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Didier Robert commence à manœuvrer pour ne pas démissionner

Frappé par la loi sur le cumul des mandats

Manuel Marchal / 23 mars 2010

Hier soir, RFO-Radio devait accueillir le futur président du Conseil régional. Mais Didier Robert a choisi de repousser cette invitation d’une semaine. Il est en effet frappé par la loi sur le cumul des mandats. Pour continuer à siéger au Conseil municipal du Tampon, il doit démissionner de l’Assemblée nationale. Mais dimanche dernier, Didier Robert est devenu minoritaire dans sa circonscription. La seule manière pour lui d’échapper à la démission d’un de ses mandats est le dépôt d’un recours contre son élection à la Région. Les manœuvres ont déjà commencé.

À l’avant-veille du second tour des Régionales, Didier Robert a annoncé publiquement qu’en cas de victoire de sa liste, il assumera la présidence de la Région. Dimanche, quelques instants après sa victoire, il annonce au "Quotidien" : « Je ne peux pas encore dire si j’abandonne mon mandat de maire, je dois d’abord en discuter dans les heures qui viennent avec les élus et les militants pour arrêter la bonne décision », et d’ajouter que « les Tamponnais nous ont fait confiance à 60% et je resterai à leurs côtés ».
Cette déclaration met en évidence deux impossibilités juridiques.
Tout d’abord, il est impossible à un maire d’être président de Région. Didier Robert doit donc sans délai choisir entre la tête de la Mairie du Tampon, et celle de la Région.
Ensuite, un élu ne peut avoir trois mandats. À ce jour, Didier Robert est conseiller régional, maire et député. S’il veut respecter le choix de 58% des Tamponnais qui ont voté pour lui et donc rester « à leurs côtés », Didier Robert doit démissionner de la Région, ou de l’Assemblée nationale.

L’UMP battue dans la circonscription de Didier Robert

Selon ses déclarations, c’est donc la seconde possibilité qui doit logiquement avoir lieu, mais les choses ne sont pas si simples.
En effet, la démission de Didier Robert de son siège de député provoquera automatiquement une élection législative partielle, deux ans avec la fin du mandat. Or, lors de ces Régionales, la circonscription de Didier Robert a basculé. L’union Alliance-PS est en effet majoritaire.
Par rapport à 2007, le nombre de suffrages exprimés a augmenté, mais Didier Robert a perdu plus de 4.000 voix, tandis que l’Alliance et le PS augmentent de plus de 14.000 voix. Cette différence fait basculer la circonscription de Didier Robert dans le camp des forces de progrès. Autrement dit, si l’UMP a gagné une Région, elle est bien partie pour perdre un siège de député.
Pour éviter cette défaite prévisible et rester à la Région, Didier Robert devra alors démissionner du Conseil municipal du Tampon. Cela ne s’appelle pas vraiment rester « aux côtés » des Tamponnais.
La troisième solution, c’est… de ne rien décider du tout. Dans ce cas, Didier Robert perdra automatiquement son siège de conseiller régional.
La seule manière pour lui de retarder l’échéance du choix est un recours déposé contre son élection. Didier Robert peut ainsi gagner suffisamment de temps pour rendre l’élection législative partielle impossible, et donc éviter à l’UMP la probable perte d’un siège de député.
Les manœuvres de Didier Robert ont déjà commencé, ce qui explique pourquoi hier, les Réunionnais ont été privés de la venue d’un futur président de Région dans les studios de RFO-Radio.

Manuel Marchal


La circonscription de Didier Robert bascule

Le résultat des dernières Législatives sont un bon élément de comparaison pour situer l’évolution des rapports de forces dans la troisième circonscription. En effet, entre les deux scrutins, le nombre des suffrages exprimés a augmenté de plus de 5.500.
A nombre de suffrages supérieur, Didier Robert perd 4.876 voix, alors que l’union Alliance-PS progresse de près de 15.000 voix.
Résultat : alors que Didier Robert recueillait en 2007 62,42% des suffrages, il est passé sous la barre des 50% (49,62% exactement).
Le rapport de forces est donc inversé, l’UMP est mise en minorité dans la troisième circonscription. Si Didier Robert parvient à sauver les meubles au Tampon et dans les trois plus petites communes de la circonscription, il est largement devancé à Saint-Leu et à Saint-Louis.
Cette donnée entre incontestablement en ligne de compte dans le choix que doit faire Didier Robert.

