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Des sommets de la dernière chance sans résultats

Nicolas Sarkozy, un président inefficace

Céline Tabou / 4 janvier 2012

Avec une vingtaine de sommets de la dernière chance pour sauver la zone euro, Nicolas Sarkozy aura fait de la communication mais pas de la politique européenne. En effet, le chef de l’État accompagné de la chancelière allemande, Angela Merkel, auront imposé à plusieurs reprises leurs visions de l’économie et notamment de l’Europe. Mais le résultat est nul, la situation est pire qu’avant.

Voulant paraitre pour un leader de poids et de décision sur la scène européenne, Nicolas Sarkozy a déployé toute une stratégie de communication, depuis le déclenchement de la crise de la dette souveraine en Europe. Le chef de l’État français aura utilisé son image d’hyperprésident au sein de l’institution et usé de son image de « changement ». En vain.

Une communication orchestrée

Allié à la chancelière allemande, Angela Merkel, le président aura déployé la « machine com’ » en organisation des rencontres « de la dernière chance » et des sommets « cruciaux » pour sauver la zone euro. À l’aide de pause d’entente, de compréhension et de fermeté, les deux chefs d’État auront imposé leur modèle à l’Europe entière.
Pris dans la spirale de la communication et de la volonté d’être toujours devant pour « sauver la zone euro », Nicolas Sarkozy aura même tenté un tour de force auprès de Barack Obama lors du sommet du G20 à Cannes. Sommet international durant lequel la crise de la dette européenne aura été au cœur des inquiétudes. Mais en vain, Nicolas Sarkozy aura reçu plusieurs soufflets de la part de Barack Obama et de Hu Jintao, qui ont vu le bilan mitigé du Français. Il aura certes selon certains réussi à tenir le coup au coeur de la tempête mais au détriment du peuple, qui aura eu droit à trois plans de rigueur.
L’alliance avec Angela Merkel aura montré un couple décidé à imposer sa vision de l’économie et du monde. Loin de décider une politique commune à une crise commune, le couple « Merkozy » aura tenté de sauver leurs propres banques, empêtrées dans les dettes grecques et espagnoles.

Inefficacité politique

Nicolas Sarkozy rêvait de « réformer le capitalisme financier » et de modifier la réglementation bancaire, il avait jusque-là déclaré « nous avons besoin d’un nouveau Bretton Woods », avec d’annoncer une réforme profonde du système monétaire international lors de sa présidence des G8 et G20 de 2011. Constat : aucune des mesures arguées n’a été mise sur la table lors des négociations et dans les communiqués publiés à la suite de la vingtaine de sommet en deux ans en Europe et lors de la présidence de la France aux sommets internationaux.
Forcé de constater que l’actuel chef de l’état a été « incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après 16 sommets de la dernière chance en à peine deux ans », comme l’a expliqué François Hollande dans sa lettre aux Français, publiée par "Libération". Cette inefficacité aura également été pointée du doigt par Christine Lagarde, présidente du Fonds Monétaire Internationale, qui a appelé les dirigeants européens, particulièrement Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui se sont érigés en présidents de fait de l’Union européenne, à mettre en place rapidement le nouveau traité promis.

Les institutions européennes discréditées

Se faisant juge et censeur, Nicolas Sarkozy avait fustigé « les déséquilibres financiers et commerciaux internationaux » qui sont à l’origine de la crise financière mondiale. « On a déréglementé la finance pour pouvoir financer plus facilement les déficits de ceux qui consommaient trop avec les excédents de ceux qui ne consommaient pas assez », avait-il déclaré en janvier 2010.
Il avait ensuite appelé l’auditoire « à tirer les leçons d’une crise qui est une crise de la mondialisation ».
Derrière un discours rodé, le chef de l’État français a décrédibilisé les institutions européennes et accusé les déficitaires grecs, espagnols, irlandais et portugais de ne pas savoir gérer leur budget. L’omniprésence de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel au Conseil de l’Union européenne aura fait oublier les présidences suédoise, espagnole, belge, hongroise et polonaise du Conseil. À aucun moment les présidences successives n’auront été mises en avant pour une politique commune de sortie de crise.

Céline Tabou


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