Actualités

Des prix 12% plus chers selon Sarkozy De 55% plus cher affirme l’Autorité de la Concurrence

D’où viennent donc les chiffres du candidat UMP ?

Témoignages.re / 28 février 2012

Saisie voici trois ans par le gouvernement, l’Autorité de la Concurrence avait constaté que dans la grande distribution, à La Réunion les prix sont bien plus élevés qu’en France : « les écarts de prix en magasin avec la métropole dépassent 55% pour plus de 50% des produits échantillonnés, un pourcentage trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l’octroi de mer ». Cela se situe bien au-dessus des 12% cités hier par le candidat UMP sur les ondes de RTL. Voici le communiqué diffusé le 8 septembre 2009 par l’Autorité de la concurrence, au moment où elle a rendu son avis, avec des intertitres de "Témoignages" :

« Saisie le 18 février 2009 par le secrétaire d’État à l’Outre-mer sur la situation de la concurrence dans les départements d’Outre-mer, l’Autorité rend aujourd’hui un avis relatif aux mécanismes d’importation et de commercialisation des produits de grande consommation dans les DOM. Il s’agit du second volet de la même saisine, qui avait donné lieu le 24 juin dernier à l’avis 09-A-21 concernant les carburants.
Dans les DOM, la petite taille des marchés et leur éloignement des principales sources d’approvisionnement sont des obstacles naturels à l’obtention de prix comparables à ceux observés en métropole. Aux surcoûts qui en résultent s’ajoute une taxe spécifique, l’octroi de mer, perçue par les collectivités locales sur les importations et qui accroît mécaniquement les prix de vente aux consommateurs.

Des particularités

Cependant, ces spécificités ne suffisent pas à expliquer l’importance des écarts de prix constatés entre la métropole et les DOM pour les produits de grande consommation. Ainsi, selon les relevés effectués sur un échantillon d’environ 75 produits importés de métropole dans les quatre DOM, les écarts de prix en magasin avec la métropole dépassent 55% pour plus de 50% des produits échantillonnés, un pourcentage trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l’octroi de mer. Surtout, l’Autorité identifie dans son avis plusieurs particularités des circuits d’approvisionnement des marchés domiens permettant aux opérateurs de s’abstraire partiellement du jeu concurrentiel, seul capable de faire baisser les prix en faveur du consommateur domien.
Selon l’Autorité, le secteur de la grande distribution à dominante alimentaire dans les DOM est trop peu concurrentiel. Protégé par des barrières à l’entrée spécifiques (longueur des circuits logistiques vers les territoires ultramarins, rareté et prix élevé du foncier commercial), il présente un niveau de concentration élevé, certains groupes détenant des parts de marché en surfaces commerciales supérieures à 40%, soit sur la totalité du département concerné, soit sur une ou plusieurs zones de chalandise.
Les comportements mis en œuvre par les opérateurs confirment ce manque de concurrence, qu’il s’agisse de la faible présence des marques de distributeurs dans les rayons ou de la quasi-absence de répercussion des marges arrière dans le prix de revente au consommateur.

Presque 100% de marge

La faible concurrence sur le marché de détail est d’autant plus préjudiciable au consommateur domien qu’en amont, les importateurs-grossistes auxquels fabricants et distributeurs font souvent appel sont eux aussi relativement préservés des pressions concurrentielles. En particulier, les pratiques d’exclusivités territoriales liant fréquemment fabricants et importateurs dans chaque DOM atténuent la capacité des distributeurs à arbitrer entre différents importateurs-grossistes ou entre ces derniers et les industriels implantés en métropole, réduisant ainsi la concurrence entre produits d’une même marque, voire entre produits de marques différentes. À titre d’illustration, à La Réunion, un seul grossiste commercialise les produits de deux grands groupes fromagers métropolitains (Lactalis et Bel) détenteurs des marques les plus connues des consommateurs. Plus généralement, du fait de ces exclusivités, les distributeurs domiens ne peuvent finalement arbitrer qu’entre un nombre de fournisseurs plus restreint qu’en métropole. Le distributeur échouant ou n’étant pas incité à faire jouer la concurrence entre les importateurs-grossistes, ces derniers parviennent donc à prélever des marges commerciales conséquentes, qui oscillent entre 20 et 60% pour un nombre élevé de références, voire approchent ou dépassent 100% ».


Kanalreunion.com