé, et ce sont des générations de Réunionnais qui en paient les conséquences.

Les travaux en cours à la centrale de la Rivière de l’Est ne doivent pas faire oublier tout le débat concernant l’utilisation de cette richesse si précieuse qu’est l’eau à La Réunion. En effet, tout le débit capté dans la Rivière de l’Est ne sert qu’à un seul usage : faire tourner une turbine. Des milliers de mètres cubes partent donc tous les jours dans la mer.
D’autres propositions avaient été faites pour que l’eau puisse être réutilisée. Un placement plus haut de la centrale aurait permis de développer l’irrigation par exemple.
Une des raisons qui a été invoquée pour imposer le choix d’une centrale à quelques mètres au-dessus de la mer était celui d’une différence d’altitude suffisante pour produire une puissance importante. L’année prochaine, la centrale produira une puissance plus importante, non parce que la différence d’altitude sera augmentée, mais parce qu’un groupe hydroélectrique supplémentaire sera branché, et que la capacité de stockage sera accrue. C’est donc la démonstration que la solution proposée par les Réunionnais était la plus adaptée. Il était donc possible de construire la centrale plus haut, si dès le départ, la capacité de stockage avait été plus grande.
Mais cette centrale a été construite avant la décentralisation, et donc les Réunionnais n’ont pas été consultés sur l’utilisation faite de leur eau.
Le choix du lieu d’implantation de la centrale de la Rivière de l’Est s’inscrit dans le prolongement du choix de construire la route du littoral au pied d’une falaise, ou de transformer des centaines d’hectares de terres à cannes en aéroport international à Gillot. Il est d’ailleurs révélateur de constater que ces choix ont été faits par des fonctionnaires de passage à La Réunion, mais ils sont supportés par des générations de Réunionnais.

M.M.


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