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Emplois aidés : le PCR solidaire des victimes et du combat des maires

Le Parti communiste réunionnais et la première visite d’un membre du nouveau gouvernement

Manuel Marchal / 17 août 2017

Jean-Michel Blanquer arrive aujourd’hui dans notre île. En tant que ministre, il cumule trois responsabilités : jeunesse, éducation, vie associative. « Trois sujets de préoccupation majeure pour notre île en crise », affirme le PCR qui rappelle son analyse et ses propositions à ce sujet, par l’intermédiaire d’une conférence de presse tenue à la veille de la première visite officielle d’un membre du gouvernement d’Edouard Philippe.

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Yvan Dejean et Julie Pontalba représentaient hier le PCR lors de sa rencontre avec la presse.

Le PCR veut rappeler au premier représentant du nouveau gouvernement la réalité de la crise vécue par les Réunionnais. Les inégalités se sont creusées, la pauvreté a augmenté, la précarité pénalise la population. Cela se traduit dans plusieurs crises.

C’est tout d’abord la crise institutionnelle : « près de 20 maires disent qu’ils ne peuvent pas ouvrir les écoles pour la rentrée scolaire ».

C’est ensuite la crise politique : les élus demandent le maintien des dotations de l’État au minimum au même niveau qu’avant. « Si la baisse des dotations est maintenue, elle aura des conséquences en cascade », prévient Yvan Dejean.

Cela contribuera en effet à la crise économique : moins d’investissements des collectivités donc moins d’emplois et augmentation de la dépense sociale. De plus, la question de la filière canne-sucre n’a toujours pas de solution pérenne. L’application des accords de partenariat économique risquent de remettre en cause tout le secteur productif. Enfin, le devenir de l’octroi de mer est dans le flou. La dérogation permettant son maintien se termine en 2020, dans trois ans, alors que les recettes de cette taxe représentent 30 à 40 % du budget des collectivités.

Crise sociale

La crise sociale continue à La Réunion. 18 maires sur 24 ont décidé de reporter la rentrée au 22 août suite à la décision du gouvernement de diminuer le nombre d’emplois aidés. Le porte-parole du PCR rappelle que « cela fait de nombreuses années que l’État dit aux maires que la rentrée se fait avec des emplois aidés ». Ce dispositif fonctionne bien que la revendication soit de vouloir des emplois durables. Mais en attendant, « La Réunion ne peut pas se passer de ce dispositif », rappelle Yvan Dejean.

Or, tout d’un coup et sans préparation, une diminution importante du nombre de contrat est annoncée. Les maires sont face au fait accompli, n’ont pas le temps de se retourner et mènent un combat. « Le PCR soutient ce combat et est solidaire des travailleurs victimes de cette situation », déclare Yvan Dejean.

Et si la rentrée scolaire arrivait malgré tout à se tenir le 22 août, « rien ne serait réglé pour les associations » qui emploient de nombreux travailleurs en contrats aidés.

La disparition de ces contrats, ce sont 200 millions d’euros en moins pour l’économie, « La Réunion n’est pas préparée à ce choc ».

Les plus pauvres ne sont pas les seules victimes des décisions du nouveau pouvoir. Les fonctionnaires ne sont pas non plus épargnés par le nouveau gouvernement. Ils vont subir un gel de leur point d’indice, et la réapparition du jour de carence en cas d’arrêt de travail pour raison de santé.

Pour deux grands services d’intérêt public

Face au chômage de masse, c’est le besoin de milliers d’emplois pérennes. Et pour le PCR, dans l’environnement et l’aide à la personne les besoins sont immenses.

« L’environnement se sont des métiers gratifiants pour nettoyer, embellir, jardiner forêts et espaces verts, pour embellir notre île. Ce sont également des centaines de chantiers pour endiguer les 500 ravines. Ces métiers peuvent se globaliser dans un grand service d’intérêt public pour l’environnement », précise le PCR.

L’aide à la personne, c’est notamment le soutien aux personnes âgées, la lutte contre l’illettrisme, l’accueil de la petite enfance.

Pour le PCR, ces deux grands services d’intérêt public sont des réponses crédibles au chômage de masse, car ils permettent de pérenniser les emplois aidés.

M.M.


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