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Deux grands services pour titulariser tous les travailleurs précaires

Proposition du PCR pour mettre fin au clientélisme électoral qui méprise les Réunionnais

Témoignages.re / 17 octobre 2012

En lien avec la fin de l’inégalité de traitement dans la fonction publique, le Parti communiste réunionnais propose la création de deux grands services publics dans l’environnement et l’aide à la personne. L’objectif est de transformer les contrats aidés gérés par les collectivités en emplois durables attribués par une commission paritaire indépendante des pressions politiques. Ces deux grands services libèreront les travailleurs des tentatives de corruption de personnes prêtes à tout pour obtenir l’illusion du pouvoir, quitte à promettre des embauches massives à la veille des élections.

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A La Réunion, 18.000 journaliers communaux ne sont pas titulaires. Le prétexte invoqué pour justifier un tel scandale est le coût de la titularisation. La loi oblige en effet de verser à tout titulaire une prime de vie chère majorant son salaire de 35%. À cela s’ajoute un index de correction entre le franc CFA et le franc français jugé illégal par le Conseil d’État, et qui continue à être appliqué depuis la disparition de ces devises à La Réunion.

A ces travailleurs sans statut s’ajoutent les milliers de Réunionnais embauchés dans la fonction publique territoriale ou dans des associations sous le régime du contrat aidé. Ce sont eux qui font fonctionner les écoles, qui assurent le nettoyage des ravines pour éviter la propagation des maladies.
L’application de l’égalité de traitement dans la fonction publique fait sauter ce prétexte. Il est ainsi possible de titulariser les 18.000 journaliers communaux à égalité avec leurs collègues de France. Ce sera la fin des pressions politiques sur ces travailleurs puisqu’ils auront la garantie de l’emploi et du déroulé de carrière, quelle que soit la couleur politique de l’administration en place.

Répondre aux besoins de notre pays

À La Réunion, il existe des secteurs économiques où la demande potentielle est importante. Ce sont l’aide à la personne et l’environnement. Le premier voit les besoins augmenter avec la démographie et le vieillissement de la population. Les plus jeunes et nos anciens ont droit à des services spécifiques. Cela va en plus dans le sens du renforcement de la solidarité entre les générations, une des valeurs du peuple réunionnais.

Concernant l’environnement, il s’agit de valoriser le potentiel de notre milieu naturel. Le chantier de la route des Tamarins avait marqué la relance du plan de reboisement de La Réunion. Dans la lutte mondiale pour l’atténuation du changement climatique, ces arbres sont notre richesse. Leur travail peut être converti en crédits carbone, c’est une source de revenus que nous pouvons revendiquer pour La Réunion.

Le grand service dans l’environnement, c’est aussi la reconnaissance par un emploi durable de tout le travail accompli par les Réunionnais dans l’embellissement du pays.

La conquête de la responsabilité

La gestion de ces deux grands services s’inscrit dans la conquête de la responsabilité réunionnaise. Le PCR préconise en effet une commission paritaire composée de représentant des chômeurs, des syndicats de salariés, des associations, des collectivités et de l’État. Les recrutements devront s’effectuer dans la transparence la plus totale, et tous les travailleurs auront droit à des formations pour progresser dans leur carrière.

Les Réunionnais ne seront alors plus la cible du clientélisme électoral, ils seront des acteurs décisifs du développement du pays. Au même titre que l’épargne des fonctionnaires redonnera à cette classe sociale le rôle de fer de lance du développement, le remplacement des contrats aidés par les deux grands services replacera tous les exclus du modèle actuel au cœur de la création de richesses dans notre pays.

 Manuel Marchal 

Des dizaines de milliers d’emplois

En réponse au chômage massif à La Réunion, comment faire face à l’urgence ?
L’objectif essentiel de la création de ces deux grands services, c’est de faire respecter le droit au travail de tous les Réunionnais qui en sont exclus.

158.000 Réunionnais sont aujourd’hui inscrits à Pôle emploi, plus de 60% des jeunes sont au chômage. Depuis longtemps, le seuil de l’intolérable a été franchi.

Avant que la crise ne franchisse un point de non-retour, les responsables politiques doivent être capables de proposer des alternatives qui remettent tout en cause. Le système est à bout de souffle, des décisions de rupture s’imposent.

La création de deux grands services publics est une autre utilisation des fonds alloués au traitement social du chômage. Depuis près de 30 ans et la création des TUC, des sommes considérables ont été consacrées à la lutte contre le chômage via des emplois aidés. Force est de constater que cette politique n’a pas permis de faire reculer le chômage, malgré l’embauche temporaire de dizaines de milliers de personnes sur des contrats subventionnés par l’État.

Le PCR propose de créer rapidement des dizaines de milliers d’emplois répondant à des besoins réels et en expansion. Ainsi viendra la pérennisation.
Un grand progrès pour la démocratie

Pour tous les travailleurs embauchés en contrat-aidé, le Parti communiste réunionnais propose de transformer leurs situations précaires en emplois durables.

Aujourd’hui, la pénurie d’emploi est telle que bien souvent, le contrat aidé est la seule manière d’échapper temporairement au chômage. Se pose alors la question de l’attribution de ces contrats. En dernier ressort, la décision incombe à l’élu dans les collectivités. Dans les associations, les cotisations des adhérents ne suffisent pas à payer les salaires des travailleurs. Tout dépend alors d’une subvention accordée par une autorité publique, allouée pour le financement de contrats aidés. Là encore, c’est un élu qui décide.

Dans un pays où le taux de chômage dépasse largement les 20%, et où 60% des jeunes sont privés d’emploi, l’attribution ou pas d’un emploi est une décision dramatique.

C’est pourquoi les promesses de contrat se multiplient à l’approche des élections de la part de candidats sans scrupule. Et l’après-scrutin est ensuite animé par des tensions comme l’ont rappelé les jeunes qui ont barré la route à Bellepierre. Ils affirmaient que des contrats leur avaient été promis pendant la campagne des législatives. Ils ont fini par en obtenir 10.

Toutes ces manœuvres de corruption n’honorent pas leurs auteurs. Elles montrent un mépris envers les travailleurs réunionnais privés d’emploi, considérés comme des alimentaires prêts à monnayer leur voix et celle de leur entourage.

En transformant les contrats précaires en emplois durables, le PCR contribue à faire progresser la démocratie à La Réunion. Ce sera la fin des promesses d’embauche pendant les campagnes électorales, car le résultat d’une élection ne déterminera plus le gestionnaire de ces emplois.


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