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Didier Robert et l’UMP font payer les Réunionnais à la place de l’État

Les enseignements de l’éboulement de la route du littoral —1—

Manuel Marchal / 7 février 2011

En 1958, sur décision du gouvernement, 21 conseillers généraux aux ordres du préfet Perreau-Pradier qui les avaient nommés à ce poste, décident de supprimer le chemin de fer et de le remplacer par une route en pied de falaise. 49 ans plus tard, à force de négociation la Région crée les conditions pour que l’État puisse réparer cette erreur qu’il a provoquée. Mais Didier Robert a décidé de revenir sur cette grande victoire. Désormais, c’est aux Réunionnais de payer.

Vendredi matin, un éboulement heureusement sans victime a lieu sur la route du littoral. S’il est sans conséquence matérielle, il a d’importantes conséquences politiques car il révèle à tous les Réunionnais combien Didier Robert est rattrapé par la réalité.
Le président de la Région s’est aussitôt empressé de communiquer pour tenter de fuir ses responsabilités. Mais le nuage de poussière soulevé par la chute de 1.500 tonnes de galets n’est pas l’écran de fumée tant espéré par Didier Robert, bien au contraire. Car dans son argumentation, il démontre que c’est aux Réunionnais de payer le prix d’une erreur imposée par l’État : la route du littoral.
Le président de la Région annonce en effet que 70 millions d’euros de la collectivité sont prévus dans le budget pour l’hypothétique nouvelle route, et 50 millions d’euros pour de nouveaux travaux de sécurisation sur la route actuelle. Dans les deux cas, quid de la part de l’État ?

L’État responsable à 100%

Or, avant que Didier Robert ne le remette en cause, avec la complicité du gouvernement UMP, le Protocole signé en janvier 2007 par la Région Réunion et l’État prévoyait que le financement des deux grands chantiers, tram-train et route du littoral, se faisait dans le cadre du transfert des routes nationales à la Région.
Il est important de rappeler que la décision de construire la route du littoral date de la fin des années 50. Elle a été imposée par le gouvernement, et votée par 21 conseillers généraux élus grâce à des fraudes électorales massives organisées depuis la Préfecture. Ce vote signifiait aussi la suppression du chemin de fer. Pourtant, à cette date, l’État ne pouvait pas ignorer la dangerosité d’un tel projet. La zone prévue pour construire la route du littoral est en effet sujette à des effondrements de masse, dont un était survenu quelques années avant la décision de construire la route du littoral.
Au terme de longues négociations, la Région réussit à faire admettre à l’État qu’il doit contribuer à la réparation de cette erreur. 49 ans après la décision de supprimer le chemin de fer et de construire la route du littoral, l’État s’engage à cofinancer avec la Région un tram-train et une nouvelle route. Les deux infrastructures mettront définitivement les Réunionnais à l’abri des chutes de pierres et des effondrements entre La Possession et Saint-Denis.

Paris peut dire merci à Didier Robert

Le contexte de cette signature, c’était l’adoption d’une réforme de la décentralisation en 2003 prévoyait le transfert des routes nationales aux collectivités. Cela signifiait donc que cela aurait été à la Région de supporter le coût de la réparation d’une erreur commise par l’État, et dont le coût est considérable. L’ancienne direction de la Région a obtenu de l’État qu’il ne se dérobe pas à ses responsabilités. Et avant le transfert des routes nationales à la Région, le gouvernement a signé un protocole de financement dans lequel il est le plus fort contributeur au financement de la route du littoral.
Mais sitôt arrivé à la tête de la Région, Didier Robert s’est empressé de rendre un immense service au gouvernement : lui permettre de se désengager de cette signature. Le nouveau document signé permet donc à l’État de verser un solde de tout compte, le reste est à la charge des Réunionnais.
Autrement dit, la route du littoral n’est plus le problème de Paris, c’est aux Réunionnais de se débrouiller.
La responsabilité de la construction de deux routes du littoral en pied de falaise repose sur l’État. Mais grâce à une décision irresponsable de la Région, l’État peut maintenant dire aux Réunionnais : j’ai décidé, mais c’est vous qui payez.

Manuel Marchal


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