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Détournement de colère

Appels à une manifestation aujourd’hui devant le Conseil général

Témoignages.re / 27 novembre 2010

Le jour de l’anniversaire de la liquidation judiciaire de l’ARAST, les représentants de l’UMP à La Réunion tentent une nouvelle fois d’employer un juste mouvement de protestation à des fins politiciennes. Quand les artisans de la casse sociale se découvrent une fibre « sociale ».

Un tiers de chômeurs, un jeune sur deux sans-emplois la moitié de la population au-dessous du seuil de pauvreté : ces indicateurs sont connus de tous, et devraient particulièrement l’être des décideurs. Car, derrière la statistique, il y a la misère et la souffrance de la moitié des Réunionnais qui, en plus de leur sort, doivent supporter l’étalage de richesses, l’ostentation et l’arrogance d’un monde qui se croit « premier ». C’est dire que la situation est explosive. C’est dire la responsabilité qui pèse sur les politiques, dont le rôle devrait être de rechercher des solutions, ou d’orienter les légitimes révoltes du deuxième monde vers des buts constructifs. On assiste depuis quelques années au phénomène inverse.

L’ARAST, terrain de manœuvre de l’UMP

Poursuivant des objectifs personnels où des cabales politiciennes, des hommes et des femmes publics s’emparent du désir de justice et de respect de la population, qu’ils tentent de détourner à leur profit.
Un procédé qui a éclaté lors de la chute de l’ARAST. Immédiatement après la liquidation de la structure, il y a un an, une ancienne cadre de l’association, jusque-là inconnue du grand public, persuadait d’anciennes salariées de ne pas exercer la pression sur l’AGS, qui auraient dû régler les indemnités aux ex-ARAST, mais sur le Conseil général.
Il s’agissait de Valérie Bénard.

Stratégie sous-jacente

La suite, on la connaît : pion dans la stratégie sous-jacente de l’UMP de Didier Robert lors de la crise de l’ARAST, l’ancienne cadre s’est retrouvée vice-présidente de la Région, en récompense des services rendus. Car d’évidence, la mobilisation des salariés par l’ex-cadre de l’ARAST, qui les a toujours détournés de l’AGS pour les envoyer contre l’assemblée départementale, poursuivait un seul but : déstabiliser Nassimah Dindar, dont les dirigeants d’Objectif Réunion, Jean-Louis Lagourgue en tête, avaient tenté d’avoir la tête deux ans auparavant.
L’emprise de Valérie Bénard passait d’abord par des manœuvres pratiques, dont « l’oubli » de transmission des relevés de créances. Elle se fondait aussi sur un mensonge éhonté, selon lequel les salariés pourraient être fonctionnarisés… une opération qui exigerait que le Conseil général y consacre au moins un demi-milliard d’euros, soit le doublement du budget que l’institution consacre au personnel.
Le comble est que ceux qui réclament haut et fort cette opération sont les mêmes que ceux qui approuvent, défendent et assurent la promotion de la politique de l’UMP. Celle-là même qui casse les emplois, prend l’argent du secteur social pour le donner aux banques, procède à des coupes sombres dans le secteur public. Ses représentants, dont Cyrille Hamilcaro, Jean-Louis Lagourgue et Didier Robert, voudraient nous faire croire que, comme par magie, le parti de Nicolas Sarkozy serait brusquement devenu un fervent apôtre de la création massive d’emplois publics à La Réunion.

Les cantonales arrivent, Objectif Réunion repart

Le 2 décembre 2009, soit quelques jours après la chute de l’ARAST, les conseillers généraux du groupe Objectif Réunion avaient gâché une assemblée plénière de l’institution où était abordée la création d’un GIP. Didier Robert ne s’est jamais publiquement exprimé : mais la présence à l’éminente 4ème position de Valérie Bénard sur la liste qu’il a conduite aux élections régionales, la nomination de cette dernière à un poste de vice-présidente, les rôles de premier plan que lui fait jouer le président de la Région ne laissent aucun doute sur la profondeur réelle de leurs rapports.
Un an après, à l’approche des élections cantonales, l’ARAST recommence à intéresser Objectif Réunion, qui appelle à la manifestation devant le Conseil général. Valérie Bénard, dit-on, y sera présente. Une fois de plus, les partisans de la casse sociale vont essayer d’utiliser les travailleurs contre leurs intérêts, à des fins proprement politiciennes.

Geoffroy Géraud-Legros


Kanalreunion.com