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Échec à une manœuvre décidée à l’Élysée

16 juin 2010

Manuel Marchal / 6 janvier 2011

L’Assemblée plénière du 16 juin dernier au Conseil général est un événement. C’est la première fois depuis les lois de décentralisation qu’une présidente de collectivité est convoquée à l’Élysée pour se faire imposer l’ordre du jour de son assemblée. Mais contrairement à ce qu’espérait Didier Robert en faisant intervenir l’Élysée dans les affaires d’une collectivité réunionnaise, la majorité du Conseil général sort renforcée de cette épreuve.

À la fin du mois de mai, Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, est convoquée à l’Élysée. Lors d’une réunion à laquelle participe Didier Robert, nouveau président de Région, un ordre du jour est imposé à la présidente d’une collectivité réunionnaise. Paris veut que le 16 juin, une majorité à ses ordres prenne le contrôle du Conseil général. Le gouvernement veut profiter de plusieurs décisions de justice favorables aux intérêts de l’UMP pour provoquer un vote sur le renouvellement de la Commission permanente du Conseil général.
Depuis 2008 et les dernières Cantonales, Didier Robert ne cesse de manœuvrer pour changer la majorité du Conseil général. Rappelons qu’au lendemain de ce scrutin, un groupe d’élus s’autoproclamait majoritaire et décidait de changer la présidence de l’assemblée. La première séance plénière suivant les élections montrait que cette majorité autoproclamée était incapable de faire le quorum. Et lors de la seconde assemblée, c’est une majorité conforme au résultat des élections qui est formée, avec à sa tête la présidente sortante.
Depuis ce jour, Didier Robert n’eut de cesse d’obtenir ce que les urnes lui ont refusé. C’est ainsi qu’est créé Objectif Réunion, machine de guerre destinée à combattre la majorité du Conseil général. Plusieurs décisions de justice viennent alors conforter les intérêts de l’UMP, car elles frappent plusieurs conseillers généraux. Des élections partielles doivent être alors organisées en 2009, mais, dans tous les cas, les candidats soutenus par Didier Robert réalisent un score encore plus faible qu’en 2008.
C’est alors que celui qui a été élu président de Région UMP grâce au maintien de la liste PS au second tour des Régionales abat une nouvelle carte : impliquer l’Élysée dans une tentative de coup de force au Conseil général. C’est la fameuse réunion de l’Élysée. C’est un retour 20 ans en arrière, avant les lois de décentralisation. C’est la tentative du parti qui dirige le gouvernement de concentrer tous les pouvoirs à La Réunion, comme à une époque que l’on croyait révolue.
Mais contrairement au projet de Didier Robert et de sa création Objectif Réunion, il ne s’est trouvé aucun membre de la majorité pour soutenir le diktat parisien. Près de 20 ans après les lois de décentralisation, les élus de la majorité ont rappelé qu’au Conseil général, l’Élysée n’exerce pas de tutelle sur l’assemblée. Et comme toutes les autres, la manœuvre de Didier Robert visant à donner à Paris le contrôle du Conseil général a lamentablement échoué.

M.M.


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