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Des réactions vives

Changement de gouvernement en France

Céline Tabou / 26 août 2014

Suite à l’annonce du remaniement gouvernement, de nombreuses personnalités politiques et syndicales ont fait part de leur avis vis-à-vis de cette crise politique.

Dans un communiqué, Eric Coquerel et Raquel Garrido, secrétaires nationaux du Parti de Gauche, ont assuré que « c’est le peuple qui doit dire s’il a confiance : le Parti de Gauche exige donc un retour immédiat aux urnes. » Le parti de Jean-Luc Mélenchon a précisé que « non seulement sa (celle de François Hollande, ndlr) politique ne fonctionne pas mais en réalité elle ne dispose plus de majorité. » Revenant sur l’accélération des réformes, pour le PG, le président de la République « entraîne le pays dans une voie suicidaire socialement mais aussi démocratiquement », ajoutant que « ce n’est pas d’un remaniement à huis clos que viendra la solution, mais du peuple lui-même ».
De son côté, le frondeur socialiste, Pouria Amirshahi, a prévenu l’exécutif contre une « erreur stratégique » voire une « faute politique ». Ce dernier a expliqué sur L’Express.fr, que « François Hollande va à rebours du réflexe normal d’un président de la République à la tête d’une démocratie apaisée, qui doit écouter les alertes lancées par les faits, par certaines voix de son camp et par les électeurs. S’il les ignore, il commet une erreur stratégique et une faute politique ».
La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a déclaré lundi qu’elle ne serait « pas candidate à un nouveau poste ministériel », préférant « la loyauté à ses idéaux » au « devoir de solidarité » gouvernementale. Dans un courrier transmis à l’AFP, la ministre proche d’Arnaud Montebourg et Benoit Hamon a expliqué qu’il y a « un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes ». Ajoutant « depuis deux années, malgré les difficultés, je n’ai jamais manqué à la solidarité gouvernementale ni à la loyauté », cette dernière a assuré n’avoir jamais prévalu « un quelconque intérêt personnel sur l’engagement personnel ».

Céline Tabou

Arnaud Montebourg a repris sa liberté


Pour sa part, Arnaud Montebourg a de nouveau dénoncé lors d’un point presse lundi les politiques d’austérité qui « ne marchent pas ». Ce dernier a ainsi expliqué que « la France et l’Europe vivent une crise sans précédents. Grave, destructrice et longue. Le monde entier nous presse de cesser ces politiques absurdes... » D’autant plus qu’il est « désormais établi, connu, acquis et partagé que les politiques d’austérité, de hausses d’impôts ou de réduction excessives des déficits publics sont la cause de la prolongation de la crise économique et des souffrances inutiles de la population européenne ».
« Ma responsabilité, c’est de constater la réalité, que non seulement ces politiques ne marchent pas et qu’elles sont injustes. Sans croissance, les politiques de réduction des déficits sont une absurdité financière. Elles empêchent pas la chute de l’activité la réalisation de leurs propres objectifs ». Ce dernier a évoqué les nombreuses fois où il a interpellé le Président et le Premier ministre, mais « je n’ai pas réussi à convaincre, les résultats sont là. La France est à l’arrêt et le chômage continue de progresser », a-t-il précisé.
Ce dernier a assuré que les politiques d’austérité étaient « injustes, car elles frappent les classes populaires, plombent leur pouvoir d’achat. S’entêteter dans cette voix conduirait à mettre en danger la République. Ma responsabilité est de proposer des solutions alternatives. Il existe un autre chemin, d’autres chemins pour la France et pour l’Europe ». Pour conclure, l’ancien ministre de l’Economie et du Redressement productif a évoqué son entretien avec le Premier ministre : « J’ai dit au Premier ministre que si il jugeait que je me trompais, que mes convictions étaient contre les orientations du gouvernement », il jugerait « nécessaire de reprendre ma liberté comme il a accepté de me la rendre ».

Qui reste ?


Ce sera le quatrième gouvernement de François Hollande en deux années de mandat, suite à des désaccords avec la ligne politique de François Hollande. Selon les informations de LePoint.fr, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, le ministre de l’Éducation nationale, Christiane Taubira, la ministre de la Justice, et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, ne retrouveraient pas leur portefeuille dans le prochain gouvernement.
Il serait alors prévu André Vallini, actuel secrétaire d’État chargé de la Réforme territoriale, au ministère de la Justice en remplacement de Christiane Taubira. Ségolène Royal deviendrait ministre de l’Éducation nationale et de la Culture. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, pourrait récupérer le portefeuille d’Arnaud Montebourg, ou bien Louis Gallois, également cité. D’autres noms circulent comme celui de Robert Hue, ancien secrétaire général du Parti communiste, proche de François Hollande, qu’il avait soutenu pendant la campagne présidentielle.
EELV ne se sent pas « concerné » par ce remaniement. Pour les Verts, l’orientation politique ne change pas.


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