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Des propositions pour l’embauche des jeunes Réunionnais

La reconstruction en marche

Témoignages.re / 20 septembre 2012

La reconstruction est un moment privilégié pour permettre aux membres du PCR de poursuivre leur travail de réflexion et de propositions qui font la force du parti. Il s’agit de comprendre les difficultés du pays et tenter d’y apporter des solutions. Parmi les problèmes qui minent notre société contemporaine, les plus importants sont la pauvreté et le chômage, celui des jeunes, notamment.

Pour l’emploi des jeunes Réunionnais, l’une des propositions les plus urgentes à appliquer, c’est le moratoire.

Qu’entendons-nous par « moratoire » ?

Par le terme « moratoire », nous proposons que les nouveaux postes ouverts à La Réunion dans la fonction publique (nouvellement crée ou remplacements) ne soient pas mis au mouvement national.
Ces postes doivent être réservés aux jeunes Réunionnais ayant les compétences requises pour les occuper. Il convient alors de créer les conditions de recrutement de ce personnel après une formation appropriée.
Concernant le privé, toutes les offres d’emplois devront passer par Pôle Emploi qui aura le contrôle de l’embauche. Le recrutement extérieur devra être exceptionnel, après confirmation qu’aucune personne ici ne dispose des compétences requises pour occuper le poste.
Dans tous les cas, la gestion prévisionnelle des emplois devra être plus stricte.

Les perspectives d’embauche

Selon les TER 2005/2006 et 2010, la fonction publique recrute chaque année entre 1 000 et 1 500 personnes. Nous sommes passés de 48.760 employés en 1998, tout secteur de la fonction publique confondu (hors emplois aidés), à 57.228 en 2007. C’est le seul secteur qui crée autant d’emplois par an. Si le moratoire est appliqué sur 15 années, c’est la garantie de recruter au moins 15.000 Réunionnais-es dans la fonction publique.

Le cadre institutionnel d’application.

Depuis 2003, la Constitution française ouvre le droit à l’expérimentation. Cette loi prévoit que tout ce qui n’est pas prévu par la loi et qui fait l’objet d’un intérêt général peut être expérimenté selon une durée et un cadre précis. Cela s’est notamment fait, sur demande du chef de l’état français, pour l’expérimentation puis la mise en application du RSA.
Ainsi, la mise en œuvre du « moratoire » pourrait s’appuyer sur cette possibilité offerte par la législation.

Les fonctionnaires réunionnais vivant à l’extérieur et souhaitant légitimement revenir

Le système actuel de recrutement et de mutation dans la fonction publique a montré ses limites. La méthode utilisée jusqu’à présent a fortement pénalisé les Réunionnais. Aujourd’hui, il y a un nombre conséquent de fonctionnaires qui ont été contraints de partir pour ne pas perdre le bénéfice de leur concours et qui sont toujours dans l’attente d’un retour dans leur pays.
Le PCR demande que, dans un souci de prise en compte de l’éloignement de notre territoire, le département (ou l’académie) d’origine des fonctionnaires soit le critère principal pour l’application des mutations.

Enfin, l’unité de la fonction publique devrait s’accompagner d’une réforme concernant les incitations de toutes natures, résidus de la période coloniale qui pénalisent l’embauche des jeunes Réunionnais.

Julie Pontalba,
Membre du Conseil de la Reconstruction

Des exemples historiques

Par le passé, des dispositifs spécifiques ont permis, d’une part, d’embaucher de jeunes Réunionnais compétents et d’autre part de pourvoir des postes vacants dans le domaine de l’éducation et de la formation.

Guy Ethève d’abord, proposa le concours local de recrutement d’instituteurs remplaçants, à partir du brevet élémentaire, soit à l’âge de 18 ans à l’époque. Après un certain nombre d’années de remplacement, sous l’égide d’un inspecteur de l’Éducation nationale, les personnes étaient certifiées et pouvaient ainsi intégrer le corps des instituteurs.

Par la suite, Éric Boyer, président du conseil général (1988 – 1994), signa avec le rectorat de La Réunion un protocole de recrutement des instituteurs au niveau du DEUG. Cela a permis l’embauche de beaucoup de jeunes réunionnais-e-s diplômé-e-s. Il n’a suffi que d’une volonté politique réunionnaise.
L’exemple de la Nouvelle-Calédonie

L’accord de Nouméa consigne explicitement dans son préambule la notion de protection de l’emploi local en ces termes : « afin de tenir compte de l’étroitesse du marché du travail, des dispositions seront définies pour favoriser l’accès à l’emploi local des personnes durablement établies en Nouvelle-Calédonie ». En conséquence, la Nouvelle-Calédonie « mettra en place, en liaison avec l’État, des mesures destinées à offrir des garanties particulières pour le droit à l’emploi de ces habitants (…). »

La loi du 27 juillet 2010, a été adoptée à l’unanimité par le congrès local sous les formes suivantes : « à condition de qualification et de compétence égales, l’employeur est tenu de donner la priorité au citoyen de la Nouvelle-Calédonie ».
Pour aller plus loin...

1) La maîtrise du créole comme requis indispensable pour enseigner en maternelle et dans les premières classes du primaire.

Dans le système éducatif français, l’enseignement en maternelle est fondé sur l’oral, comme le précise l’extrait du bulletin officiel suivant :

« L’objectif essentiel de l’école maternelle est l’acquisition d’un langage oral riche, organisé et compréhensible par l’autre. À l’école maternelle, l’enfant établit des relations avec d’autres enfants et avec des adultes. » (Bulletin officiel du 29 juin 2008).

« Le langage oral est le pivot des apprentissages de l’école maternelle. L’enfant s’exprime et se fait comprendre par le langage. (...) Dans les échanges avec l’enseignant et avec ses camarades, dans l’ensemble des activités et, plus tard, dans des séances d’apprentissage spécifiques, il acquiert quotidiennement de nouveaux mots dont le sens est précisé, il s’approprie progressivement la syntaxe de la langue française. »

Se pose donc le problème de l’élève créolophone qui arrive en maternelle et qui est confronté à un enseignant qui ne comprend pas sa langue. Les dégâts sur la suite de sa scolarité peuvent être irréversibles. (Rappelons par ailleurs que selon une étude récente, 70% des jeunes de moins de 30 ans déclarent n’avoir parlé que créole chez eux).

Aussi, le PCR propose, qu’à La Réunion, les enseignants qui accueillent les enfants de maternelle et du CP, aient la maitrise du créole réunionnais.

2) L’enseignement de la langue et la culture régionale (LCR) obligatoire aux primaire et secondaire.

La langue et la culture réunionnaise en général sont l’héritage laissé depuis plusieurs siècles par une population venue du monde entier. Le créole réunionnais, ainsi que son environnement direct, participe à l’enrichissement du patrimoine culturel mondial. Le Maloya et les Pics, Cirques et Remparts, ont été inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité.

L’enseignement de la LCR est aujourd’hui une option dans les établissements, mais faute d’une politique volontariste, voire d’une position élitiste, les établissements préfèrent ignorer cet enseignement. Ainsi certains professeurs de LCR se retrouvent à faire du français à la place de ce pour quoi ils sont normalement employés.

Nous demandons que l’enseignement de la LCR soit obligatoire au primaire et au secondaire.


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