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Egalité réelle : le PCR veut briser une conspiration du silence

Conférence de presse du Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 28 juin 2016

Le projet de loi sur l’égalité réelle va engager l’avenir de La Réunion pour les 25 prochaines années et le calendrier suit son cours, dans la perspective d’un vote du texte avant la fin de l’année. La première partie du projet de loi a même été transmise au CESE et au Conseil d’État. Le PCR constate que le gouvernement n’engage pas le débat. Le PCR veut briser une conspiration du silence et fait part de ses propositions.

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Ary Yée Chong Tchi Kan, Maurice Gironcel et Yvan Dejean.

Yvan Dejean, Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan, co-secrétaires généraux du PCR représentaient leur parti hier lors d’une conférence de presse. Le Parti communiste réunionnais déplore l’omerta qui règne autour du projet de loi sur l’égalité réelle, alors que les Réunionnais ont le droit d’être informés sur les tenants et les aboutissants d’un texte qui va engager leur avenir sur 25 ans.

En mai 2015, en Guadeloupe, le Président de la République annonçait son intention de faire voter une loi d’égalité réelle pour l’Outre-mer avant la fin de l’année 2016. Il a chargé l’ancien ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, d’une mission pour préparer l’élaboration de cette loi. Ce dernier, dès réception de sa feuille de mission, s’est adressé aux élus et partis politiques des Outre-mer pour leur demander leurs avis et propositions. Comme il s’agissait d’une loi-programme qui, selon les propos du président de la République allait dans tous les domaines (économiques, sociaux, environnementaux, culturels, institutionnels…) décider de l’avenir de nos pays pour les 25 prochaines années. « Le PCR a considéré qu’il devait impérativement faire connaître ses positions. Nous l’avons fait dans les délais les plus courts. Notre parlementaire, le sénateur Paul Vergès, l’a fait également », rappelle Yvan Dejean en précisant que le PCR a informé les médias de ces initiatives.

Car « il y a de l’inconscience et de l’irresponsabilité à laisser la population dans l’ignorance », souligne le co-secrétaire général du PCR, « comment ne pas alerter les Réunionnais sur ce qui les attend ? ».

Une feuille de route pour 25 ans

Le gouvernement prépare un « big bang » pour les 25 ans à venir, mais les Réunionnais sont dans l’ignorance des tenants et aboutissants de la future loi. « Le gouvernement lui-même n’engage pas le débat public. Il se contente d’interpeller, comme on dit, les édiles. Une secrétaire d’État à l’Égalité réelle a été nommée. Elle n’impulse pas le débat sur une loi censée être fondamentale. Sur cette question, elle se tait. Pourtant un calendrier est en place », rappelle Yvan Dejean. La loi doit en effet être votée à la fin de l’année. C’est pourquoi le gouvernement a transmis pour avis le Titre 1 du texte au Conseil économique, social et environnemental (CESE) ainsi qu’au Conseil d’État. Le PCR déplore que les Réunionnais ne soient pas mis au courant alors que des éléments concrets existent déjà.

« Jamais nous n’avons vu le peuple réunionnais être tenu à ce point à l’écart d’un débat alors que son avenir est en jeu pour les 25 ans à venir », constate Yvan Dejean. Une conspiration du silence qui tranche avec les débats qui animaient le pays voici 70 ans, quand il était question de faire évoluer le statut de La Réunion de colonie à département.

« Des débats mouvementés, souvent violents, ont duré une année entre les tenants du régime colonial et leurs opposants. Ce débat était présent partout… dans toutes les conversations, dans tous les lieux de travail, dans tous les milieux », rappelle Yvan Dejean.

Aujourd’hui, la question est au moins aussi importante que le changement de statut de 1946, mais c’est « silence radio ». « C’est en ce sens que nous disons que le débat est confisqué par une poignée de personnes au détriment du droit à l’information réelle des citoyens et de leur liberté d’expression », précise le co-secrétaire général du PCR.

Le PCR tente donc une nouvelle initiative pour briser la conspiration du silence. Il s’est procuré le Titre 1 du projet de loi de programmation transmis par le gouvernement au CESE et au Conseil d’État. Il a ensuite fait parvenir à ces instances ses remarques.

Propositions du PCR

Elles ont été présentées par Ary Yée Chong Tchi Kan. Le co-secrétaire du PCR a mis l’accent sur des propositions globales pour sortir de 70 ans catastrophiques.

C’est tout d’abord comment faire l’inverse de 70 ans d’intégration dans un ensemble à 10.000 kilomètres.

Il s’agit en premier lieu de répondre à l’urgence sociale par la création en particulier de deux grands services. Toujours dans ce cadre, c’est la demande que les salaires, allocations chômage et minima sociaux soient augmentés en fonction du différentiel du coût de la vie avec la France. La Cour des comptes l’estime à 6 %, prenons tout de suite cette base dans un premier temps, propose le PCR qui rappelle le précédent du RSTA : 100 euros pris en charge par l’État. Cela montre qu’il est possible d’agir.

Ensuite, c’est l’idée de la double intégration. Le PCR souhaite préparer les Réunionnais au monde qui vient. Il s’agit de garder les acquis sociaux de l’intégration à la France et à l’Union européenne pour protéger la population défavorisée et maintenir la cohésion sociale.

En même temps, c’est l’ouverture vers la région où La Réunion prendra sa place dans un ensemble francophone de 40 millions d’habitants.

D’où la proposition d’une assemblée décisionnaire. L’Europe et la France sont sollicitées pour accompagner, faire confiance à la représentation réunionnaise et pas s’y substituer.

Pour la mise en œuvre de l’APE entre l’Union européenne et les pays voisins, le PCR demande un moratoire dans l’application à La Réunion, qui a le statut de région de l’UE. « Cela dégagera du temps pour discuter à égalité avec nos partenaires des termes de l’échange équitable et durable », précise Ary Yée Chong Tchi Kan.

Le PCR propose aussi de discuter entre Réunionnais. Tout d’abord la question de la sur-rémunération, qui crée une situation d’inégalité entre Réunionnais relevant de l’anticonstitutionnalité. Le PCR demande un accord entre Réunionnais sur cette question.

Ensuite, l’assemblée unique. Elle doit être suffisamment légitime pour avoir la confiance des Réunionnais, des partenaires, afin qu’elle puisse conduire à l’égalité entre Réunionnais et entre Réunionnais et le continent. Cette assemblée doit disposer d’un fonds de développement.

Maurice Gironcel conclut la conférence de presse en rappelant que le PCR se tient prêt à discuter de toutes ces questions avec toute organisation prête à en débattre.



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  • Sans entrer dans les méandres du débat législatif je suis d’accord pour dire que tout combinaisons politiques et autres débat qui intéressent directement les citoyens doivent être ouvertes. Les cachotteries politiques, les manières détournées , sont à proscrire et celles-ci risquent évidemment de démobiliser les bonnes volontés citoyennes.

    Les passés récents politiques ont prouvés que des décisions des états -majors politiques ne correspondent pas toujours aux attentes de la mobilisation citoyenne ! à mon humble avis.

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