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Didier Robert et l’UMP annoncent une route impossible à réaliser

Les enseignements de l’éboulement de la route du littoral — 2 —

Manuel Marchal / 8 février 2011

En supprimant le tram-train, Didier Robert et le gouvernement privent la nouvelle route du littoral de ses matériaux de construction. Car les pierres extraites par le percement des tunnels du tram-train devaient être réutilisées pour construire la route digue et le viaduc. D’où viendra donc le volume considérable de matériaux qui seront nécessaires pour construire une route en mer à six voies sur 12 kilomètres de long ? La suppression du tram-train signifie donc l’impossibilité de construire la nouvelle route du littoral.

En déchirant le Protocole de Matignon avec la complicité du gouvernement, le président de Région a permis à ce dernier de dédouaner à bon compte l’État de sa responsabilité historique. En effet, c’est l’État qui avait décidé de supprimer le chemin de fer et de construire la route du littoral en ce lieu précis. C’est encore l’État qui a fait le choix de bâtir la route actuelle. L’éboulement de vendredi dernier a rappelé que cette route est impossible à sécuriser totalement. Par conséquent, un nouvel équipement doit être réalisé.
Dans "Témoignages" d’hier, il a été rappelé que Didier Robert et le gouvernement ont signé un nouveau Protocole allant dans le sens du désengagement de l’État de ses responsabilités. Le document prévoit la participation de l’État au financement d’une route à 6 voies lancée sur 12 kilomètres au-dessus de l’océan, et la suppression du tram-train.
Se pose alors la question de la possibilité, ou plutôt de l’impossibilité technique de réaliser cette route.
Lors de la conférence de presse tenue vendredi matin, le président de la Région a répété le discours entendu en boucle depuis la campagne des Régionales : « route du littoral (…) priorité (…) engagements (…) l’ancienne équipe n’a rien fait (…) etc… ».
Invité vendredi soir au journal télévisé de Réunion Première, Pierre Vergès, ancien vice-président de la Région, a rappelé à l’opinion une chose essentielle. Le protocole signé en 2007 prévoyait la réalisation de deux grands équipements : le tram-train, la route du littoral. Ces deux chantiers étaient liés, non seulement par le financement, mais aussi par la méthode employée pour les construire.
Entre La Possession et Saint-Denis, le tram-train traversait le massif de La Montagne par plusieurs tunnels. Les matériaux extraits devaient ensuite être réutilisés dans le chantier de la nouvelle route du littoral à quatre voies, a précisé Pierre Vergès. Puisque le projet du tram-train est annulé, avec quels matériaux Didier Robert compte-t-il construire une route en mer sur 12 kilomètres, avec une chaussée élargie à six voies ?
Cette question suffit à démontrer l’impossibilité technique du projet inscrit dans l’accord Robert-Fillon. Les Réunionnais n’ont donc pas fini de payer le prix d’une décision irresponsable.

M.M.


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