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Des mesures de plus en plus drastiques

Budget 2012

Céline Tabou / 30 septembre 2011

Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy en 2007, 150.000 postes ont été supprimés dans la fonction publique, le déficit de l’État s’est creusé de près de 5 points.

Des plans de rigueur au détriment de la relance et de la création d’emploi, les dernières annonces du gouvernement concernant le budget 2012 prévoient une baisse des dépenses publiques d’un milliard, car 30.400 postes seront supprimés dans la Fonction Publique d’ici peu, les impôts et les charges représenteront 44,5% du PIB en 2012, en effet, l’État compte récupérer 10 milliards d’euros de taxes supplémentaires.

Ces mesures ne sont que les prémisses d’un avenir plus difficile, en effet, avec le vote au parlement Européen de la surveillance par Bruxelles des États déficitaires, pouvant recevoir une amende, et la suspension possible des subventions aux RUP en cas de dépassement de la dette, la France devra entrer dans les clous et ceux coûte que coûte. D’autant plus que le chef de l’État français a décidé de couper dans tous les budgets pour faire respecter sa règle d’or.

Hypothèse de croissance « trop optimiste »

Le scénario de croissance du gouvernement pour 2012 atterre les économistes qui restent sceptiques face aux chiffres annoncés par Valérie Pecresse, ministre du Budget et François Baroin, ministre de l’Économie. Ceux-ci estiment les taux de croissance de 2011 et 2012 à 1,75% chacun. Les experts expliquent dans “Les Échos” que la croissance estimée est « trop optimiste », le consensus l’établit à 1,2%. La crise de la dette de la zone euro, ajoutée à la crise financière et aux fluctuations des bourses, les risques restent importants.
Critiqué pour sa gestion de la crise, Barack Obama a préféré miser sur la relance et la création d’emploi. En Europe, les dirigeants préfèrent peser sur leurs concitoyens à travers des taxations et hausses d’impôts. « Le budget présenté repose sur une accumulation de mesures d’économies de bouts de chandelle, sans aucune vision stratégique permettant de comprendre le chemin emprunté pour réduire les déficits dans la durée. On ne va pas doubler chaque année les taxes sur les sodas ou le tabac pour tenir nos objectifs », a expliqué l’économiste Daniel Cohen dans une interview dans “Les Échos”.
La crise actuelle est structurelle et demande une analyse de fond et surtout des solutions sur le long terme. Le gouvernement ne pourra pas boucher les trous à gauche à droite sans prendre en compte les possibilités de taxer le grand capital. Le gouvernement a concédé à taxer de 3% les hauts revenus fixés à 500.000 euros par part, ce qui représenterait seulement 200 à 300 millions d’euros.

L’Outre-mer en ligne de mire

Le gouvernement a décidé la suppression du régime d’abattement d’un tiers sur le résultat imposable des entreprises situées dans les départements d’outre-mer. Dans un communiqué, le ministère de l’Outre-mer contribuera en 2012 avec la réduction des niches fiscales. Cela se traduit par une baisse de 10 % des avantages liés à la défiscalisation outre-mer. De plus, la loi Girardin que l’immobilier libre sera supprimé, et la loi Girardin intermédiaire sera diminué de plus de 13 points.
Le ministère a également indiqué que « le dispositif d’abattement d’un tiers sur le bénéfice des entreprises situées dans les DOM est supprimé. Il s’agissait d’une mesure principalement tournée vers les plus grosses entreprises. Les entreprises ultramarines continuent de bénéficier d’autres mesures de soutien importantes comme les zones franches d’activité mises en place en 2009 ». À La Réunion, où le chômage atteint 28,9%, les coups de rabots sur les grandes entreprises risquent d’entrainer une hausse du chômage. Suite à cette annonce, la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises) a fustigé la décision du gouvernement de supprimer l’abattement de 30% sur le bénéfice imposable des entreprises dans les DOM. 
À La Réunion et en France, les ménages devront piocher dans leur porte-monnaie avec la taxe sur les boissons sucrées, la taxe sur les chambres de service, la révision des aides à l’amélioration de la performance énergétique notamment les crédits d’impôt de développement durable et l’éco-prêt à taux zéro. De plus, l’éducation nationale ne sera pas épargnée. Après les manifestations de mardi 27 septembre, qui ont réuni près de 6.000 personnes à La Réunion, le gouvernement a décidé de supprimer 14.000 postes dans l’éducation et de continuer sa lancée dans les ministères de l’Intérieur, la Défense et du Budget. Malgré ces mesures, les économistes restent méfiants et estiment que les économies ne se feront pas aussi simplement.

Céline Tabou


Kanalreunion.com