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Didier Robert au secours d’Huguette Bello dans la 2e circonscription

La clarification continue

Manuel Marchal / 12 juin 2012

Il est un fait que les observateurs n’ont pas manqué de relever lors du premier tour des législatives : l’UMP a pratiquement disparue de la 2e circonscription. Ajouté à un recul très étonnant du PS et du Modem, ceci clarifie encore les différentes prises de positions de l’ancienne députée communiste depuis 2010.

Il est un fait très révélateur lors de cette élection législative dans la 2e circonscription, c’est la quasi-disparition de l’UMP. Le parti de l’ancienne majorité présidentielle avait obtenu la majorité absolue dans les trois cantons de Saint-Paul en 2007, et 32,21% des suffrages sur l’ensemble de la nouvelle 2e circonscription. Dimanche, dans les trois cantons de Saint-Paul, l’UMP a dépassé péniblement les 10%, pour un score de 7,18% sur les six cantons de la circonscription. Ce sont près de 8.000 voix qui manquent à l’appel.
Entre 2007 et 2012, le taux de participation a même légèrement augmenté dans ces six cantons, c’est bien la preuve que la composante UMP de l’électorat ne s’est pas volatilisée. Elle est bien passée quelque part. Où sont donc ces 8.000 voix ?

Tous les partis reculent sauf un

Pas au PCR en tout cas, puisque le parti enregistre une chute de 36 points. Pas non plus d’"effet Hollande" qui aurait poussé les électeurs de l’UMP à gonfler ceux du PS, car sur cette circonscription, le PS perd quasiment la moitié de ses électeurs pour passer sous la barre des 3%.
Pas de trace non plus d’un transfert de l’UMP vers le MoDem, puisque ce parti perd aussi des voix entre 2007 et 2012 : il passe de 4% à 0,22%.
Quant à Europe Ecologie les Verts, il semble établi qu’elle n’a pas non plus bénéficié du vote massif d’anciens car ce parti perd 130 voix entre 2007 et 2012.
Le seul à progresser dans cette circonscription, c’est le rassemblement contre le PCR lancé par l’ancienne députée communiste. Il est clair que dans l’électorat de ce mouvement, il n’y a pas que des électeurs communistes trompés par la campagne honteuse de Bello. Il a clairement pu compter sur un soutien massif de la quasi-totalité de l’UMP, et cela n’est guère étonnant.

Une candidature UMP qui pose question

En effet, dans cette circonscription, un seul canton est détenu par l’UMP : la Plaine-Bois-de-Nèfles. Or Didier Robert a décidé de soutenir l’investiture d’une candidate qui avait été battue aux dernières cantonales, et non pas celle du seul conseiller général UMP de la circonscription.
À première vue, ce choix peut paraître étonnant, sauf pour tout observateur attentif de la vie politique réunionnaise.
En effet, lors des régionales 2010, la maire de Saint-Paul a refusé de soutenir la liste de l’Alliance. Et c’est la liste UMP conduite par Didier Robert qui est arrivée en tête à Saint-Paul.
En 2011, il est tout aussi clair que le choix des grands électeurs par la maire de Saint-Paul explique pourquoi c’est l’UMP Jacqueline Farreyrol qui a été élue à la place de la communiste Gélita Hoarau. Pourtant, c’est une femme et elle était sortante.
La décision d’imposer aux législatives une candidate UMP qui n’avait aucune chance de gagner, et qui était sans ancrage dans la circonscription, ne pouvait que favoriser la fuite des électeurs UMP vers le candidat le plus à même de combattre le PCR.
Et en toute logique, ce candidat était la maire de Saint-Paul qui avait facilité la victoire de Didier Robert aux régionales.
C’est bien une nouvelle preuve d’une stratégie mise en œuvre à partir de 2010 pour battre le PCR par tous les moyens, y compris avec ceux qui se prétendaient communistes. Car pour les tenants de l’ordre établi, il ne faut pas de changement.

M.M.


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