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Didier Robert trahit encore le peuple réunionnais

Quand le président de Région distribue les fonds publics réunionnais pour préserver les profits d’actionnaires extérieurs au pays

Manuel Marchal / 1er mars 2012

Tributaires d’un marché livré à la spéculation, les cours mondiaux du pétrole ont considérablement augmenté depuis le début de l’année. Le pétrole est une énergie disponible en quantité limitée, qui connaît une forte demande et des incertitudes quant à la fiabilité de l’approvisionnement avec la politique menée par l’Occident à l’encontre de l’Iran. Dans ce contexte, les prix ne font que monter. Toute subvention est donc un pillage des fonds publics pour gonfler encore plus les profits des actionnaires. Quand Didier Robert prend l’épargne constituée sous la mandature de Paul Vergès et la distribue, il ne touche pas aux compagnies pétrolières, il trahit notre peuple.

Dans le monde, le prix de la matière première des carburants continue d’augmenter. N’étant pas un pays producteur de pétrole, La Réunion ne peut fixer le prix qu’elle compte payer pour cette énergie. Tout dépend du bon vouloir de tous les intermédiaires qui prennent leur marge entre l’extraction et l’arrivée du carburant dans le réservoir du consommateur.
Une première certitude, c’est que le temps du pétrole pas cher est derrière nous. Quand Sarkozy était ministre de l’Économie au début du siècle, il construisait un budget à partir d’un prix du baril proche de 30 euros. À peine 10 ans plus tard, la même quantité de pétrole est vendue plus de 120 dollars.

Tendance continue à la hausse des prix

Depuis le début de l’année, la hausse des prix du baril est supérieure à 10%. Ce prix est la conséquence de plusieurs faits structurels. Le premier tient lieu dans la nature du pétrole, c’est une ressource limitée tirée de la décomposition de matières vivantes. La production doit faire face à une demande toujours plus importante du fait de l’exportation dans les pays émergents du mode de consommation occidental. Or, ces pays représentent des milliards d’habitants, soit plusieurs fois la population de l’Occident. Cette hausse continue de la demande diminue encore le délai qui nous sépare de la fin du pétrole, et fait monter les prix du pétrole puisque cette matière première est gérée selon les règles du marché spéculatif.
À cela s’ajoutent les tensions politiques dans la région qui exporte le plus de pétrole. L’Occident a décidé d’intensifier sa pression sur l’Iran, or ce dernier est un important pays exportateur, situé sur la rive de la plus importante route des pétroliers.
Outre ces facteurs structurels et conjoncturels, le prix du pétrole brut est encore augmenté par le jeu des spéculateurs qui considèrent cette source d’énergie comme un moyen de profit comme n’importe quel autre produit de la finance.
La conjonction de tout cela, c’était la semaine dernière un baril à plus de 125 dollars.
Dimanche dernier, les ministres des Finances du G20 réunis sous la présidence du Mexique ont sonné l’alarme. Dans leur communiqué final, le deuxième point fait part des inquiétudes des pays émergents et de l’Occident. Ils ont donc appelé les pays producteurs à continuer à assurer « une offre adéquate » pour que le prix cesse son envolée.

Après l’arrêt du tram-train et de la géothermie, nouvelle trahison

Tant qu’il n’existera pas à La Réunion une alternative aux dérivés du pétrole à partir des énergies présentes en abondance à La Réunion telles que le vent, le soleil, la mer ou le volcan, alors notre pays sera soumis aux caprices des spéculateurs et des actionnaires des compagnies pétrolières.
En décidant de donner 6,5 millions d’euros aux pétroliers, Didier Robert a encore renforcé cette coûteuse dépendance. Car dans ces conditions, comment espérer que les compagnies pétrolières fassent des efforts pour faire baisser leurs marges, puisqu’elles savent qu’elles peuvent compter sur un allié de poids à la Région capable de leur donner des fonds publics pour baisser les prix sans diminuer les profits ?
Ce nouveau cadeau aux pétroliers en pleine crise, alors que La Réunion s’enfonce dans la récession, c’est une nouvelle trahison de Didier Robert. Cela confirme bien que l’arrêt du chantier du tram-train électrique ainsi que la mise au pilori du projet en géothermie étaient une décision idéologique et dogmatique. Leurs suppressions sont conformes aux intérêts des pétroliers.

 M.M. 


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