Législatives 2007 Régionales 2010 Progression
UMP 62,42% 49,62% -12,80%
Alliance+PS 37,58% 50,38% +12,80%
Législatives 2007 Régionales 2010 Progression
UMP
perd 4876 voix
48.622 43.746 -4.876
Alliance+PS
gagnent 14.482 voix
29.936 44.418 +14.482
Ecart en voix -18.686 672
Votants 82.579 88.164 +5.585



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Messages






  • Témoignages est mauvais perdant,et de mauvaise foi car vous savez très bien que ROBERT doit obligatoirement démissionné de son mandat de maire et non de député car il peut être Pdt de Région et Député. Au fait Témoignages semble avoir oublié quand VERGES était Pdt de Région , Sénateur et Député Européen (trois gros mandats pour un seul homme fut il VERGES !!!

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    • La loi votée par les députés (dont Didier Robert) serait elle mauvaise perdante et de mauvaise foi ? A vous de juger cher M. Payet...

      Jusqu’à la prochaine séance plénière du Conseil régional, rien n’oblige Didier Robert à démissionner de son "mandat de maire". Il doit de toute façon choisir entre trois mandats : députés, maire et conseiller régional. Quand Didier Robert a été élu député, il a décidé de démissionner du mandat de conseiller régional, je ne vous apprends rien. Aujourd’hui, dans l’éventualité où Didier Robert est élu président de la Région, il doit automatiquement quitter son poste de maire mais il peut rester conseiller municipal à condition qu’il démissionne de l’Assemblée nationale.

      S’il veut garder son mandat de député tout en étant président de Région, il doit donc démissionner du conseil municipal, c’est la loi.

      Ceci est un simple rappel de la loi, pas de mauvais perdant ou de mauvaise foi là dedans, ce n’est que la loi votée par les parlementaires.

      Concernant Paul Vergès président de Région, je ne vous apprendrai rien quand je vous rappellerai qu’il a démissionné du Sénat dès qu’il est devenu Député au Parlement européen. Je sais que vous le savez, ce qui montre bien, M. Payet, que le mauvais perdant et la mauvaise foi c’est vous.

      M. Payet, vous être un mauvais perdant car vous avez du mal à admettre que le député Didier Robert a été battu dans sa propre circonscription alors qu’il était tête de liste. Alors que le nombre de votant a augmenté, il a perdu plus de 4000 voix, c’est une défaite incontestable et sans doute unique dans les régionales 2010. Alors M. Payet, ne soyez pas de mauvaise foi et interrogez-vous sur les raisons de cette dégringolade ;-)

      Néanmoins M. Payet, si vous avez des informations pour préciser les intentions de Didier Robert concernant sa présence ou pas à la Région, n’hésitez pas à les partager avec nos lecteurs.

      Cordialement et au plaisir de vous lire à nouveau.

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  • Votre graphique sur la comparaison des législatifs de 2007 et des régionales 2010 est totalement faux !

    Sur la forme, vous avez tout à fait raison et personne ne peut contredire cet argumentation. Les chiffres sont là... Mais cela n’explique pas tout.

    Il aurait peut-être été plus judicieux de comparer l’électorat plus précisément : est-il le même ? qui n’ont pas voté à la première mais à la deuxième élection et vice-versa ? bref, des questions à se poser auxquelles on peut avoir une réponse précise pour chaque question. Par conséquent, la perfection n’existe pas pour avoir des résultats justes mais au moins, étudier cet électorat serait mieux et vous pourrez mieux avancer et avoir plus de crédibilité dans votre plaidoyer et votre réquisitoire, donc votre thèse messieurs, dames.

    Accuser n’aboutit qu’à votre chute politiquement si vous n’avez pas de barrière de sécurité ! Donc voilà, minimiser la marge d’erreur dans votre recherche ne peut que vous réconforter et être toujours crédible.

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    • Cher électeur de gauche, votre remarque démontre que les auteurs de l’article ont touché leur but, puisque d’après vous personne ne peut contredire l’argumentation.

      Cette argumentation sera mise à l’épreuve de la vérité sous peu car Didier Robert vient d’annoncer sa démission de la députation.

      Question à l’électeur de gauche : comment peut-il dire que le graphique est faux car il dit que les chiffres qui servent à faire le graphique sont justes ?

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  • J’ai dit que personne ne peut contredire les chiffres oui mais j’ai bien précisé que ça dépend de l’électorat, qui n’est pas tout à fait la même que celui de 2007 du fait de la démographie d’une part a changé et d’autre part, qu’il faut prendre en considération la façon que les gens ont et pas voté : le pourquoi et le comment !

    Je me suis peut-être mal exprimé sur les graphiques. Ce que je veux dire, c’est que les chiffres sont réels mais la comparaison entre 2007 et 2010 est fausse et pas véridique. La raison je l’ai expliqué ci-dessus, à cause de l’électorat tout simplement. Oui, l’UMP perd des voix, mais on ne va pas se camper que de la dessus pour être satisfait. Ca mérite plus de réflexion plus approfondi, c’est ce que je pense pour être le plus juste possible parce que sinon, c’est trop facile d’accuser...

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