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Didier Robert, « fils de l’océan Indien, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique » soutiendra François Fillon

Alors que les propos de l’ex-Premier ministre vantant la colonisation « partage de cultures » n’ont pas été retirés

Manuel Marchal / 22 novembre 2016

La victoire a de nombreux pères, la défaite est orpheline. Ce célèbre proverbe s’est vérifié à La Réunion lors de la proclamation des résultats définitifs du premier tour de la primaire de la droite et du centre organisée en France.

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Le 15 septembre à la télévision, Didier Robert avait justifié pourquoi il lâchait François Fillon. Il considérait que l’ex-Premier ministre avait tenu des propos inadmissible. À ce jour, ce dernier ne les a pas retirés.

Comme un seul homme, les soutiens de Nicolas Sarkozy à La Reunion ont choisi de rejoindre François Fillon arrivé largement en tête en France. Y compris Didier Robert qui avait rompu de manière spectaculaire avec François Fillon estimant que les propos de l’ancien Premier ministre sur la colonisation ne pouvait être cautionné par un Didier Robert se qualifiant de « fils de l’océan Indien, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique ». François Fillon n’a pas dévié d’un millimètre de sa position sur les « bienfaits » de la colonisation. Cela n’a pas empêché Didier Robert d’être le premier à le rejoindre pour faire campagne pour lui au second tour à La Réunion.

Dimanche dernier, les partis parisiens de la droite et du centre ont organisé le premier tour du scrutin qui doit désigner leur candidat à la présidentielle. François Fillon est arrivé largement en tête avec près de 45 % des voix. Il devance de près de 17 points Alain Juppé. Dans les sondages, ce dernier était présenté comme le favori du scrutin, et cela depuis plusieurs mois. Selon ces instruments de mesure de l’opinion, Nicolas Sarkozy devait être son adversaire au second tour, alors que François Fillon était estimé en troisième position, même si sa cote de popularité affichait une courbe ascendante ces dernières semaines.

François Fillon et la colonisation « partage de culture »

À La Réunion, les représentants des partis parisiens de la droite et du centre se sont essentiellement partagés entre deux candidats : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Au cours de la campagne du premier tour, le ralliement le plus spectaculaire était celui de Didier Robert, président de la Région. Il était à l’origine un des rares soutiens de François Fillon à La Réunion. Il a saisi le prétexte de propos polémiques sur les bienfaits de la colonisation tenus par l’ex-Premier ministre pour l’abandonner en pleine bataille au profit de Nicolas Sarkozy. Pour Didier Robert, cette décision brutale était justifiée de la manière suivante : en tant que « fils de l’océan Indien, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique », il ne pouvait que s’élever contre de tels propos.

Comme d’autres représentants du Parti Les Républicains, Didier Robert a fait campagne pour Nicolas Sarkozy, et c’est ce dernier qui est arrivé en tête à La Réunion devant Alain Juppé. Mais le second tour de la primaire verra s’affronter les deux candidats ayant réuni le plus de suffrages sur le territoire de toute la République. Il ne reste donc que deux prétendants : Alain Juppé et François Fillon.

Didier Robert a été le premier responsable de La Réunion à réagir à ces résultats. Aussi soudainement qu’il avait laché François Fillon avant le premier tour, il décide cette fois de se rallier à lui.

Virage à 180 degrés de Didier Robert

Il avait pourtant deux autres possibilités : soutenir Alain Juppé ou ni l’un, ni l’autre. La première option avait le mérite de maintenir une certaine cohérence, pour empêcher la victoire d’un candidat qui a jugé sous un œil favorable le crime de la colonisation.

En effet, François Fillon n’a jamais remis en causes les propos qu’il a tenus pour saluer les bienfaits de la colonisation, érigée en un partage de la culture française. Il s’est encore moins excusé. Il est donc resté sur ce point droit dans ses bottes. Cela n’a pas empêché Didier Robert de le soutenir.

Alors de deux choses l’une : soit Didier Robert a décidé de ne plus se considérer comme un « fils de l’océan Indien, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique », soit son soutien tardif à Nicolas Sarkozy était dû à une prévision de victoire possible de l’ancien président de la République, et donc Didier Robert voulait avant tout se situer du bon côté pour récupérer ce résultat.

M.M.



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  • c’est comme cela qu’il garde le pouvoir ! LA GIROUETTE FONCTIONNE TRES BIEN ICI ! Il a beaucoup d’exemple devant lui, alors pourquoi 2000 bus s’en priverait !

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  • Didier Robert se rallie à nouveau avec François Fillon, cela peut signifier qu’il a reconnu son erreur, ou bien comme tout opportuniste et arriviste, il rejoint le camp des " vainqueurs" de la primaire de droite. Néanmoins, cela prouve que Didier Robert peut admettre qu’il avait tort . Quelque soit les arguments qu’il avance pour justifier son retournement de veste, actuellement il est obligé de faire de la courbette face aux partisans de François Fillon dans l’optique que ce dernier devient Président. Malheureusement, faire acte d’hypocrisie n’efface pas les critiques adressées à son "ami" politique.
    Il est vraiment dommage que Didier Robert ne fasse pas preuve de changement d’orientation dans d’autres dossiers, notamment au niveau de la circulation routière à la Réunion. Son idée de mettre 2000 bus dans les bouchons tient toujours ? Cela, avec une nouvelle route littorale qui pose déjà problème, avant même sa livraison. Si Didier pouvait sortir de son brouillard et reconnaitre l’utilité d’un tram train.
    Michel M

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  • Les gens ne se rendent plus compte, décidemment, à moins qu’ils se moquent en étant de plus en plus égoistes, individualistes sur une petite île, c’est pas bon. Vive le train-péi.

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