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Deux ans de guerre monétaire

Le contexte du G20

Manuel Marchal / 12 novembre 2010

Deux ans et deux mois après la faillite de Lehman Brothers, c’est la "guerre des monnaies" qui doit être à l’ordre du jour du sommet du G20 qui se tient jusqu’à aujourd’hui à Séoul. Deux ans après son déclenchement par George Bush, la guerre monétaire continue de produire des effets.

Quand Lehman Brothers s’effondre en septembre 2008, c’est la première conséquence d’une guerre monétaire lancée par George Bush à quelques mois de la fin de son mandat. Ce mois de septembre 2008 avait en effet été marqué par une restructuration-éclair du secteur financier aux États-Unis sous la houlette de la Maison Blanche. Au lendemain d’une défaite militaire de l’allié géorgien, et de l’expulsion de l’ambassadeur US du Venezuela, la crise financière s’est transformée en crise mondiale à la suite de choix du gouvernement US trahissant une véritable stratégie.
Il y eut tout d’abord le sauvetage de Freddy Mac et Fanny Mae, puis la nationalisation de l’assureur AIG, propriétaire de 900 avions de ligne via sa filiale ILFC. Mais Washington ne fait rien pour préserver Lehman Brothers, 4ème banque d’affaires de Wall Street. Le 15 septembre, Lehman Brothers fait faillite. Pour les observateurs, c’est un cataclysme comparable à l’attaque des tours jumelles du World Trade Center sept ans auparavant.
Ce 15 septembre 2008, Bank of America devient la plus grande banque du monde en rachetant pour 50 milliards de dollars la banque d’affaires Merryl Lynch. C’est alors que George Bush annonce la création d’un fonds souverain de plus de 700 milliards de dollars.
Ces jours du mois de septembre 2008 continuent d’ébranler le monde. Car ils sont le point de départ d’une aggravation comparable à la crise de 1929. Si la Chine a réussi à renouer avec la croissance nécessaire au maintien du progrès social, c’est l’Europe qui est parmi les grandes puissances la plus touchée. Plusieurs États membres de l’Union européenne appliquent des plans de restriction très durs pour les plus démunis, ce qui n’empêche pas l’Europe d’éprouver les pires difficultés pour maintenir l’euro.
Deux ans après l’effondrement de Lehman Brothers, la guerre des monnaies sera au centre des débats du G20. Les États-Unis ont d’ailleurs montré combien les discussions seront difficiles. Dès la conclusion du sommet, la Réserve fédérale va racheter 105 milliards de dollars de bons du Trésor US. C’est la première tranche d’un plan visant à injecter 600 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir l’économie américaine.
C’est sans doute un signal pour montrer au monde que pour les États-Unis, il n’est pas question de remettre en doute la domination du dollar sur l’économie mondiale.

M.M.


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